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L'Hôtel de Rambouillet.

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Si la littérature française parvint à éviter la plupart des excès où la mode baroque risquait de l'entraîner, elle en est redevable à l'action de l'Hôtel de Rambouillet, cercle mondain et foyer de vie intellectuelle, qui, tout en suivant cette mode, sut l'appliquer avec mesure. L'initiative appartient ici à une jeune femme, Catherine de Vivonne, MARQUISE DE RAMBOUILLET. Fille d'une Italienne et d'un diplomate français, belle, mais de santé médiocre, habituée par ses origines et sa culture aux plaisirs délicats, elle entreprit en 16o8 d'attirer chez elle l'élite de la société parisienne. En 1618, elle fit reconstruire sur ses propres plans un hôtel qu'elle possédait, rue Saint-Thomas du Louvre. Dans sa chambre, la fameuse chambre bleue, elle reçut des gens du monde et des écrivains et, par réaction contre les façons grossières de la cour, elle exigea de ses hôtes la politesse des moeurs, la distinction des manières et du langage.

« L'Hôtel de Rambouillet. Si la littérature française parvint à éviter la plupart des excès où la mode baroque risquait de l'entraîner, elle en est redevable à l'action de l'Hôtel de Rambouillet, cercle mondain et foyer de vie intellectuelle, qui, tout en suivant cette mode, sut l'appliquer avec mesure. L'initiative appartient ici à une jeune femme, Catherine de Vivonne, MARQUISE DE RAMBOUILLET.

Fille d'une Italienne et d'un diplomate français, belle, mais de santé médiocre, habituée par ses origines et sa culture aux plaisirs délicats, elle entreprit en 16o8 d'attirer chez elle l'élite de la société parisienne.

En 1618, elle fit reconstruire sur ses propres plans un hôtel qu'elle possédait, rue Saint-Thomas du Louvre.

Dans sa chambre, la fameuse chambre bleue, elle reçut des gens du monde et des écrivains et, par réaction contre les façons grossières de la cour, elle exigea de ses hôtes la politesse des moeurs, la distinction des manières et du langage. La phase de croissance de l'hôtel de Rambouillet dure jusque vers 163o.

Pendant cette période, les personnages les plus marquants reçus chez la marquise sont, du côté de la noblesse, Richelieu, le cardinal de la Valette, la princesse de Montmorency, et, du côté des ,écrivains, Malherbe, Racan, Gombauld, Vaugelas; Chapelain, Balzac, le cavalier Marin.

De 163o à 1648, l'hôtel de Rambouillet traverse la période la plus éclatante de s n histoire.

Aux côtés de « l'incomparable Arthénice », paraissent bien ses filles, dont l'aînée Julie est fort admirée et se plaît à l'être.

Voiture est devenu « l'âme du rond ».

Une étroite familiarité s'est nouée entre l'Hôtel de Rambouillet et la puissante maison des Condés.

Tous les grands seigneurs qui vont bientôt participer à la Fronde comptent parmi les hôtes de la marquise.

Le clan des écrivains se renouvelle : Scudéry, Mairet, Ménage, l'abbé Cotin sont fort assidus, Rotrou et Corneille le sont moins, Balzac, retiré dans son domaine de Charente, ne fait plus que de rares apparitions.

En juillet 1645, Julie épouse le duc de Montausier.

Le mois suivant, le marquis de Pisani, fils de Mme de Rambouillet, se fait tuer à Nordlingen.

Puis surviennent les troubles de la Fronde, coïncidant avec la mort de Voiture (1648).

Dès lors commence pour le cercle de la marquise une phase de déclin. L'Hôtel de Rambouillet n'a jamais été une réunion de pédants.

C'est une maison gaie.

Les jeux de société, la musique, les bals y entretiennent une atmosphère de plaisir.

Et, comme il est naturel dans un milieu jeune et vivant, des intrigues amoureuses s'y nouent.

Mais les divertissements y prennent volontiers un tour intellectuel.

On essaie de résoudre des questions de prononciation et d'orthographe.

On se demande s'il faut employer ou proscrire le mot car.

On engage des controverses de casuistique amoureuse. On discute des mérites comparés de certaines oeuvres, par exemple les sonnets de Voiture et de Malleville sur La Belle matineuse ou encore le sonnet de Voiture A Uranie et le sonnet de Benserade sur Job.

On joue des pièces de théâtre : Pyrame et Thisbé de Théophile en 1627, la Sophonisbe de Mairet en 1636.

Des écrivains viennent lire leurs oeuvres : Desmarets ses Visionnaires, Chapelain sa Pucelle, Corneille plusieurs de ses tragédies et particulièrement son Polyeucte.

Tous les talents poétiques de la maison s'unissent pour composer, en hommage à la belle et coquette Julie d'Angennes, La Guirlande de Julie (1641). Des conflits éclatent parfois : conflits littéraires sous lesquels couvent des inimitiés personnelles, des rivalités d'influence.

Vers 1640, l'Hôtel de Rambouillet fut ainsi divisé en deux clans : d'une part les jeunes seigneurs avides de plaisir (Pisani, Guiche) soutenus par Voiture; d'autre part les « doctes » et leurs partisans: Chapelain, le duc de Montausier.. »

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