Citations La Bruyère
Publié le 07/10/2026
Extrait du document
«
Citations du Discours sur Théophraste :
« En effet les hommes n'ont point changé selon le cœur et selon les passions, ils sont encore tels qu'ils
étaient alors, et qu'ils sont marqués dans Théophraste, vains, dissimulés, flatteurs, intéressés, effrontés,
importuns, défiants, médisants, querelleux, superstitieux.
» (Discours sur Théophraste, p.69)
La Bruyère écrit dans son « Discours sur Théophraste » introductif : « L'on a cru pouvoir se dispenser de
suivre le projet de ce philosophe [Théophraste] » (p.71) ; en effet, « cette unique figure qu'on appelle
description ou énumération, employée avec tant de succès dans ces vingt-huit chapitres des Caractères,
pourrait en avoir un beaucoup moindre, si elle était traitée par un génie fort inférieur à celui de Théophraste
» (Discours sur Théophraste, p.71).
Citations de la préface :
« Admonere voluimus, non mordere ; prodesse, non laedere ; consulere moribus hominum, non officere.
» « Nous avons
voulu avertir / mettre en garde et non pas mordre, être utile et non blesser, servir les mœurs des hommes,
et non lui faire obstacle.
» (Epigraphe d’Erasme)
« Je rends au public ce qu’il m’a prêté : j’ai emprunté de lui la matière de cet ouvrage […] : il peut regarder
avec loisir ce portrait que j’ai fait de lui d’après nature, et s’il se connaît quelques-uns des défauts que je
touche, s’en corriger.
(IV) C’est l’unique fin que l’on se proposer en écrivant.
» (Préface, page 117)
« On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l'instruction ; et s'il arrive que l'on plaise, il ne faut pas
néanmoins s'en repentir, si cela sert à insinuer et à faire recevoir les vérités qui doivent instruire […] »
(Préface, page 118)
« ce sont les caractères ou les mœurs de ce siècle que je décris : (VIII) car bien que je les tire souvent de la
cour de France et des hommes de ma nation, on ne peut pas néanmoins les restreindre à une seule cour ni
les renfermer en un seul pays, sans que mon livre ne perde beaucoup de son étendue et de son utilité, ne
s'écarte du plan que je me suis fait d'y peindre les hommes en général, » (Préface, p.118)
« Ce ne sont point au reste des maximes que j'aie voulu écrire ; elles sont comme des lois dans la morale,
et j'avoue que je n'ai ni assez d'autorité ni assez de génie pour faire le législateur : je sais même que j'aurais
péché contre l'usage des maximes, qui veut qu'à la manière des oracles elles soient courtes et concises ;
quelques-unes de ces remarques le sont, quelques autres sont plus étendues : on pense les choses d'une
manière différente, et on les explique par un tour aussi tout différent ; par une sentence, par un
raisonnement, par une métaphore ou quelque autre figure, par un parallèle, par une simple comparaison,
par un fait tout entier, par un seul trait, par une description, par une peinture ; de là procède la longueur
ou la brièveté de mes réflexions : ceux enfin qui font des maximes veulent être crus : je consens au contraire
que l'on dise de moi que je n'ai pas quelquefois bien remarqué, pourvu que l'on remarque mieux.
» (Préface,
p.
121)
Citations de la Préface du Discours de réception à l’académie française :
« Je ne suis ni auteur ni complice de ces clefs qui courent » (Préface du Discours de réception, p.
615)
« Il faut que mes peintures expriment bien l’homme en général, puisqu’elles ressemblent à tant de
particuliers […].
J’ai peint à la vérité d’après nature, mais je n’ai pas toujours songé à peindre celui-ci ou
1
celle-là dans mon livre des Mœurs.
Je ne me suis point loué au public pour faire des portraits qui ne fussent
que vrais et ressemblants […].
Me rendant plus difficile, je suis allé plus loin : j’ai pris un trait d’un côté
et un trait d’un autre ; et de ces divers traits qui pouvaient convenir à une même personne, j’en ai fait des
peintures vraisemblables, cherchant moins à réjouir les lecteurs par le caractère, ou comme le disent les
mécontents, par la satire de quelqu’un, qu’à leur proposer des défauts à éviter et des modèles à suivre.
»
(Préface du Discours de réception, p.616)
Citations critiques :
•
Tension fixité / variabilité, complexité.
Tension définition / description.
M.
Escola, La Bruyère, I, Brèves questions d’herméneutique, Paris, Honoré Ch., 2001 : « Le caractère n’apparaît
plus comme une donnée brute que le discours moral n’aurait qu’à formuler, mais précisément comme une
interprétation du comportement, le modèle à l’aide duquel on peut lire les conduites – et la validité même
de ces modèles peut être mise en question.
