Catégorie : Français / Littérature
-
Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Les cinq doigts de la main
Aloysius Bertrand, Gaspard de la Nuit - Livre I. « Les Doigts de la main ». Une honnête famille où il n'y a jamais eu de banqueroute, où personne n'a jamais été pendu. La parenté de Jean de Nivelle. Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à l'enseigne de la double bière de mars. L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui dès le matin soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est...
-
L'oeuvre poétique de Leconte de Lisle
L'abus du lyrisme et la tendance à la facilité qui gâtent souvent les effusions romantiques ont suscité vers le milieu du siècle, une réaction. Après Théophile Gautier, Leconte de Lisle veut restaurer l'art dans sa pureté et dans sa dignité. Par sa réserve altière, il contribue à faire remonter la poésie sur le Parnasse, alors que Lamartine revendiquait comme un honneur de l'en avoir fait descendre. Aussi est-il salué comme un maître par l'école dite parnassienne, qui se forme et définit sa doct...
-
Classicisme en poésie.
Classicisme en poésie. Les critiques formulées à l'égard de la poésie par La Motte-Houdar et Fénelon auraient pu inciter les poètes à chercher de nouveaux modes d'expression. Mais ils n'en ont pas l'idée. Paralysés par le respect de la tradition, ils continuent d'employer un langage pseudo-poétique : termes nobles, inversions, périphrases, ornements mythologiques. Le XVIIIe siècle présente cette singularité d'être à la fois subjugué par le prestige de la poésie et incapable d'atteindre à la poés...
-
Fiodor Dostoïevski
Fiodor Dostoïevski Kierkegaard et Dostoïevski ont été les premiers, au XIXe siècle, et les seuls d'une manière aussi éclatante, à annoncer que le nihilisme ne comporte qu'un remède, celui de la foi, et précisément de la foi chrétienne, parce qu'il est uniquement le produit de la méfiance et de la haine. Pas de solutions rationnelles possibles, donc, dans les domaines de la philosophie et de la politique, car la raison n'a pas de prise sur la violence lorsque celle-ci ne se reconnaît pas de règl...
-
Les mémorialistes
Les mémorialistes sont particulièrement nombreux dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les uns, comme Bachaumont ou Marmontel, fournissent de précieux témoignages sur la société de leur temps; d'autres, comme Mme Roland, révèlent l'emprise des idées nouvelles sur certains esprits. BACHAUMONT (1690-1771). Louis Petit de Bachaumont, épicurien et incroyant, fut le secrétaire de Mme Doublet de Persan, qui réunissait à La Paroisse, sorte d'académie semi clandestine, des gens de qualité à l'esprit...
-
JEAN DE LA BRUYÈRE
JEAN DE LA BRUYÈRE Homme d'un seul livre (les Caractères, 1re éd. 1688) et seul écrivain d'un genre, qu'il inaugure et porte à sa perfection, La Bruyère paraît, en littérature, aussi isolé qu'il le fut dans son existence d'homme de lettres, précepteur dans la famille des Condé. Il est peint comme moqué par les grands et traité avec condescendance par ses amis, qui soulignent la touchante volonté de plaire de ce « fort bon homme ». Son livre semble le négatif de sa personne. Acharné dans le dénig...
-
Frédéric Auguste Wolf
Frédéric Auguste Wolf 1759-1824 Philologue saxon, mort à Marseille. Ses Prolegomena ad Homerum (1795) mettaient en doute l'existence d'un Homère à la fois auteur de l'Iliade et de l'Odyssée. Ils peuvent être considérés comme la première oeuvre significative de la "critique moderne".
-
Antonio Machado
Antonio Machado Antonio Machado est de tous les poètes celui qui, avec Baudelaire, aura pris la conscience la plus aiguë de notre temporalité et avec Proust. Son oeuvre est comme celle de ce dernier, une recherche du temps perdu, perdu et pourtant fertile. Car il y a deux sortes de mémoires, celle qu'il appelle irréparable, à laquelle on ne peut rien changer, et la mémoire apocryphe, dont les souvenirs se transforment en rêves, songes, sueños. D'où, comme dit Ramon de Zubiria, un des meilleurs e...
