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Selon un poète contemporain le monde poétique est celui d'une autre planète ? En vous aidant des poèmes ou des chansons que vous connaissez, vous vous demanderez quelles peuvent être les relations qui unissent le monde poétique et le monde réel ?

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Il affirme ensuite que la poésie est ce qu'il y a de plus réel : ce qui n'est complètement vrai... que dans un autre monde. La poésie décrit mieux le monde réel selon lui que le "réalisme à la Dickens" et ses "assiettes à coq" (allusion aux détails pittoresques qu'aime décrire l'école réaliste). - Henri Michaux, poète belge francophone du XXe siècle, s'exprime par des courts récits en vers libres ou en prose, qui mettent souvent en scène des personnages absurdes, farfelus, imaginaires, ou des animaux étranges (Ailleurs). Dans le texte Plume, il raconte les aventures burlesques du personnage Plume, faible, sans pouvoir sur les évènements, proche de Charlot. Il témoigne avoir réussi avec Plume à transcender ses souffrances personnelles en un personnage détaché de lui, et apparemment dépourvu de sens. III. Un monde proche de celui de l'enfance - Jean-Yves Tadié, dans Le récit poétique, analyse ce qui fait la poéticité d'un récit et donne ainsi quelques caractéristiques de l'univers "poétique" : le héros a peu d'épaisseur psychologique, il est conduit par les évènements et par la Nature qui l'environne, ce qui confère au récit une atmosphère un peu "magique" (voir comme exemple Le rivage des Syrtes de Julien Gracq). - Dans le monde poétique analysé par Tadié, l'espace devient agent de la fiction : l'aventure réside dans la simple découverte du lieu. Le récit poétique affirme l'excellence de certains endroits par rapport à d'autres, à la différence du récit réaliste dont l'idéal est de faire l'inventaire.

« Selon un poète contemporain le monde poétique est celui d'une autre planète ? En vous aidant des poèmes ou des chansons que vous connaissez, vous vous demanderez quelles peuvent être les relations qui unissent le monde poétique et le monde réel ? Il est toujours dangereux d'opposer le monde poétique au monde réel : ne pas oublier que la poésie est d'abord langage, parole produite par un individu (plus ou moins) bien ancré dans le monde réel.

La problématique se pose donc d'abord au niveau du langage, de l'expression : en quoi le langage poétique délivre-t-il une vision du monde très éloignée de ce qu'il est réellement? On se demandera ensuite si cette vision n'a rien à nous apprendre sur le monde réel.

Et en dernier lieu quels sont les rapports du langage et de l'imagination : le langage peut-il nous conduire à imaginer effectivement un "monde poétique" régi par des lois différentes de celles du monde réel? I.

Un monde d'une autre planète - Dans Crise de vers, Mallarmé oppose le langage poétique au langage habituel : il compare le langage habituel à un langage "commercial", qui sert à l'échange (en prenant au pied de la lettre l'expression : un "échange de paroles"). Ce langage commercial a comme but le sens, la rentabilité.

A l'inverse, le vers est gratuit; dans le vers poétique, le langage retrouve sa "virtualité" : il est musique de l'âme.

Mallarmé ironise sur le public littéraire qui veut à tout prix trouver un sens à ce qu'il lit : cette exigence du sens est une "vaine couche suffisante d'intelligibilité que [le poète] s'oblige, aussi, à observer". - Dans Approches de la poésie, Roger Caillois souligne le charme énigmatique de la poésie : elle raconte une fable, une parabole dont on devine qu'elle contient une vérité, mais sans savoir laquelle (Les 7 épées d'Apollinaire, dans le recueil Alcools).

Et elle décrit un monde imaginaire, pittoresque, différent du nôtre qui en fait n'est qu'un monde intérieur (voir St John Perse) II.

Qui parle du monde réel d'une manière codée - Dans l'article "Puisque réalisme il y a" de ses Critiques littéraires, Baudelaire affirme que tout bon poète fut toujours réaliste : il sait choisir l'équation juste entre impression et expression.

Il affirme ensuite que la poésie est ce qu'il y a de plus réel : ce qui n'est complètement vrai...

que dans un autre monde.

La poésie décrit mieux le monde réel selon lui que le "réalisme à la Dickens" et ses "assiettes à coq" (allusion aux détails pittoresques qu'aime décrire l'école réaliste). - Henri Michaux, poète belge francophone du XXe siècle, s'exprime par des courts récits en vers libres ou en prose, qui mettent souvent en scène des personnages absurdes, farfelus, imaginaires, ou des animaux étranges (Ailleurs). Dans le texte Plume, il raconte les aventures burlesques du personnage Plume, faible, sans pouvoir sur les évènements, proche de Charlot.

Il témoigne avoir réussi avec Plume à transcender ses souffrances personnelles en un personnage détaché de lui, et apparemment dépourvu de sens. III.

Un monde proche de celui de l'enfance - Jean-Yves Tadié, dans Le récit poétique, analyse ce qui fait la poéticité d'un récit et donne ainsi quelques caractéristiques de l'univers "poétique" : le héros a peu d'épaisseur psychologique, il est conduit par les évènements et par la Nature qui l'environne, ce qui confère au récit une atmosphère un peu "magique" (voir comme exemple Le rivage des Syrtes de Julien Gracq). - Dans le monde poétique analysé par Tadié, l'espace devient agent de la fiction : l'aventure réside dans la simple découverte du lieu.

Le récit poétique affirme l'excellence de certains endroits par rapport à d'autres, à la différence du récit réaliste dont l'idéal est de faire l'inventaire.

Récurrence des mêmes endroits qui finissent par délivrer un sens : par exemple la Chambre dans Les enfants terribles. - le temps "poétique" est proche de celui de l'enfance : c'est un temps immobile, plat, cyclique, rythmé par les heures de la journée et les saisons : un temps cosmique et non fondé sur des dates.

Dans Les vagues Virginia Woolf, la perception du temps qui passe est rendue par des voix fragmentées, qui ne disent pas précisément leur âge. Le langage poétique est différent du langage courant : il se caractérise par une plus grande recherche, et parfois une insouciance par rapport au sens: les mot comptent pour leur valeur sonore plus que sémantique.

Ce langage peut s'apparenter à code, qui parle, à sa façon, du monde réel et le transcende en ce qu'il le déguise, le fait voir sous une autre apparence.

Le récit poétique pousse cette action à son stade ultime, jusqu'à renverser la perspective : cette forme littéraire montre un univers qui se présente comme proche du monde réel, comprenant des personnages et des actions.

Mais cet univers, produit de l'imagination, est en fait régi par des lois qui lui sont propres et ne peut être rapproché du monde réel.. »

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