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Vauvenargues a dit: «Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si l'on ne devait jamais mourir. »

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» C'est là la base même de toute morale pure, il ne faut point calculer. Il faut vivre en fonction d'un idéal et il convient que cet idéal l'emporte sur des considérations mercenaires, matérielles : « On ne fait de grandes choses » qu'à la condition de faire passer son idéal avant sa propre vie. 3. La sagesse consiste à bien faire: «Fais ce que dois, advienne que pourra.» Il est sage de ne penser à rien - à aucune des conséquences néfastes de nos actions, au moment où nous agissons - sinon nous refuserions d'agir, on se retiendrait de bien faire. Il n'est pas nécessaire, pour vouloir vivre, de « vivre dangereusement », mais il est indispensable de suivre les conseils que nous donne Corneille : Faites votre devoir et laissez faire aux dieux. III. Ce que la pensée de la mort nous permettrait de faire. 1. L'héroïsme n'est-il pas plus grand encore lorsque l'angoisse de la mort nous tenaille et que nous réussissons à triompher d'elle, par une victoire de toutes nos forces vives, en agissant courageusement dans le sens d'une action efficace ?

« Vauvenargues a dit: «Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si l'on ne devait jamais mourir.

» Introduction : « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face.

» Ce mot de La Rochefoucauld aurait pu être longuement médité par Vauvenargues, puisque cet h o m m e courageux jusqu'à la témérité passa la moitié d e sa vie à risquer la mort sans y succomber — et l'autre moitié à méditer sur le thème d e la mort lorsque son état d e santé ne lui permettait plus d e continuer à vivre d e son métier d ' h o m m e d'arme.

Montaigne pensait q u e la vie doit être consacrée à l a méditation d e la mort : « que philosopher c'est apprendre à mourir ».

Pour Vauvenargues, la vie doit être entièrement vécue sans jamais penser à l'idée de la mort : « Pour exécuter de grandes choses il faut vivre c o m m e si Von ne devait jamais mourir.

» Dans quelle mesure pouvons-nous donner entièrement raison à Vauvenargues ? I.

Ce que la pensée de la mort nous empêche de faire. 1.

La pensée de la mort nous empêche de nous élever, car elle nous abaisse sans arrêt à cueillir les plaisirs.

Lorsqu'on pense trop à la mort on se dépêche de profiter tout de suite de la vie.

C'est ce que Lamartine nous recommande lorsqu'il nous dit : Hâtons-nous ! jouissons ! C'est aussi ce qu'avant Lamartine, les poètes, de la Pléiade chantaient tous — comme par exemple Ronsard : Cueillez dès aujourd'hui les rosés de la vie. 2.

La pensée de la mort nous plonge dans une résignation proche de l'« à-quoi-bonisme » : à quoi bon agir, à quoi bon être courageux, à quoi bon être fort, généreux, charitable, si, en dernière analyse, nous devons mourir bientôt ? Nous n'avons plus qu'à nous laisser aller. 3.Legouvé disait : « la lâcheté, c'est la peur consentie ».

La lâcheté devant la mort est la plus fréquente des maladies d e l'âme : rappelons-nous ici la mort d'un grand Français dont la conduite avait été héroïque durant la guerre de 1914-18 et qui, condamné à être fusillé en 1944 pour faits de collaboration, eut une peur panique de mourir e t s e traîna aux genoux et aux pieds des gendarmes qui formaient le peloton d'exécution ; Paul Chack, dont les exploits avaient été accomplis sans aucune peur d e mourir, fut brusquement rendu lâche par la terreur de la mort. II.

Ce que l'absence de pensée de la mort nous permet de faire. 1.

Si l'on n'a pas peur de penser à la mort, si l'on vit sans y penser, si l'on oublie qu'on est mortel, alors et dans ce cas, il n'y a plus de raison d'empêcher les choses de s'accomplir.

Legouvé ajoutait à sa formule : « la lâcheté c'est la peur consentie, mais le courage, c'est la peur vaincue y. Etre indifférent devant la mort revient à pouvoir agir avec témérité, sans craindre les conséquences de nos actes.

