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Extrait de Quatre vingt treize de Victor Hugo : Les rues de Paris en ce temps là

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« On vivait en public ; on mangeait sur des tables dressées devant les portes ; les femmes assises sur les perrons des églises faisaient de la charpie en chantant la Marseillaise ; le parc Monceaux et le Luxembourg étaient des champs de manœuvre ; il y avait dans tous les carrefours des armureries en plein travail, on fabriquait des fusils sous les yeux des passants qui battaient des mains ; on n'entendait que ce mot dans toutes les bouches : Patience. Nous sommes en révolution. On souriait héroïquement. On allait au spectacle comme à Athènes pendant la guerre du Péloponnèse ; on voyait affichés au coin des rues : Le Siège de Thionville. - La Mère de famille sauvée des flammes. - Le Club des Sans-soucis. - L'Aînée des papesses Jeanne. - Les Philosophes soldats. - L'Art d'aimer au village. - Les Allemands étaient aux portes ; le bruit courait que le roi de Prusse avait fait retenir des loges à l'Opéra. Tout était effrayant et personne n'était effrayé. La ténébreuse loi des suspects, qui est le crime de Merlin de Douai, faisait la guillotine visible au-dessus de toutes les têtes. Un procureur, nommé Séran, dénoncé, attendait qu'on vînt l'arrêter, en robe de chambre et en pantoufles, et en jouant de la flûte à sa fenêtre. Personne ne semblait avoir le temps. Tout le monde se hâtait. Pas un chapeau qui n'eût une cocarde. Les femmes disaient : Nous sommes jolies sous le bonnet rouge. Paris semblait plein d'un déménagement. Les marchands de bric-à-brac étaient encombrés de couronnes, de mitres, de sceptres en bois doré et de fleurs de lys, défroques des maisons royales. C'était la démolition de la monarchie qui passait ». Extrait de Quatre vingt treize de Victor Hugo : Les rues de Paris en ce temps là.

« Extrait de “Quatre vingt treize” de Victor Hugo Les rues de Paris en ce temps là « On vivait en public ; on mangeait sur des tables dressées devant les portes ; les femmes assises sur les perrons des églises faisaient de la charpie en chantant la Marseillaise ; le parc Monceaux et le Luxembourg étaient des champs de manœuvre ; il y avait dans tous les carrefours des armureries en plein travail, on fabriquait des fusils sous les yeux des passants qui battaient des mains ; on n'entendait que ce mot dans toutes les bouches : Patience. Nous sommes en révolution.

On souriait héroïquement.

On allait au spectacle comme à Athènes pendant la guerre du Péloponnèse ; on voyait affichés au coin des rues : Le Siège de Thionville.

- La Mère de famille sauvée des flammes.

Le Club des Sans-soucis.

- L'Aînée des papesses Jeanne.

- Les Philosophes soldats.

- L'Art d'aimer au village.

- Les Allemands étaient aux portes ; le bruit courait que le roi de Prusse avait fait retenir des loges à l'Opéra.

Tout était effrayant et personne n'était effrayé.

La ténébreuse loi des suspects, qui est le crime de Merlin de Douai, faisait la guillotine visible au-dessus de toutes les têtes.

Un procureur, nommé Séran, dénoncé, attendait qu'on vînt l'arrêter, en robe de chambre et en pantoufles, et en jouant de la flûte à sa fenêtre.

Personne ne semblait avoir le temps. Tout le monde se hâtait.

Pas un chapeau qui n'eût une cocarde.

Les femmes disaient : Nous sommes jolies sous le bonnet rouge.

Paris semblait plein d'un déménagement.

Les marchands de bric-à-brac étaient encombrés de couronnes, de mitres, de sceptres en bois doré et de fleurs de lys, défroques des maisons royales.

C'était la démolition de la monarchie qui passait ». Le roman Quatre-vingt-treize, publié en 1874, est une œuvre écrite par Victor Hugo qui mêle les personnages historiques et fictifs.

Le titre désigne l'année 1793, importante dans l'histoire de la Révolution, car elle celle qui a vu le début de la Terreur et l'écrasement des révoltes pro-royalistes de Vendée.

Dans le texte qui nous occupe tout particulièrement, Victor Hugo dépeint une série d’actions, de détails de la vie de cette époque dans l’intention de recréer une image complète, pourquoi pas exhaustive, d’une époque du passe.

Nous avons donc affaire a une série de notations sur le mode de l’accumulation qui ont non seulement pour but de délivrer des informations au lecteur, mais aussi de permettre a ce dernier de se faire une idée précise de cette époque, d’en respirer comme l’odeur, d’en sentir l’atmosphère particulière.

Mais si Victor Hugo fait œuvre d’historien dans ce texte, il n’en demeure pas moins avant tout un romancier, dans la mesure où son œuvre ne se contente pas de restituer des faits, mais également de faire accéder ces derniers à une dimension que nous pouvons sans doute qualifié a juste titre de mythique. La question au centre de notre travail sera donc de voir dans quelle mesure Victor Hugo réalise une véritable fresque romanesque qui a pour but de faire accéder le récit historique à une dimension mythique. Si nous pouvons voir dans un premier temps dans quelle mesure nous avons affaire a une page de roman historique en quête d’objectivité, nous pouvons étudier également un aspect de la technique romanesque de l’auteur, qui recherche ce que la situation de l’époque pouvait avoir de pittoresque, avant de voir de voir de quelle manière l’histoire est mythifiée par le roman, celui-ci empruntant une technique à proprement parler picturale pour créer une fresque historique. I. a. La recherche d’objectivité historique Les allusions nombreuses à l’actualité de l’époque de référence Nous commencerons par étudier ce texte en montrant que nous avons affaire à une véritable page de roman historique.

En effet, étudiant ce texte, nous pouvons noter un grand nombre de références à l’actualité de l’époque de référence.

Par exemple : On allait au spectacle comme à Athènes pendant la guerre du Péloponnèse Ou : Le parc Monceaux et le Luxembourg étaient des champs de manœuvre Il faut à ce titre remarquer que l’auteur s’est consacré à un long travail préparatoire, de sorte a nourrir son œuvre. »

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