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LES THÈMES D'INSPIRATION DE GEORGE SAND

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Les romans de George Sand sont habituellement classés sous quatre rubriques : romantiques, socialistes, champêtres, romanesques. Ces quatre manières correspondraient en gros à quatre périodes qui vont respectivement de 1832 à 1837, de 1838 à 1845, de 1846 à 1853 et de 1854 à 1876. Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi simples. S'il est vrai que chaque période a bien sa dominante, toutes ces inspirations s'entremêlent et d'autres thèmes interviennent, auxquels il faut aussi faire leur place. Le courant romantique se dessine vigoureusement dans les premières oeuvres de George Sand, lorsque la jeune romancière proteste contre l'injustice du mariage, lorsqu'elle réclame pour la femme le droit à l'amour (Indiana, Valentine), ou lorsqu'elle s'abandonne à un pessimisme désespéré (Lélia). Ce romantisme s'atténuera par la suite, mais elle conservera l'habitude et le goût de la confidence. En 1866, quand Flaubert essaie de la convaincre qu'il ne faut rien mettre de son coeur dans ce qu'on écrit, elle répond : « Moi, il me semble qu'on ne peut pas y mettre autre chose. »

« LES THÈMES D'INSPIRATION DE GEORGE SAND Les romans de George Sand sont habituellement classés sous quatre rubriques : romantiques, socialistes, champêtres, romanesques.

Ces quatre manières correspondraient en gros à quatre périodes qui vont respectivement de 1832 à 1837, de 1838 à 1845, de 1846 à 1853 et de 1854 à 1876.

Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi simples.

S'il est vrai que chaque période a bien sa dominante, toutes ces inspirations s'entremêlent et d'autres thèmes interviennent, auxquels il faut aussi faire leur place. Le courant romantique se dessine vigoureusement dans les premières oeuvres de George Sand, lorsque la jeune romancière proteste contre l'injustice du mariage, lorsqu'elle réclame pour la femme le droit à l'amour (Indiana, Valentine), ou lorsqu'elle s'abandonne à un pessimisme désespéré (Lélia).

Ce romantisme s'atténuera par la suite, mais elle conservera l'habitude et le goût de la confidence.

En 1866, quand Flaubert essaie de la convaincre qu'il ne faut rien mettre de son coeur dans ce qu'on écrit, elle répond : « Moi, il me semble qu'on ne peut pas y mettre autre chose.

» Élevée dans le catholicisme, George Sand ne s'éloigne de l'Église que pour tomber dans une crise d'inquiétude mystique.

Le manque de consolations-religieuses lui arrache les plaintes désespérées de Lélia.

Elle rêve ensuite d'un catholicisme rénové.

Leroux la persuade que la religion progresse grâce à des révélations successives, et que les âmes se réincarnent dans l'humanité par un engendrement perpétuel.

Plusieurs de ses romans, Spiridion, Consuelo, ne sont guère que l'illustration poétique de la doctrine de Leroux.

Étant arrivée à ce qu'elle croit être une certitude, elle ne remettra plus en cause ces problèmes qui l'ont si longtemps tourmentée. Le socialisme humanitaire commence à la gagner dès 1835, date de sa rencontre avec l'avocat républicain Michel de Bourges.

Elle rêve d'une société fraternelle, où la richesse n'existera plus, où la bonté régnera, où tous les hommes auront leur part des jouissances de l'art.

Ce socialisme exclut toute idée de lutte des classes.

George Sand espère qu'un jour les riches renonceront volontairement à leur superflu.

Pour les y amener, il faut leur faire aimer les déshérités.

A cette propagande généreuse elle consacre non seulement ses romans dits socialistes, mais ses romans champêtres. L'inspiration champêtre anime plus spécialement quatre grands romans, qu'elle se proposait de grouper dans une série intitulée Veillées du chanvreur : La Mare au Diable, François le Champi, La Petite Fadette, Les Maîtres sonneurs.

Mais elle circule dans toute l'oeuvre, depuis Valentine et Mauprat jusqu'à Nanon. Quant aux romans écrits par George Sand dans les vingt dernières années de sa vie, ils sont assurément romanesques.

Mais le reste de l'oeuvre ne l'est-il pas ? On les qualifie aussi de mondains et, bien qu'ils ne se déroulent pas tous dans le monde, cette appellation est plus significative : car il est vrai que la romancière &éloigne du peuple et de ses aspirations, se rapproche des milieux mondains, adopte certains de leurs principes.

Mais il n'y a pas d'unité dans cette production considérable, qui comprend des romans de passion, des romans de moeurs, des romans autobiographiques, des romans d'aventures, des romans historiques, des romans à thèse.. »

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