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La poésie au XXième siècle

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L'activité poétique s'est orientée, depuis 1940, dans les directions les plus diverses. Pendant la guerre est née une poésie de la Résistance qui, par sa simplicité directe, a su toucher un public populaire : Les Yeux d'Elsa, Le Musée Grévin, La Diane française d'Aragon; Poésie et Vérité, d'Éluard, demeurent d'émouvants témoignages d'une période où la plupart des poètes ont voulu « s'engager » dans leurs oeuvres. Après la Libération, le mystère reprit ses droits; la poésie redevint une aventure : exploration des ressources du langage, des ,richesses du monde ou des secrets de la vie intérieure. Jean Tardieu, Raymond Queneau, non sans humour, jouent avec les mots, les modifient, les désarticulent, les détournent de leur sens ordinaire pour leur donner un pouvoir neuf; plus hardis encore, les « lettristes » (Isidore Isou, Maurice Lemaître) vont jusqu'à renoncer aux mots et prétendent s'en tenir aux ressources sonores de l'alphabet. Henri Pichette fait éclater sa révolte contre la société et la création tout entière. Guillevic évoque avec sécheresse le monde clos des objets, réfractaire à toute prise, à toute approche. Georges Schehadé tente au contraire de nourrir des échanges incessants avec la nature, dans le décor de son Moyen-Orient, et de construire une sagesse. L'Antillais Aimé Césaire, le Sénégalais Léopold Senghor, affirment, l'un avec une violence éruptive, l'autre avec une éloquence imagée, soutenue par le mouvement du verset claudélien, leur fidélité à la vocation de leur race et de leur pays. Marie Noël, Patrice de la Tour du Pin, Luc Estang, Jean-Claude Renard formulent un message spiritualiste. Une attention particulièrement vive a consacré le renom de Francis Ponge, de. Henri Michaux, de Jacques Prévert, de René Char, de Pierre Emmanuel, d'Yves Bonnefoy.

« POETES D'AUJOURD'HUI L'activité poétique s'est orientée, depuis 1940, dans les directions les plus diverses.

Pendant la guerre est née une poésie de la Résistance qui, par sa simplicité directe, a su toucher un public populaire : Les Yeux d'Elsa, Le Musée Grévin, La Diane française d'Aragon; Poésie et Vérité, d'Éluard, demeurent d'émouvants témoignages d'une période où la plupart des poètes ont voulu « s'engager » dans leurs oeuvres.

Après la Libération, le mystère reprit ses droits; la poésie redevint une aventure : exploration des ressources du langage, des ,richesses du monde ou des secrets de la vie intérieure. Jean Tardieu, Raymond Queneau, non sans humour, jouent avec les mots, les modifient, les désarticulent, les détournent de leur sens ordinaire pour leur donner un pouvoir neuf; plus hardis encore, les « lettristes » (Isidore Isou, Maurice Lemaître) vont jusqu'à renoncer aux mots et prétendent s'en tenir aux ressources sonores de l'alphabet.

Henri Pichette fait éclater sa révolte contre la société et la création tout entière.

Guillevic évoque avec sécheresse le monde clos des objets, réfractaire à toute prise, à toute approche.

Georges Schehadé tente au contraire de nourrir des échanges incessants avec la nature, dans le décor de son Moyen-Orient, et de construire une sagesse.

L'Antillais Aimé Césaire, le Sénégalais Léopold Senghor, affirment, l'un avec une violence éruptive, l'autre avec une éloquence imagée, soutenue par le mouvement du verset claudélien, leur fidélité à la vocation de leur race et de leur pays.

Marie Noël, Patrice de la Tour du Pin, Luc Estang, Jean-Claude Renard formulent un message spiritualiste.

Une attention particulièrement vive a consacré le renom de Francis Ponge, de.

Henri Michaux, de Jacques Prévert, de René Char, de Pierre Emmanuel, d'Yves Bonnefoy. FRANCIS PONGE (né en 1899) Francis Ponge déclare épouser « le parti pris des choses ».

Dédaigneux du lyrisme et du symbolisme, il fixe un regard aigu et patient sur le monde des objets.

