Catégorie : Français / Littérature
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Ronsard, Sonnets pour Hélène I, 2
Ronsard, Sonnets pour Hélène I, 2 Quand à longs traits je boy l'amoureuse étincelle Qui sort de tes beaux yeux, les miens sont esblouïs. D'esprit ny de raison troublé je ne jouïs, Et comme yvre d'amour tout le corps me chancelle. Le coeur me bat au sein, ma chaleur naturelle Se refroidit de peur, mes sens esvanouïs Se perdent tout en l'air, tant tu te resjouïs D'acquerir par ma mort le surnom de cruelle. Tes regards foudroyans me percent de leurs rais' La peau, le corps, le coeur, comme pointes...
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Pierre Mathieu: LA VIE EST UN ECLAIR
LA VIE EST UN ECLAIR VII « La vie est un éclair, une fable, un mensonge, Le souffle d’un enfant, une peinture à l’eau, Le songe d’un qui veille, et l’ombre encor d’un songe, Qui de vaines vapeurs lui brouillent le cerveau. VIII Cette vie aux échecs proprement se rapporte, Autant de place y tient le Pion que le Roi : L’un scrute, l’autre court, l’un surprend, l‘autre emporte. Les noms sont distingués, et tout n’est que du bois. XIII La vie est une table, où pour jouer ensemble On voit quatre j...
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Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Romances sans paroles) - Beams
Paul VERLAINE, Romances sans paroles, Aquarelle, « Beams ». 1. Elle voulut aller sur les bords de la mer, 2. Et comme un vent bénin soufflait une embellie, 3. Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie, 4. Et nous voilà marchant par le chemin amer. 5. Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse, 6. Et dans ses cheveux blonds c'étaient des rayons d'or, 7. Si bien que nous suivions son pas plus calme encor 8. Que le déroulement des vagues, ô délice ! 9. Des oiseaux blancs volaient...
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Etudier les vers suivants de Ronsard :
Etudier les vers suivants de Ronsard : Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras : Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ; Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force Des Nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ? Sacrilège meurtrier ! Si l'on pend un voleur Pour piller un butin de bien peu de valeur, Combien de feux, de fers, de morts et de détresses Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ? Forêt, haute maison des oiseaux bocagers ! Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers...
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Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661) - Plainte sur la mort de Sylvie
Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT, « Plainte sur la mort de Sylvie ». 1. Ruisseau qui cours après toi-même 2. Et qui te fuis toi-même aussi, 3. Arrête un peu ton onde ici 4. Pour écouter mon deuil extrême. 5. Puis, quand tu l'auras su, va-t'en dire à la mer 6. Qu'elle n'a rien de plus amer. 7. Raconte-lui comme Sylvie, 8. Qui seule gouverne mon sort, 9. A reçu le coup de la mort 10. Au plus bel âge de la vie, 11. Et que cet accident triomphe en même jour 12. De toutes les forces d'Amour. 13. L...
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Jean de SPONDE (1557-1595) - Qui sont, qui sont ceux-là, dont le coeur idolâtre
Jean de SPO N DE ( 1557-1595) « Qui s ont, qui s ont c eux-là, dont le c œur idolâtre… » « Qui s ont, qui s ont c eux-là, dont le c œur idolâtre Se jette aux pieds du M onde, et flatte s e s honneurs Et qui s ont c e s valets , et qui s ont c e s Seigneurs , Et c e s â m e s d'Ebène, et c e s fac e s d'Albâtre ? C e s m a s q u e s d é g u i s é s , dont la troupe folâtre S ' a m u s e à c ares s er je ne s a i s q u e l s donneurs De fumées de Cour, et c e s entrepreneurs De vainc re enc or...