-
-
L'oeuvre de Romain ROLLAND
LA JEUNESSE DE ROMAIN ROLLAND Né à Clamecy d'une famille bourguignonne et nivernaise, Romain Rolland, après des études au lycée Louis-le-Grand, entre à l'École normale supérieure en i886. Il se lie avec André Suarès, correspond avec Tolstoï, découvre Spinoza, s'enthousiasme pour la musique sous l'influence de sa mère et aspire à « la liberté absolue de vie et de pensée ». Agrégé d'histoire en 1889, il est envoyé en mission à Rome par l'École française; il y noue amitié avec une wagnérienne passi...
-
Edmond DE GONCOURT écrit, dans la préface des Frères Zemganno (1879) : Le réalisme, pour user du mot bête, du mot-drapeau, n'a pas l'unique mission de décrire ce qui est bas, ce qui est répugnant, ce qui pue. Il est venu au monde aussi, lui, pour définir dans de « l'écriture artiste » ce qui est élevé, ce qui est joli, ce qui sent bon, et encore pour donner les aspects et les profils des êtres raffinés et des choses riches : mais cela en vue d'une étude appliquée, rigoureuse et non con
Edmond DE GONCOURT écrit, dans la préface des Frères Zemganno (1879) : Le réalisme, pour user du mot bête, du mot-drapeau, n\'a pas l\'unique mission de décrire ce qui est bas, ce qui est répugnant, ce qui pue. Il est venu au monde aussi, lui, pour définir dans de « l\'écriture artiste » ce qui est élevé, ce qui est joli, ce qui sent bon, et encore pour donner les aspects et les profils des êtres raffinés et des choses riches : mais cela en vue d\'une étude appliquée, rigoureuse et non conventio...
-
Les cafés au XVIIIe siècle.
Les cafés. La vie de salon, à côté de ses plaisirs, implique des servitudes, certains devoirs de politesse. Pour les libres réunions entre hommes, les cafés conviennent mieux. L'usage de boire du café s'est introduit en France au milieu du XVIIe siècle. Les auberges de jadis, la Croix-Blanche, où se réunissaient, vers 1663, Molière et ses amis libertins, le Mouton-Blanc, la Croix-de-Lorraine, sont peu à peu supplantées par les cafés. Dès 1715, on en compte déjà trois cents, dont les plus célèbre...
-
Giovanni Verga
Giovanni Verga 1840-1922 Ce Sicilien de Catane, auteur dans sa jeunesse de romans romanesques et mondains tels que la Pécheresse, Histoire d'une Fauvette, ou Tigresse royale, se consacra, dans son âge mur, à une peinture approfondie et réfléchie de sa Sicile natale. Sensible au rayonnement de Flaubert plus peut-être qu'à celui de Zola, il retrouve alors la voie royale du réalisme italien, celle qui va de Boccace et Cellini à Mauzoni, et se forge un langage d'une abrupte simplicité. Des oeuvres c...
-
La littérature baroque
La littérature baroque Ce n'est pas sans quelque inquiétude que nous entreprenons ici la tache d'entretenir les honnêtes gens de ce que les experts nomment : La Littérature Baroque. Cette épithète, dans le commun vocabulaire, retient, en effet, à l'ordinaire, un sens fâcheux. Les esprits baroques sont ceux qui se délectent aux fantaisies étranges et aux desseins chimériques. Les fils de famille, qui dilapident leur patrimoine et multiplient les solécismes de conduite, sont accusés par leurs pare...
-
L'oeuvre romanesque de Flaubert
L'existence de Flaubert est presque sans histoire. Ses essais de jeunesse révèlent, en même temps qu'une vocation précoce d'écrivain, un tempérament passionné. Atteint en 1843 d'une maladie nerveuse, il doit abandonner toute vie active. Il s'éloigne du monde et, reclus dans sa propriété de Croisset, il se consacre jusqu'à sa mort au culte passionné d'un art qui se donne l'impersonnalité pour loi. Ses principales oeuvres, tout particulièrement Madame Bovary, le désignent aux yeux de ses contempor...
