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Alexandre Dumas, Pauline.

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Alexandre Dumas, Pauline. Le balcon de ma chambre donnait sur ces jardins enchantés que nous avions vus du lac en nous approchant de Sesto. Au milieu des touffes de citronniers et des massifs de lauriers-roses, quelques statues debout sur leurs piédestaux se détachaient aux rayons de la lune, blanches comme des ombres. A force de fixer les yeux sur une d'elles, ma vue se troubla, il me sembla la voir s'animer et qu'elle me faisait signe de la main en me montrant la terre. Bientôt cette illusion fut si grande que je crus m'entendre appeler ; je portai mes deux mains à mon front, car il me semblait que je devenais fou. Mon nom, prononcé une seconde fois dune voix plus plaintive, me fit tressaillir, je rentrai dans ma chambre et j'écoutai ; une troisième fois mon nom arriva jusqu'à moi, mais plus faible. La voix venait de l'appartement à coté, c'était Pauline qui m'appelait, je m'élançai dans sa chambre. C'était bien elle… elle, expirante, et qui n'avait pas voulu mourir seule, et qui, voyant que je ne lui répondais pas, était descendue de son lit pour me chercher dans son agonie ; elle était à genoux sur le parquet… Je me précipitais vers elle, voulant la prendre dans mes bras, mais elle me fit signe qu'elle avait quelque chose à me demander… Puis, ne pouvant parler et sentant qu'elle allait mourir, elle saisit la manche de ma chemise l'arracha avec ses mains, mit à découvert la blessure à peine refermée, que trois mois auparavant m'avait faite la balle du comte Horace, et, me montrant du doigt la cicatrice, elle poussa un cri, se renversa en arrière et ferma les yeux. Je la portai sur son lit, et je n'eus que le temps d'approcher mes lèvres des siennes pour recueillir son dernier souffle et ne pas perdre son dernier soupir. La volonté de Pauline fut accomplie ; elle dort dans un de ces jardins qui dominent le lac, au milieu du parfum des orangers et sous l'ombrage des myrtes et des lauriers-roses.

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