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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Les cinq doigts de la main

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Les cinq doigts de la main Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à l'enseigne de la double bière de mars. L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui, dès le matin, soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse. Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat s'il n'était brasseur, et qui serait cheval s'il n'était homme. Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine, qui vend des dentelles aux dames et ne vend pas ses sourires aux cavaliers. Et le doigt de l'oreille est le Benjamin de la famille, marmot pleureur, qui toujours se brimbale à la ceinture de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d'une ogresse. Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les par- terres de la noble cité de Harlem.

« Aloysius Bertrand, Gaspard de la Nuit - Livre I.

« Les Doigts de la main ». Une honnête famille où il n'y a jamais eu de banqueroute, où personne n'a jamais été pendu. La parenté de Jean de Nivelle. Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à l'enseigne de la double bière de mars. L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui dès le matin soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse. Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat s'il n'était brasseur, et qui serait cheval s'il n'était homme. Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine qui vend des dentelles aux dames et ne vend pas ses sourires aux cavaliers. Et le doigt de l'oreille est le Benjamin de la famille, marmot pleureur, qui toujours se trimballa à la ceinture de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d'une ogresse. Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les parterres de la noble cité de Harlem. Poème en prose d’Aloysius Bertrand. Poème composé de 6 paragraphes très courts (une ligne et demi) > chaque § évoque un doigt de la main et le dernier évoque les 5 doigts. Brièveté… I- Poème sur les doigts A- Description • Expliquez que l’on pourrait penser que ce texte n’est pas un poème > 6 phrases qui décrivent les doigts : « Le pouce » ; « L'index » ; « Le doigt du milieu » ; « Le doigt de l'anneau » ; « Et le doigt de l'oreille »… • Verbe être au présent > décrit le doigt + propositions subordonnées relatives qui ajoute une anecdote. B- Un poème en prose • Pourtant > Démontrez qu’il s’agit bien d’un poème : - Brièveté ; - Texte que l’on ne peut résumer ; - Densité > chaque mot compte, a un sens… ; - Forme un tout > à la fin, sorte de synthèse « Les cinq doigts de la main ».

Petit texte autonome. • Le poème repose sur de nombreuses métaphores. Cf.

la métaphore du § final : « Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les parterres de la noble cité de Harlem ». => Expliquez cette phrase. II- Un poème amusant A- Présentation • Le poète présente les doigts de façon originale > chaque doigt est personnifié. Famille des doigts de la main.

Le père, la mère, les deux fils et la fille. La place du doigt permet au poète fait faire un rapprochement.

Cf.

« qui fume sur sa porte » > pouce un peu en dehors de la main ; « le Benjamin de la famille » > le petit doigt… • « Le doigt de l'anneau » > périphrase, l’annuaire est le doigt sur lequel on met l’alliance…. »

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