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Jean de LA FONTAINE (1621-1695) (Recueil : Les Fables) - Le Corbeau voulant imiter l'Aigle

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Jean de LA FONTAINE (1621-1695) (Recueil : Les Fables) - Le Corbeau voulant imiter l'Aigle L'Oiseau de Jupiter enlevant un mouton, Un Corbeau témoin de l'affaire, Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton, En voulut sur l'heure autant faire. Il tourne à l'entour du troupeau, Marque entre cent Moutons le plus gras, le plus beau, Un vrai Mouton de sacrifice : On l'avait réservé pour la bouche des Dieux. Gaillard Corbeau disait, en le couvant des yeux : Je ne sais qui fut ta nourrice ; Mais ton corps me paraît en merveilleux état : Tu me serviras de pâture. Sur l'animal bêlant à ces mots il s'abat. La Moutonnière créature Pesait plus qu'un fromage, outre que sa toison Etait d'une épaisseur extrême, Et mêlée à peu près de la même façon Que la barbe de Polyphème. Elle empêtra si bien les serres du Corbeau Que le pauvre animal ne put faire retraite. Le Berger vient, le prend, l'encage bien et beau, Le donne à ses enfants pour servir d'amusette. Il faut se mesurer, la conséquence est nette : Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs. L'exemple est un dangereux leurre : Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands Seigneurs ; Où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure.

« Jean de La Fontaine, Les Fables, « Le Corbeau voulant imiter l'Aigle ». 1. L'Oiseau de Jupiter enlevant un mouton, 2. Un Corbeau témoin de l'affaire, 3. Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton, 4. En voulut sur l'heure autant faire. 5. Il tourne à l'entour du troupeau, 6. Marque entre cent Moutons le plus gras, le plus beau, 7. Un vrai Mouton de sacrifice : 8. On l'avait réservé pour la bouche des Dieux. 9. Gaillard Corbeau disait, en le couvant des yeux : 10. Je ne sais qui fut ta nourrice ; 11. Mais ton corps me paraît en merveilleux état : 12. Tu me serviras de pâture. 13. Sur l'animal bêlant à ces mots il s'abat. 14. La Moutonnière créature 15. Pesait plus qu'un fromage, outre que sa toison 16. Etait d'une épaisseur extrême, 17. Et mêlée à peu près de la même façon 18. Que la barbe de Polyphème. 19. Elle empêtra si bien les serres du Corbeau 20. Que le pauvre animal ne put faire retraite. 21. Le Berger vient, le prend, l'encage bien et beau, 22. Le donne à ses enfants pour servir d'amusette. 23. Il faut se mesurer, la conséquence est nette : 24. Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs. 25. L'exemple est un dangereux leurre : 26. Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands Seigneurs ; 27. Où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure. Jean de La Fontaine (1621-1695) : poète, moraliste, dramaturge, librettiste et romancier qui a vécu au temps de Louis XIV. Ses Fables, écrites entre 1668 et 1694, constituent la principale œuvre poétique du classicisme, et l'un des plus grands chefs d'œuvre de la littérature française. Ces fables furent écrites dans un but éducatif et étaient adressées au Dauphin. « Le Corbeau voulant imiter l’Aigle » : Fable : apologue > récit comportant une morale. Votre commentaire doit donc s’attacher à montrer comment le fabuliste parvient à faire réfléchir son lecteur tout en le distrayant par un récit entraînant. I- « Le Corbeau voulant imiter l’Aigle », un texte plaisant à lire A- Un poème • Fable qui est en vers (NB : la fable est un genre qui peut aussi s’écrire en prose. Choix de La Fontaine d’écrire en vers VS Esope par exemple). vers. • Véritable poème de La Fontaine. Alternance d’alexandrins et d’octosyllabes. • Disposition des rimes : n’est pas toujours la même. - Rimes croisées, du type ABAB. Ex : « mouton ; l'affaire ; glouton ; faire ». - Rimes suivies, du type AABB. Ex : « troupeau ; beau ». - Rimes embrassées, du type ABBA. Ex : « sacrifice ; Dieux ; yeux ; nourrice ». »

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