-
Vie et oeuvre de VOLTAIRE
VOLTAIRE (1694-1778) FRANÇOIS-MARIE AROUET, dernier enfant d'un notaire au Châtelet, doit aux jésuites de Louis-le-Grand sa solide formation classique. Il est d'une intelligence exceptionnelle, d'un caractère indépendant et frondeur. Ce jeune homme tôt émancipé se trouve parfaitement à son aise dans la haute société libertine, chez la duchesse du Maine, le grand prieur de Vendôme. Soupçonné à tort d'avoir écrit une satire politique sur le règne de Louis XIV, mais non point tout à fait innocent,...
-
Le théâtre d'idées
FRANÇOIS DE CUREL (1854-1928). François de Curel, révélé par Antoine, obtient d'emblée les suffrages d'une élite, sans jamais réussir à s'imposer au grand public. Dans la solitude de ses forêts lorraines, il donne une forme dramatique à quelques graves problèmes qui se posaient à la conscience de ses contemporains. Ainsi Le Repas du lion (1897) montre les diverses attitudes entre lesquelles doit choisir un industriel, face aux exigences de ses ouvriers; La Nouvelle Idole (1899) pose la question...
-
-
Alfred de Musset
Alfred de Musset La grande chance de Musset est d'avoir exprimé avec bonheur les sentiments de la jeunesse de son temps, et parmi eux quelques-uns des sentiments de la jeunesse de toujours. Cela explique à la fois son vieillissement et sa survie. Il date et il demeure près de nous, ne serait-ce que comme un symbole. Il a mieux : de beaux cris, où la sincérité se mêle à la littérature (est-ce un crime pour un écrivain d'être littéraire ?) ; il a l'indépendance et la franchise. Faire le point sur...
-
André Roussin
André Roussin 1911-1987 Né à Marseille, mort à Paris. Il a fait ses débuts au théâtre avec Louis Ducreux. Auteur fécond, il a ressuscité la comédie de Boulevard en tentant parfois de s'élever plus haut. Parmi ses pièces les plus célèbres, on retiendra : La Petite Hutte (1947), Bobosse (1950), Lorsque l'enfant paraît (1952), La Mamma (1957), Les Glorieuses (1960), La Coquine (1961), La Voyante (1963). Il est aussi l'auteur de Souvenirs et des Comédies de la Scène et de la Ville. Il est entré à l'...
-
Expliquer le sonnet qu'en 1828 Sainte-Beuve consacrait à Ronsard, en publiant un recueil de ses Oeuvres choisies.
Expliquer le sonnet qu'en 1828 Sainte-Beuve consacrait à Ronsard, en publiant un recueil de ses Oeuvres choisies. A toi, Ronsard, à toi, qu'un sort injurieux Depuis deux siècles, livre aux mépris de l'histoire, J'élève de mes mains l'autel expiatoire Qui te purifiera d'un arrêt odieux. Non que j'espère encore, au trône radieux D'où jadis tu régnais, replacer ta mémoire; Tu ne peux de si bas remonter à la gloire ; Vulcain impunément ne tomba point des cieux. Mais qu'un peu de pitié console enfin...
-
Boris Vian, L'Ecume des jours, épilogue
Commentaire d’un extrait de L’écume des jours de Boris Vian Introduction : Cet extrait est tiré du dernier chapitre de L’écume des Jours de Boris Vian. Dans ce récit, la petite souris qui a accompagné les personnages tout au long du récit veut mettre un terme à sa vie. En effet, son « maître » Colin est très malheureux depuis la mort de sa femme Chloé et la souris ne supporte plus de le voir souffrir. Il passe ses journées à attendre au bord de l’eau que le nénuphar remonte ; la souris sait qu’...