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Je hais les livres; ils n'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas, écrit Jean Jacques Rousseau dans son essai sur l'éducation, Emile. Vous discuterez ce point de vue.

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Dans Madame Bovary, ainsi, le personnage d'Emma manque sa vie parce qu'elle a lu trop de livres en les prenant pour la réalité : s'attendant à un réel aussi riche, brillant et tumultueux que celui qu'elle a vu dans les romans de chevalerie, elle est déçue par sa vie réelle et est conduite au suicide. Cette déception est aussi présente dans ces vers de Pétrus Borel, dans son poème Sur l'Amour : « ... et ne sais rien de plus/Qu'avant d'avoir veillé sur ces bouquins feuillus ». Pétrus Borel, dans son poème Sur l'Amour. Les livres seraient la cause d'un rapport faussé au monde ; il faudrait leur préférer la confrontation directe au monde, seul moyen de parler pertinemment de ce que l'on sait.   II. Les livres et le savoir Pourtant, l'une des vocations majeures des livres est de conserver et transmettre un savoir ; Montaigne, par exemple, soutient dans ses Essais qu'il faut fréquenter les grands auteurs pour nous imprégner de leur expérience de la vie, ce qui permet de dépasser notre point de vue individuel et d'avoir des connaissances plus larges que celles que nous permet simplement notre expérience personnelle. Les livres sont le lieu de l'accumulation de la pensée universelle, et donc du progrès : ils permettent de consigner le savoir et de l'augmenter, de ne pas recommencer à zéro toute réflexion. Le philosophe du Moyen-Âge Bernard de Chartres exprimait cela ainsi : « Nous sommes des nains perchés sur les épaules de géants ». Loin de nous faire parler de ce que nous ne savons pas, les livres nous permettent alors de nous constituer un savoir et de faire progresser la pensée en ne nous en tenant pas uniquement à notre expérience individuelle, nécessairement limitée.   III.

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