Pensons ici au Chevalier d'Assas et à son héroïsme si simple, ou à Joseph Bara qui se fit tuer sans un cri, ou à la belle devise de Guynemer : « Faire face » La Résistance de 1940 à 1944 regorge d'illustrations vivantes de cette acceptation de la mort, à travers les exploits de Jean Moulin, de Pierre Brossolette, de Guy Mocquet, d'Estienne d'Orves. 2.

Bersot soutenait : « Il faut aller à la vie comme on va au feu, bravement, sans se demander comment on reviendra.» C'est là la base m ê m e d e toute morale pure, il ne faut point calculer.

Il faut vivre en fonction d'un idéal et il convient que cet idéal l'emporte sur des considérations mercenaires, matérielles : « On ne fait de grandes choses » qu'à la condition de faire passer son idéal avant sa propre vie. 3.

La s a g e s s e consiste à bien faire: «Fais ce q u e dois, advienne que pourra.» Il est s a g e d e ne penser à rien — à aucune d e s conséquences néfastes de nos actions, au moment où nous agissons — sinon nous refuserions d'agir, on se retiendrait de bien faire.

Il n'est pas nécessaire, pour vouloir vivre, de « vivre dangereusement », mais il est indispensable de suivre les conseils que nous donne Corneille : Faites votre devoir et laissez faire aux dieux. III.

Ce que la pensée de la mort nous permettrait de faire. 1.

L'héroïsme n'est-il pas plus grand encore lorsque l'angoisse de la mort nous tenaille et que nous réussissons à triompher d'elle, par une victoire de toutes nos forces vives, en agissant courageusement dans le sens d'une action efficace ? Ainsi, ce que Pascal nomme le divertissement nous permet parfois de nous détourner de l'idée de la mort par des soucis, des besognes, un surcroît d'occupations — mais nous ne pouvons empêcher cette pensée de nous reprendre.

La mort est « le roi des épouvantements » (dit encore Pascal).

La pensée de la mort prochaine peut tendre davantage l'énergie et la volonté de réaliser une grande œuvre, comme le dit le P.

Dumonceaux. 2.

On peut exécuter de grandes choses avec l'idée que l'on mourra bien vite.

C'est l e m ê m e p o è t e Horace qui nous dit à la fois de « cueillir le jour » (Carpe diem) et en même temps qui a écrit, à propos de son œuvre, qu'il avait construit un monument plus solide que l'airain (eregi monumentum aere perennius).

Si l'oeuvre d'Horace a été plus durable et plus forte que celle des autres poètes latins, c'est parce qu'il a pensé à sa propre mort et parce qu'il a voulu dépasser le temps, vaincre sa vie en réalisant une œuvre qui trompe la mort. 3.

« On n'est grand que par ses tâches », disait le moraliste Gabriel Séailles.

La pensée de la mort ne doit pas nous empêcher de les accomplir ; ni lâcheté, ni renoncement ne viennent de l'idée de la mort : mais la pensée de la mort, au contraire, doit nous stimuler, nous obliger à réaliser toujours plus, toujours mieux q u e ce q u e nous aurions été capables d e faire si nous avions eu toute la vie, toute l'éternité pour l'accomplir.

Il est donc heureux de penser à la mort : cela nous permet d'accélérer la réalisation de nos actes. Conclusion : L'accomplissement d e grandes actions sur cette terre, qu'il s'agisse du héros, du génie ou du saint, vient d'une pensée permanente de la mort, plus ou moins voilée selon les cas. Alfred de Vigny avait raison de nous dire : J'aime la majesté des souffrances humaines.

La plus grande majesté de l'homme n'est peutêtre pas tant qu'il souffre en silence (car le loup et le chien en sont capables également).

C'est plutôt' que l'homme soit capable d'accomplir de grandes choses en sachant pourtant que sa vie ne tient qu'à un fil et qu'il devra un jour ou l'autre trépasser.

L'homme est le seul animal à savoir qu'il doit mourir.

Sa plus grande force reste de ne point montrer au cours de son existence qu'il a peur de mourir. L'homme digne d e ce n o m e s t capable d e penser à la mort en soutenant d'un regard impavide le soleil resplendissant et la Parque glaciale qui lui annonce sa fin. ...

Je voudrais qu'à cet âge On partît de la vie ainsi que d'un banquet En remerciant son hôte et' qu'on fît son paquet. La Fontaine.. »

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