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L'oeuvre de MUSSET

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Musset nous apparaît tantôt comme un mondain, qui goûte avec avidité la joie de vivre, tantôt comme un passionné, qui aspire avec ardeur à l'extase, finalement comme un désenchanté, qui ne croit plus au bonheur et qui trouve au plaisir une saveur amère. Ces visages divers se retrouvent dans son oeuvre. LA VERVE BRILLANTE. Musset aime les jeux de la rime et du rythme, de l'imagination et de la sensibilité. Au début de sa carrière, il cultive surtout l'acrobatie verbale; quelques années plus tard, il préfère aux séductions de la virtuosité les charmes du badinage spirituel ou de la rêverie capricieuse. Volontiers, le vers affecte, non sans étude, l'allure de la prose la plus familière et semble naître sous la plume du poète aussi spontanément que naissent les mots sur les lèvres d'un brillant causeur : Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire, Bien que le laboureur le craigne justement : L'univers y renaît; il est vrai que le vent, La pluie et le soleil s'y disputent l'empire, Qu'y faire? Au temps des fleurs, le monde est un enfant! C'est sa première larme et son premier sourire. (A la Mi-Carême)

« A Le poète Musset nous apparaît tantôt comme un mondain, qui goûte avec avidité la joie de vivre, tantôt comme un passionné, qui aspire avec ardeur à l'extase, finalement comme un désenchanté, qui ne croit plus au bonheur et qui trouve au plaisir une saveur amère.

Ces visages divers se retrouvent dans son oeuvre. LA VERVE BRILLANTE. Musset aime les jeux de la rime et du rythme, de l'imagination et de la sensibilité.

Au début de sa carrière, il cultive surtout l'acrobatie verbale; quelques années plus tard, il préfère aux séductions d e la virtuosité les charmes du badinage spirituel ou de la rêverie capricieuse.

Volontiers, le vers affecte, non sans étude, l'allure de la prose la plus familière et semble naître sous la plume du poète aussi spontanément que naissent les mots sur les lèvres d'un brillant causeur : Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire, Bien que le laboureur le craigne justement : L'univers y renaît; il est vrai que le vent, La pluie et le soleil s'y disputent l'empire, Qu'y faire? Au temps des fleurs, le monde est un enfant! C'est sa première larme et son premier sourire. (A la Mi-Carême) L'ÉLOQUENCE PASSIONNÉE Musset recherche des effets tout à fait différents dans les poèmes où il évoque les élans, les déceptions et les luttes de sa vie. Les Nuits, notamment, renferment des accents d'une poignante intensité, des comparaisons d'une émouvante splendeur.

Quelquefois, pourtant, le poète, en sacrifiant à l'éloquence, verse dans la déclamation.

Dans La Nuit de mai, l'image si vantée du pélican qui donne ses propres entrailles en pâture à ses petits nous paraît aujourd'hui forcée et déplaisante. LA CONFIDENCE DÉPOUILLÉE Musset atteint à une humanité plus profonde lorsqu'il transcrit ses états d'âme avec une simplicité sans artifices.

Déjà, dans La Nuit de décembre, il nous associait directement à son tourment intérieur en évoquant un compagnon mystérieux qui n'est pas un symbole créé pour une raison esthétique, comme la Muse conventionnelle des autres Nuits, mais un double, une hallucination dont il a été réellement victime.

Plus il s'enlise dans son mal, plus il tend, pour en décrire la cruauté, à une forme nue et pure; ainsi dans le sonnet intitulé Tristesse, ou dans les derniers vers de sa main, dont le rythme haletant et sourd exprime pathétiquement l'extrême lassitude d'un homme arrivé au bout de ses forces : L'heure de ma mort, depuis dix-huit mois, De tous les côtés sonne à mes oreilles, Depuis dix-huit mois d'ennuis et de veilles, Partout je la sens, partout je la vois. Plus je me débats contre ma misère. Plus s'éveille en moi l'instinct du malheur; Et dès que je veux faire un pas sur terre, Je sens tout à coup s'arrêter mon coeur. Ma force à lutter s'use et se prodigue; Jusqu'à mon repos, tout est un combat; Et comme un coursier brisé de fatigue, Mon courage éteint chancelle et s'abat. B L'homme de théâtre Musset, parmi les écrivains romantiques, est certainement le plus doué pour le théâtre.

Mais il a conçu la plupart de ses pièces sans se préoccuper d'un public; aussi a-t-il pu s'y exprimer sans contrainte : son théâtre est lyrique, au même degré que sa poésie. LE SENS DRAMATIQUE Le théâtre de Musset représente le triomphe de l'aisance sur l'effort, des dons naturels sur les techniques apprises.

D'instinct, l'auteur s'accommode à des genres très dissemblables et allie dans une même pièce, les tons les plus variés. La diversité des genres.

Musset a assuré la gloire d'un genre dramatique longtemps réputé frivole et inférieur, le proverbe.

Sous ce nom, Carmontelle au xville siècle, puis Sauvage et Leclercq se sont assuré des succès faciles en développant avec esprit des lieux communs relevant de l'observation morale.

Quelques proverbes de Musset demeurent dans la ligne de cette tradition et ne sont que des badinages mondains d'une finesse particulièrement déliée (Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée).

D'autres brisent les cadres du genre : Il ne faut jurer de rien est une comédie étoffée; On ne badine pas avec l'amour est un drame aux multiples aspects.

Comédies encore, Fantasio, Un Caprice, Le Chandelier; drames, André del Sarto, Les Caprices de Marianne, Lorenzaccio. La diversité des tons.

Alfred de Musset, seul en son temps, a su étroitement associer le grotesque et l'émotion.

Dans la plupart de ses pièces s'agitent des fantoches montés comme des mécaniques, souvent ridicules, parfois odieux, qu'il crible de son ironie : ainsi le vieux Claudio, dans Les Caprices de Marianne; Bridaine, Blazius, dame Pluche, le baron, dans On ne badine pas avec l'amour; le prince de Mantoue, dans Fantasio.

D'autres personnages, au contraire, et tout particulièrement les personnages d'amoureux, nous charment ou nous émeuvent par leurs aventures touchantes ou pathétiques.

D'une manière générale, l'écrivain s'abandonne au caprice de son imagination; il situe ses pièces dans un décor d'une poétique imprécision; sa liberté d'allures fait songer, tantôt à Shakespeare, tantôt à Marivaux. LE LYRISME DRAMATIQUE Cette fantaisie reflète l'âme mobile de l'écrivain.

Dans presque toutes ses pièces, Musset transpose ses sentiments, exprime indirectement les tourments ou les joies de son coeur.

Ses héros sont à sa ressemblance : Octave, Celio, Perdican, Fantasio, Lorenzaccio.

Ses héroïnes, Marianne ou Camille, ont le charme et la cruauté des femmes qui l'ont fait souffrir.

Son expérience lui a permis de peindre des âmes et d'analyser avec une pathétique justesse la passion de l'amour.. »

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