Ses poèmes, recueillis en un Tome premier (1965), font penser aux natures mortes de Chardin, dont il loue la consistance et la rigueur.

Il tente de saisir et de transposer, grâce aux ressources du langage, la réalité matérielle du galet, « aveugle, solide et sec dans sa profondeur », du mimosa dont les boules jaunes « piaillent d'or », du papillon, du savon, de l'huître ou de la crevette.

Au-delà de l'observation pittoresque dont se contentait Jules Renard, il tâche de pénétrer au coeur des choses et de rendre chaque objet présent dans sa spécificité irréductible : « La moindre nature morte est un paysage métaphysique.

» Ponge élabore ainsi pièce à pièce, selon la formule de Sartre, une « phénoménologie de la Nature ».

Entreprise malaisée, dont il a souligné la difficulté : « Nous risquons à chaque instant la médiocrité, la platitude; ou la mièvrerie, la préciosité.

» Aussi choisit-il les points de vue et pèse-t-il les mots qui doivent donner relief et densité à sa représentation.

Cet objectivisme a d'ailleurs ses limites et se nuance souvent d'humour ou de fantaisie mystificatrice. HENRI MICHAUX (né en 1899) Henri Michaux est un Belge, né à Namur.

Il voyagea beaucoup dans sa jeunesse.

Ses débuts d'écrivain sont antérieurs à la seconde guerre mondiale (Qui je fus, 1927; Mes Propriétés, 1929; Un Certain Plume, 1930).

Mais son importance n'a été généralement reconnue qu'après 1940 (L'Espace du dedans, 1944; Ailleurs, 1948; Vents et Poussières, 1962). Henri Michaux est obsédé par la pensée des « puissances hostiles » qui environnent l'homme moderne.

Cette menace est symbolisée par les extravagantes aventures de son héros Plume, dont le seul nom suggère l'inconsistance et la fragilité.

Mais le poète ne se résigne pas; il cherche dans son art un refuge, une revanche ou une vengeance contre les cruautés de l'existence.

Tantôt il s'évade vers des pays imaginaires, « Grande Garabagne » ou « Poddema »; tantôt il s'enferme en lui-même et découvre « l'espace du dedans ».

Sa protestation s'exprime quelquefois en accents pathétiques (« Emportez-moi, ou plutôt enfouissez-moi »), mais se dérobe souvent aussi sous les apparences d'une objectivité glacée ou d'un sombre humour (« Je vois là-bas un être sans tête qui grimpe à une perche sans fin »).

Henri Michaux a créé à son usage un style poétique nouveau, agressif et musclé, qui bouscule les conventions pour exprimer, dans leur singularité, les mouvements fugaces de sa vie intérieure; en jaillissant du plus profond de son être, les mots prennent une valeur d' « exorcisme » et conjurent le mauvais destin JACQUES PRÉVERT (né en 1900) Jacques Prévert, né à Neuilly, a fortement subi l'empreinte du surréalisme.

Il se révéla en 193 i par une fantaisie humoristique et satirique, Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France; puis il s'imposa au cinéma comme un scénariste de grand talent.

Il continuait cependant à écrire des poèmes, qu'il dispersait dans des revues ou qu'il abandonnait à des amis sans paraître y attacher d'importance.

Ces poèmes furent recueillis en 1946 sous le titre Paroles; ils connurent un vif succès et, mis presque tous en musique par Joseph Kosma, atteignirent un public populaire. La poésie de Prévert, limpide et spontanée, emprunte la plupart de ses thèmes à la réalité quotidienne.

Les objets familiers, les scènes de rue, les faits divers y jouent souvent un rôle, plaisant ou pathétique.

Mais l'esprit du poète est trop actif et trop agile pour se contenter de décrire : un mot en appelle un autre, un objet fait penser à un autre objet; coq-à-l'âne et calembours se succèdent, entraînés par un mécanisme irrésistible; le hasard d'une association capricieuse, en libérant des images neuves, ouvre des perspectives insoupçonnées.

Cette verve n'est pas toujours gratuite : elle s'exerce, non sans violence, contre les hommes qui, par intérêt ou par fonction,. »

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