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George Eliot

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C’est un homme qui a révélé à elle-même Marian Evans, dite George Eliot. Sa vie de femme et sa carrière d’écrivain commencent sur le tard, sans que surgisse entre elles le moindre conflit. Elle a réussi à mener une vie qui défiait les conventions, mais dans l’équilibre. Cette bonne ménagère, qui s’interrompt d’écrire Les Scènes de la vie du clergé pour préparer une tarte aux prunes, trouve sa plénitude jusque dans l’acte d’écrire. On aime retrouver ses romans à la lumière du souvenir, comme elle-même a fait de sa propre vie. Des scènes restent en mémoire : la passion de Maggie et Stephen dans le Moulin de Floss, les gants raccommodés de Millie dans les Scènes de la vie du clergé, Silas Marner marchant dans la neige. Ses moins bons livres (Daniel Deronda, Romola), inspirés par la revendication sociale, font un peu “ romans à thèse ”. Elle a exploité son fonds de vie rurale, et le reste était demeuré étranger à cette seconde nature que tout artiste porte en lui et d’où, même s’il essaie de se “ renouveler ”, il doit nécessairement tirer le meilleur de sa création. Exempte de vanité, George Eliot ne lisait jamais les articles sur ses livres, disant que cela gênerait celui qu’elle était en train d’écrire : fausse rétrospection, celle de l’intelligence critique, au lieu de la résurrection romanesque. Les femmes sont un peut sybilles : par son sens profond du temps, elle anticipe sur son époque. Et l’on comprend l’attirance que Proust éprouvait pour elle : avec Ruskin, elle a puissamment contribué à le révéler à lui-même, si bien qu’on peut le regarder comme son enfant posthume. A défaut de l’autre, elle aura eu, du moins, la maternité spirituelle.

« George Eliot 1819-1880 C'est un homme qui a révélé à elle-même Marian Evans, dite George Eliot. Sa vie de femme et sa carrière d'écrivain commencent sur le tard, sans que surgisse entre elles le moindre conflit. Elle a réussi à mener une vie qui défiait les conventions, mais dans l'équilibre. Cette bonne ménagère, qui s'interrompt d'écrire Les Scènes de la vie du clergé pour préparer une tarte aux prunes, trouve sa plénitude jusque dans l'acte d'écrire. On aime retrouver ses romans à la lumière du souvenir, comme elle-même a fait de sa propre vie. Des scènes restent en mémoire : la passion de Maggie et Stephen dans le Moulin de Floss, les gants raccommodés de Millie dans les Scènes de la vie du clergé, Silas Marner marchant dans la neige. Ses moins bons livres (Daniel Deronda, Romola), inspirés par la revendication sociale, font un peu “ romans à thèse ”. Elle a exploité son fonds de vie rurale, et le reste était demeuré étranger à cette seconde nature que tout artiste porte en lui et d'où, même s'il essaie de se “ renouveler ”, il doit nécessairement tirer le meilleur de sa création. Exempte de vanité, George Eliot ne lisait jamais les articles sur ses livres, disant que cela gênerait celui qu'elle était en train d'écrire : fausse rétrospection, celle de l'intelligence critique, au lieu de la résurrection romanesque. Les femmes sont un peut sybilles : par son sens profond du temps, elle anticipe sur son époque. Et l'on comprend l'attirance que Proust éprouvait pour elle : avec Ruskin, elle a puissamment contribué à le révéler à lui-même, si bien qu'on peut le regarder comme son enfant posthume. A défaut de l'autre, elle aura eu, du moins, la maternité spirituelle. »

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