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La littérature doit-elle être morale ? (Mariage de Figaro et de sa préface de Beaumarchais) ?

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Le réalisme, en littérature comme en peinture, tranche nettement avec l'enseignement de l'Académie : les artistes « réalistes » refusent toute espèce d'idéalisme mensonger, qui donne de la réalité humaine et sociale une vision aseptisée, à la fois incomplète et fausse. Mais ces changements ne sont pas du goût de tous : on leur reproche leur vulgarité, leur manque de « goût », voire leur obscénité.             Ex : Balzac, dans La Comédie Humaine, a pour ambition de décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps.  Une partie de la Comédie Humaine porte comme sous-titre « étude de moeurs » et mène cette étude de la façon la plus réaliste et la plus exhaustive possible. L'ambition de Balzac dans cette gigantesque entreprise est de chercher à expliquer les moeurs de son temps : A la base de l'édifice : les Études de moeurs représentent les effets sociaux. La seconde assise est les Études philosophiques, car, après les effets viendront les causes. Puis, après les effets et les causes, doivent se chercher les principes. Les moeurs sont dans le spectacle, les causes sont dans les coulisses et les machines. Les principes, c'est l'auteur, mais, à mesure que l'oeuvre gagne en spirales les hauteurs de la pensée, elle se mesure et se condense               - Même dans les courants « anti-morale » une peinture des moeurs et des idéaux et idéologies d'une époque est réalisée malgré tout. En effet, tout courant littéraire, même avant-gardiste ou révolutionnaire naît dans un contexte politique, économique et social donné et ne serait sûrement pas né sans ce contexte.

« Analyse du sujet et problématisation Ce sujet englobe la littérature dans son ensemble, sans distinction de genres.

Nous devons tenter ici de donner une définition de la littérature afin de délimiter le cadre de la dissertation.

C'est la littérature en tant qu'art qui nous intéressera ici.

D'une manière générale, la littérature regroupera ici les œuvres ayant soit un but esthétique soit une forme esthétique particulière.

La dimension esthétique est donc la finalité de la littérature, critère qui la différencie des autres types d'écrits comme le journalisme ou la politique répondant à certaines contraintes spécifiques.

Cette définition semble exclure les écrits purement philosophiques, politiques ou historiques.

Mais il convient d'être particulièrement précautionneux dans la catégorisation des genres et types d'écrits appartenant ou non à la littérature.

Un texte peut ainsi posséder une certaine dimension littéraire sans que l'auteur ne l'ait voulu, ou alors sans que cela ne soit son but en tant que genre.

Les critères de littérarité d'une œuvre font souvent l'objet de débats. Nous devons aussi préalablement définir la notion complexe de morale.

La morale (du Latin moralitas « façon, caractère, comportement approprié ») se rapporte au concept de l'action humaine qui concerne les sujets du juste et de l'injuste, également désignés sous le nom « bien et mal », utilisés dans deux contextes : un contexte social à travers un système de principes parfois appelés « conduite morale » partagée au sein d'une communauté, et une dimension plus personnelle où la morale concerne chaque individu dans ses actions particulières qui correspond à l'idée qu'on se fait de ce qui compte pour soi, de ce à quoi on aspire, de ce qui nous semble digne ou indigne de nous, noble ou misérable, idée qui influence certains de nos comportements. Il s'agit aussi ici de prendre en compte un autre sens du terme « morale », sens apparu au XVIIe siècle, qui la considère simplement comme l'étude des mœurs.

Une littérature morale n'est donc pas forcément une littérature moralisatrice. Autre terme du sujet à éclaircir, le verbe « devoir » : il implique dans notre sujet une obligation à laquelle se trouverait confrontée la littérature, celle d'être morale.

C'est cette obligation même qu'il s'agit d'interroger. Problématique : La littérature a-t-elle l'obligation d'être morale ? A-t-elle une fonction nécessairement moralisatrice ? I) La littérature a souvent une ambition morale (au sens de « moralisatrice ») La littérature est souvent l'expression d'un jugement, celui de l'auteur, jugement statuant sur le caractère bon ou mauvais de ce qu'il écrit. - La littérature peut se faire le porte-parole d'une morale sociale.

Elle peut prétendre à un rôle didactique, cherchant à enseigner le Bien et à prévenir contre le Mal. Ex : Les Maximes de La Rochefoucauld, de leur vrai nom Réflexions ou sentences et maximes morales. L'ouvrage de La Rochefoucauld est l'œuvre d'un esprit très pénétrant qui paraît systématiquement occupé à une considération exclusive des aspects négatifs de la nature humaine, ce qui lui a valu la qualification de philosophe de l'amour-propre.

Le pessimisme dont il est imprégné doit beaucoup à la doctrine de Port-Royal qui a marqué la littérature de l'époque classique.

La dénonciation de la vanité humaine, la réfutation du libre-arbitre, la mise à nu de la faiblesse de l'être et des feintes dont il use vis-à-vis de lui-même, ou la peinture de son insignifiance, témoignent de cet esprit janséniste qui traverse les Maximes. Certaines œuvres littéraires peuvent, sans avoir de prétentions didactiques, se faire les illustratrices des valeurs morales d'une époque.

Cf.

Robinson Crusoé de Defoe exaltant la morale protestante et la valeur du travail. - L'auteur d'une œuvre littéraire tend à exprimer sa morale personnelle en faisant part de ses jugements et opinions, en osmose ou en décalage avec la morale sociale. Ex : Jean Genet, dans l'ensemble de son œuvre exprime une morale personnelle créée de toutes pièces, qui s'oppose violemment à la « morale sociale » fondée sur l'idée du Bien.

Genet propose une « morale du minoritaire » pour reprendre l'expression de Didier Eribon, morale fondée sur le crime et sur le mal, comme seuls moyens d'accéder à la sainteté. II) Mais certains courants revendiquent un désengagement moral total au profit du primat du Beau - A l'épanchement personnel et moral , certains auteurs ont opposé un souci d'impersonnalité et se prononcent pour une retraite hautaine, tout entière vouée à la célébration d'une Beauté divinisée.

Il s'agit de refuser tout engagement de ma littérature et rêver d'une utilité plus haute qui ne doive rien aux besoins immédiats. Ex : Les théoriciens du Parnasse et le l'Art pour l'Art.

cf.

La préface de Mademoiselle de Maupin de Théophile Gauthier où il s'élève avec vigueur contre les interventions des moralistes dans le domaine littéraire et il proclame. »

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