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Le destin de Camus Albert

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La brève existence d'Albert Camus est marquée à la fois par l'ardeur de vivre et par l'angoisse. Camus décrit l'homme en proie à l'Absurde, puis dressé contre les misères de sa condition dans une révolte féconde; mais il éprouve de plus en plus cruellement la difficulté de construire une sagesse. LA JEUNESSE FIÉVREUSE (1913-1940) Albert Camus est né en Algérie, à Mondovi, dans la province de Constantine. Par l'ascendance maternelle, il avait du sang espagnol. Il n'a pas connu son père, humble ouvrier caviste, qui mourut à la guerre dès 1914. Il vécut une enfance triste à Alger, auprès de sa mère, une femme fruste et taciturne, dans un appartement d'une extrême pauvreté; à seize ans, il subit une première atteinte de tuberculose. Élevé d'abord à l'école communale, puis boursier au lycée et étudiant à la Faculté, il accomplit de brillantes études; son maître Jean Grenier éveille sa vocation de philosophe. Il s'enflamme pour les idées, mais aussi pour le sport, pour le théâtre. Après un premier mariage à vingt ans, il mène une vie indépendante, enrichie d'expériences multiples : il anime une troupe dramatique, s'initie au journalisme, adhère un moment au parti communiste et lutte pour l'émancipation musulmane.

« La brève existence d'Albert Camus est marquée à la fois par l'ardeur de vivre et par l'angoisse.

Camus décrit l'homme en proie à l'Absurde, puis dressé contre les misères de sa condition dans une révolte féconde; mais il éprouve de plus en plus cruellement la difficulté de construire une sagesse. LA JEUNESSE FIÉVREUSE (1913-1940) Albert Camus est né en Algérie, à Mondovi, dans la province de Constantine.

Par l'ascendance maternelle, il avait du sang espagnol.

Il n'a pas connu son père, humble ouvrier caviste, qui mourut à la guerre dès 1914.

Il vécut une enfance triste à Alger, auprès de sa mère, une femme fruste et taciturne, dans un appartement d'une extrême pauvreté; à seize ans, il subit une première atteinte de tuberculose.

Élevé d'abord à l'école communale, puis boursier au lycée et étudiant à la Faculté, il accomplit de brillantes études; son maître Jean Grenier éveille sa vocation de philosophe.

Il s'enflamme pour les idées, mais aussi pour le sport, pour le théâtre.

Après un premier mariage à vingt ans, il mène une vie indépendante, enrichie d'expériences multiples : il anime une troupe dramatique, s'initie au journalisme, adhère un moment au parti communiste et lutte pour l'émancipation musulmane. L'ARDEUR DE VIVRE : « NOCES » Les premiers essais littéraires d'Albert Camus témoignent de cette fièvre.

L'Envers et l'Endroit (1937) est un livre plein de confidences discrètes et poignantes : on y devine les élans d'un être meurtri, mais impatient de vivre.

Les quatre récits lyriques de Noces (1938) témoignent de cet amour pour la vie, étroitement associé par endroits à la pensée horrifiante de la mort. Noces à Tipasa.

Sur la plage de Tipasa, devant les ruines de la cité romaine, un jeune homme, fils d'une race « née du soleil et de la mer », célèbre la joie de ses « noces » avec la nature. Le Vent à Djemila.

Au crépuscule, dans le silence tragique d'une ville morte, il exalte la lucidité qui lui permettra d'affronter jusqu'au bout son destin. L'Eté à Alger.

La ville d'Alger, lumineuse et sans passé, enseigne, sous un soleil implacable, «à ne pas tricher », à choisir la vie, à écarter les spéculations sur l'ombre et sur l'au-delà. Le Désert.

Les maîtres toscans de la peinture proclament dans leurs chefs-d'oeuvre « cette double vérité du corps et de l'instant...

qui doit nous enchanter, mais périr à la fois ». LA MATURITÉ TOURMENTÉE (1940-1960) A la déclaration de guerre, Camus tente de s'engager, mais une commission médicale le réforme.

En 194o, entravé par la censure dans son activité de journaliste et en butte à l'hostilité des milieux officiels, il quitte Alger pour Paris, où il se remarie avec une Oranaise.

L'occupation allemande, la misère, sous un ciel gris, des « banlieues froides » et des « faubourgs industriels », le rendent plus cruellement sensible aux problèmes sociaux et à la peine des hommes. Il prend une part active à la Résistance, fonde à la Libération le journal Combat, où il publie des éditoriaux d'une haute tenue, et poursuit, à la lumière de l'actualité, une méditation dont son oeuvre littéraire presque tout entière va porter la marque. LE CYCLE DE L'ABSURDE Albert Camus a médité ses propres souffrances; il a lu les oeuvres des philosophes qui, comme Kierkegaard, Jaspers ou Heidegger, ont mis l'accent sur les contradictions de l'univers, celles des romanciers qui, comme Dostoïevski ou Kafka, ont illustré les aspects tragiques de la condition humaine.

La détresse d'une époque tourmentée achève de le convaincre que le monde est plongé dans l'absurdité.

Un roman, L'Étranger (conçu en 1937, mais rédigé en 194o et publié en 1942), un essai, Le Mythe de Sisyphe (1942), deux drames, Le Malentendu (créé en 1944) et Caligula (conçu en 1937, créé en 1945), concourent à former dans son oeuvre, selon sa propre expression, un « cycle de l'Absurde ».

Le paisible héros de L'Étranger est pris tout à coup dans un engrenage qui semble calculé pour le broyer; Caligula cède à un désespoir qui éveillera sa fureur d'action destructive et meurtrière; les personnages du Malentendu succombent à la mécanique aveugle d'un hasard que ne contrôle aucune providence; Sisyphe accomplit éternellement, sans faiblesse, mais sans illusion, une tâche inutile. L'Etranger. Le narrateur, Meursault, est un personnage singulier, qui semble dépourvu de toute sensibilité, Je toute curiosité, de tout élan; il vit dans l'imméJiat et n'obéit qu'aux exigences élémentaires Je ses instincts ou de ses sens; pour le reste, I se détermine comme au hasard, car il a conclu, une fois pour toutes, à l'absurdité de l'existence et pense que toutes les conditions se valent.

Meursault expose comment il est devenu en quelques secondes, sous le soleil brûlant d'une plage algérienne, le meurtrier d'un Arabe.

Il raconte ensuite son procès : plusieurs témoignages l'accablent, car l'apparente insouciance dont il a donné le spectacle après la mort de sa mère est interprétée comme un signe de monstruosité morale; ses réponses déconcertantes achèvent d'indisposer ses juges, qui le condamnent à mort. Caligula.. »

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