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Pierre Jean Jouve
Pierre Jean Jouve 1887-1976 L'on s'accorde à dire que Baudelaire est à l'origine du mouvement poétique contemporain. Marcel Raymond ajoute que ce mouvement est double : qu'il comprend les artistes — c'est la filière Valéry-Mallarmé, et les voyants — c'est la filière qui va de Rimbaud aux "chercheurs d'aventures". Parmi ceux-ci, il range Jouve. Cependant il juge ainsi en 1933, quand Sueur de Sang vient de paraître : poème qui s'avance si vertigineusement dans l'homme souterrain que les mots en ef...
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François Rabelais
François Rabelais Rabelais un auteur facile. Et sans mystères, moins pour un lecteur instruit aux bonnes lettres, nourri de latin et plus encore de grec, féru de mythologie et d'histoires anciennes : bref, parfait humaniste à la façon dont on l'était en France, entre 1860 et 1880. Verve entraînante et intarissable ; langue dont la richesse n'a pas fini d'émerveiller nos philologues ; style d'un rythme, d'une ampleur, d'une harmonie surprenants pour le temps. Et quant au reste : goût français du...
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Jacques Rabemananjara
Jacques Rabemananjara né en 1913 Né à Tananarive, cet homme politique et écrivain malgache a fait ses études au collège des Jésuites de cette ville, puis est entré dans l'administration coloniale. Il fit un stage en 1939 au ministère des Colonies et, retenu par la guerre, obtint sa licence ès lettres. D'abord influencé par les poètes français du XIXe siècle il a su remonter aux sources d'inspiration de son pays. À noter que Jacques Rabemananjara n'est pas Hova mais Betsi-miraka. Son activi...
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Marquise du Deffand
Marquise du Deffand Pendant quarante ans, Marie de Vichy-Chamron, marquise du Deffand reçut dans son salon les plus grands écrivains. Devenue aveugle, elle prit pour lectrice Julie de Lespinasse avec qui elle se brouilla tempétueusement quand celle-ci prit une influence jugée concurrence déloyale. Ses Lettres à d'Alembert, à Montesquieu, à Voltaire, à Horace Walpole et à la duchesse de Choiseul révèlent une intelligence froide qui se mue, vers la fin, en exaltation, une grande liberté de jugeme...
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Francisque Sarcey
Francisque Sarcey 1828-1899 Pseudonyme de François Sarcey de Suttières. Ce normalien, camarade de Taine et d'About, n'a laissé, avec des Souvenirs de jeunesse (1884) et d'âge mûr (1892) et un Journal de jeunesse publié par son gendre Adolphe Brisson (1903) que des recueils de ses chroniques théâtrales (Quarante ans de théâtre sept volumes ; Comédiens et comédiennes, etc.). Il avait de l'esprit à coups de massue, une étroite malveillance à l'égard des nouveautés, la superstition funeste de la "sc...
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Nelo Risi
Nelo Risi né en 1920 Né à Milan. Il est le frère du célèbre cinéaste Dino Risi, maître de la comédie italienne. C'est un documentaliste cinématographique et auteur de poésies rassemblées dans : Polso teso (1956) et Pensieri elementari (1961). La satire et le lyrisme y confluent pour décrire les obsessions, le bonheur si difficile à atteindre la protestation de l'homme aux prises avec la civilisation de masse. Il a touché lui aussi au cinéma avec un film à tendance psychologique, Le Journal d'un...
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MONTAIGNE: Les Essais - XVI, De la gloire, extrait p.289
Dans cet extrait, Montaigne expose une thèse qui va contre le désir de gloire: on ne peut juger un homme selon les « apparences extérieures » que lui confère l'opinion publique, car ce serait négliger l'instabilité qui les caractérise. Ce passage est situé au centre de l'Essai, entre un mouvement dévaluant le jugement public (p.288) et un autre critiquant la recherche de l'honneur (p.290-291). Il s'inscrit donc dans un logique démonstrative à l'échelle de l'Essai De la gloire, mais il possède ég...