»
R.
Barthes, « La Bruyère : du mythe à l’écriture », dans Essais critiques : « On a dit de Leibniz, à peu près
contemporain de La Bruyère, qu’il avait été le dernier homme à pouvoir connaître de toutes choses ; La
Bruyère a peut-être été lui aussi le dernier moraliste à pouvoir parler de tout l’homme, enclore toutes les
régions du monde humain dans un livre ; il y faudra, moins d’un siècle plus tard, les 33 volumes de
l’Encyclopédie… »
•
Structure fragmentée
Charles-Olivier Stiker-Metral, L’expérience des mœurs.
Étude sur Les Caractères de La Bruyère, PURH, 2019 : « Le
choix du discontinu n’est ainsi ni une coquetterie, ni la marque d’une inaptitude au discours suivi, mais un
choix cohérent, à même de mettre la pensée à l’épreuve de la diversité du réel et de solliciter l’intelligence
du lecteur.
[…] L’écriture par remarques discontinues rend visible le processus par lequel s’élabore un
savoir en perpétuelle expansion et rend sensible la force d’indignation et d’inquiétude qui perce derrière
l’humour, l’ironie et la comédie »
M.
Escola, La Bruyère, I, Brèves questions d’herméneutique, Paris, Honoré Ch., 2001, p.215 : « Une fois les
marques observées, relevées et constituées en série, on postule donc une loi qui les puisse expliquer ; cette
loi, que La Bruyère a parfois la tentation d’énoncer comme nature, c’est la logique du comportement
décrit »
•
Suite de personnages.
Quel rapport existe-t-il entre les éléments décrits et le caractère ainsi
défini ? Sont-ils « nécessaires » ?
« Si la phrase 'classique', celle de Pascal et de La Rochefoucauld, peut être caractérisée comme close ou
synthétique, celle de La Bruyère présente une allure plutôt ouverte et exerce une force essentiellement
analytique, dans la mesure où elle sépare au lieu de réunir, prolonge et désagrège au lieu de concentrer.
[…] qu’il s’agisse des Sannions, de Giton, de Narcisse ou de tel autre, certains des personnages de La
Bruyères agissent comme si leur caractère n’était plus que la somme de leurs possessions, des modes qu’ils
honorent, des idoles humaines et matérielles qu’ils adorent.
» (Jules Brody, Du style à la pensée, Trois études
sur les Caractères de La Bruyère, USA, French Forum, 1980, p.
26-27.)
2
Inventaire des remarques :
•
Les Caractères de Théophraste, Page 79 « De la flatterie »
« La flatterie est un commerce honteux qui n'est utile qu'au flatteur.
Si un flatteur se promène avec quelqu'un dans la place : « Remarquez-vous, lui dit-il, comme tout le monde
a les yeux sur vous ? […] » Il lui dit mille choses de cette nature.
[…]
Si par hasard le vent a fait voler quelques petites pailles sur votre barbe ou sur vos cheveux, il prend soin
de vous les ôter […]
Si celui qu'il veut flatter prend la parole, il impose silence à tous ceux qui se trouvent présents, et il les
force d'approuver aveuglément tout ce qu'il avance, […]
En un mot, le flatteur ne dit rien et ne fait rien au hasard ; mais il rapporte toutes ses paroles et toutes ses
actions au dessein qu'il a de plaire à quelqu'un et d'acquérir ses bonnes grâces.
»
I.
Des ouvrages de l’esprit
« Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes et qui pensent.
Sur
ce qui concerne les mœurs1, le plus beau et le meilleur est enlevé ; l'on ne fait que glaner après les anciens
et les habiles d'entre les modernes.
» (I, 1)
« Il faut chercher seulement à penser et à parler juste, sans vouloir amener les autres à notre goût et à nos
sentiments ; c'est une trop grande entreprise.
» (I, 2)
« Le plaisir de la critique nous ôte celui d'être vivement touchés de très belles choses.
» (I, 20, p.130)
« C'est une expérience faite, que s'il se trouve dix personnes qui effacent d'un livre une expression ou un
sentiment, l'on en fournit aisément un pareil nombre qui les réclame : ceux-ci s'écrient, pourquoi supprimer
cette pensée ? elle est neuve, elle est belle, et le tour en est admirable ; et ceux-là affirment, au contraire,
ou qu'ils auraient négligé cette pensée, ou qu'ils lui auraient donné un autre tour.
Il y a....
»
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