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« La poésie, écrit Victor Hugo, c'est ce qu'il y a d'intime en tout ». Expliquez ?

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Corneille a projeté dans ses tragédies ses rêves de grandeur et d'héroïsme, Racine et Molière leur vision personnelle de l'Homme. II. - La vision de l'Univers : « Poète » vient d'un mot grec qui signifie « créateur ». La poésie est effectivement un effort pour « rendre » tel qu'il apparaît aux yeux, à la sensibilité ou à l'imagination de l'auteur et par suite en fonction de ses connaissances, et surtout de son état d'âme, le monde extérieur : a) Un paysage est toujours vu à travers un tempérament. Même extérieur à celui qui le décrit, l'évoque ou le suggère, il reflète son choix, et, par suite, un état d'esprit. Lamartine est plutôt sensible à l'harmonie qu'aux couleurs, Hugo aux contrastes, Vigny aux symboles (comparer Soleil couchant de Hérédia et Soleils couchants de Verlaine). b) D'autre part, le poète1 établit volontiers des comparaisons qui superposent au monde réel un monde imaginé, et enrichissent ou interprètent l'observation, en lui substituant un univers mythique ou visionnaire. Le procédé est constant chez Victor Hugo (Ex. : Stella dans les Châtiments). c) Enfin, à partir du Symbolisme et de ses précurseurs, (Nerval et Baudelaire), la poésie est un effort pour découvrir le sens caché des choses.

« « La poésie, écrit Victor Hugo, c'est ce qu'il y a d'intime en tout ».

Expliquez. Introduction : a) Il est difficile de donner de la poésie une définition. b) Celle qu'en donne Victor Hugo « La poésie, c'est ce qu'il y a d'intime en tout », a au moins le mérite d'être brève, sinon précise. c) Victor Hugo veut dire que, non seulement le poète exprime dans son oeuvre ses sentiments les plus intimes, mais encore qu'il y suggère une vision du monde différente des apparences sensibles au premier abord. I.

— L'expression des sentiments intimes : a) Elle apparaît évidemment dans les poèmes lyriques, puisque ceux-ci sont par définition « l'expression de sentiments personnels sur des thèmes communs ».

Le poète lyrique est celui qui nous confie^ ses souvenirs, ses espérances, ses amertumes, ses désespoirs et ses rêves. b) Mais elle se manifeste aussi même dans les oeuvres où le poète semble avoir voulu se proposer de reproduire des êtres différents de lui.

Corneille, Racine, Molière, Hugo lui-même ont fait vivre sur la scène des personnages, sans doute différents d'eux-mêmes, mais qu'ils ont marqués de leur personnalité et de leur « griffe ».

L'univers cornélien ne ressemble pas à celui de Racine, et il n'y a d'art qu'à ce prix.

Dans une formule restée célèbre, Hugo opposait le génie lyrique au génie dramatique en disant « génie lyrique, être soi; génie dramatique, être les autres ».

Mais on ne peut peindre les autres que tels qu'on les voit, et par suite on se peint encore soi-même en peignant les autres.

Corneille a projeté dans ses tragédies ses rêves de grandeur et d'héroïsme, Racine et Molière leur vision personnelle de l'Homme. II.

— La vision de l'Univers : « Poète » vient d'un mot grec qui signifie « créateur ».

La poésie est effectivement un effort pour « rendre » tel qu'il apparaît aux yeux, à la sensibilité ou à l'imagination de l'auteur et par suite en fonction de ses connaissances, et surtout de son état d'âme, le monde extérieur : a) Un paysage est toujours vu à travers un tempérament.

Même extérieur à celui qui le décrit, l'évoque ou le suggère, il reflète son choix, et, par suite, un état d'esprit.

Lamartine est plutôt sensible à l'harmonie qu'aux couleurs, Hugo aux contrastes, Vigny aux symboles (comparer Soleil couchant de Hérédia et Soleils couchants de Verlaine). b) D'autre part, le poète1 établit volontiers des comparaisons qui superposent au monde réel un monde imaginé, et enrichissent ou interprètent l'observation, en lui substituant un univers mythique ou visionnaire.

Le procédé est constant chez Victor Hugo (Ex. : Stella dans les Châtiments). c) Enfin, à partir du Symbolisme et de ses précurseurs, (Nerval et Baudelaire), la poésie est un effort pour découvrir le sens caché des choses.

Pour Baudelaire, la Nature est un temple tout rempli de symboles (Correspondances).

Les objets extérieurs ne sont plus que des représentations figurées de nos idées, de nos sentiments, des éléments de pensée, des signes à interpréter. « Mon coeur est un jardin plein de rosiers meurtris » Montesquieu. Conclusion : Ainsi conçue, la poésie se définit comme un effort pour « extérioriser » ce qu'il y a de plus profond non seulement en nous, mais aussi dans l'univers. La définition de Hugo est donc juste.

Elle a, par surcroît, le mérite d'être prophétique et de définir la poésie moderne qui cherche une sur-réalité derrière les apparences sensibles plutôt que derrière les constructions de la science.. »

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