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Haruo Umezaki
Haruo Umezaki 1915-1965 Romancier japonais. Termine ses études à l'université de Tokyo. Un des écrivains importants de la littérature d'après-guerre. Psychologue habile. S'est fait connaître en décrivant la misère de la guerre et la corruption de l'immédiate après-guerre comme Noma et Shiina. Il écrit aussi des contes populaires dans un style aisé. Principaux ouvrages : La Fête du vent (1939) ; Sakurajima (1946) ; La Fin du Jour (1947) ; La Saison fausse (1947) ; Horloge de sable (Prix Nouvelle...
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FLAUBERT - L'Education sentimentale
Ce texte, extrait de L'Education sentimentale de Flaubert, évoque une promenade en solitaire de Frédéric, éloigné de sa bien-aimée Mme Arnoux. Datant de la seconde moitié du XIX' siècle, il appartient à l'école du romantisme, qui apparaît dans ce texte dans la peinture du « Mal du siècle », logé dans l'état d'âme du héros, et dans la correspondance d e son état d'âme avec le spectacle de la nature ; c'est dans une nature urbaine, reflétant la monotonie de la vie de Paris, que Frédéric va errer,...
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Jorge Guillén
Jorge Guillén 1893-1984 Né à Valladolid (Espagne), d'une famille influente versée dans les affaires et participant activement à la politique du parti libéral, son enfance s'écoule dans cette même ville castillane. A 16 ans, il part pour la Suisse afin d'y achever son éducation. De retour en Espagne, il étudie les Lettres à Madrid et à Grenade. Entre 1917 et 1923 il réside à Paris. Nommé professeur adjoint à la Sorbonne, ces années vont être décisives à sa formation : c'est à Paris qu'il compose...
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PASCAL
PASCAL C'est un écrivain hors du commun tant par sa physicien génial, il participe brillamment à la vie appliquera dans d'autres domaines. Une crise jansénistes, à mener une vie ascétique malgré religieux. personnalité que par la nature de son oeuvre. Mathématicien et scientifique de son temps et définit avec rigueur une méthode qu'il spirituelle décisive en 1654 l'amène à rejoindre les rangs des une terrible maladie, et à se consacrer avant tout à l'apostolat 1. Le polémiste des Provinciales...
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Albert Camus
A lbert C amus Né en A lgérie, A lbert C amus eut une enfance ensoleillée et maritime, bien qu'endeuillée par la mort de s on père, tombé à la bataille de la Marne. Élevé par sa mère espagnole, il étudia la philosophie à l'université d'A lger puis pratiqua divers métiers, dont celui d'acteur, avant de devenir journaliste (1938-40). P assionné par l'aspect technique du théâtre, il dirigea quelque temps une troupe d'amateurs. En 1938, il effectua son premier voyage en Europe, puis entra dans la R...
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« La chanson tout court, rien que la chanson, c'est là un phénomène poétique qu'on doit bien se garder de méconnaître. » M. Pérez.
« La chanson tout court, rien que la chanson, c'est là un phénomène poétique qu'on doit bien se garder de méconnaître. » M. Pérez. La chanson poésie du pauvre. M. Pérez : « On méprise à juste titre la chanson commerciale. Produit industriel, fabriqué à la chaîne, destiné à flatter le goût du jour, mis à toutes les modes, la chanson est un frisson démagogique. » Georges Jean « La chanson poétique ne mord que très faiblement sur le grand public qui se contente de chansons parfois charmantes et for...
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Les créateurs de langues
Les créateurs de langues J'aimerais qu'avant d'entrer dans la lecture de ce chapitre on mesurât bien la nature de son objet. Créateurs de langues n'est pas une expression dont le sens aille de soi, et si nous devions la prendre dans sa rigueur, Dante ni Pétrarque pas plus que Villon ni Calvin ne mériteraient ce titre. Il n'y a pas longtemps (au regard de l'histoire), en effet, que l'on travaille, en linguistique, sur une notion claire de la langue. On doit à Ferdinand de Saussure de l'avoir préc...