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VOLTAIRE, parlant des grands écrivains du siècle de Louis XIV, écrit : La route était difficile au commencement du siècle parce que personne n'y avait marché : elle l'est aujourd'hui parce qu'elle a été battue. Les grands hommes du siècle passé ont enseigné à penser et à parler : ils ont dit ce qu'on ne savait pas. Ceux qui leur succèdent ne peuvent guère dire que ce qu'on sait. Dans quelle mesure, à votre avis, l'oeuvre même de VOLTAIRE justifie-t-elle cette constatation pessimiste ?

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• Dès lors qu'il se manifeste immédiatement du pour et du contre, vous savez que le plan sera de type dialectique. VOLTAIRE a, en effet, plagié certains grands auteurs du siècle précédent, mais son originalité en de nombreux domaines est évidente. Vous choisirez pour premier point : VOLTAIRE successeur du XVIIe siècle, et pour second : VOLTAIRE novateur. Vous mettrez ainsi en lumière une double progression : a) dans le temps; b) dans la nouveauté. • Mais la longueur de la citation vous invite à la scruter et à y chercher des éléments pour enrichir votre étude. VOLTAIRE évoque deux aspects de la grandeur du siècle de Louis XIV : il a enseigné à penser et à parler; il fut créateur non seulement par ses idées, mais par les formes dont il les revêtit (genres littéraires avec leurs lois, leur ton); votre plan devient ainsi beaucoup plus élaboré : Voltaire successeur... 1. Par sa pensée; 2. Par l'imitation formelle. Voltaire novateur... 1. Par sa pensée; 2. Par les genres qu'il a renouvelés. • Vous rejetterez les répétitions fastidieuses : ne parlez pas de la tragédie dans les deux points. Certes, VOLTAIRE a plagié RACINE, renouvelé le décor, lancé le théâtre à thèse. Pourtant, choisissez : l'écrivain est pour l'essentiel un imitateur. Vous traiterez donc de la tragédie dans la première partie, tout en y signalant quelques réserves.

« VOLTAIRE, parlant des grands écrivains du siècle de Louis XIV, écrit : La route était difficile au commencement du siècle parce que personne n\'y avait marché : elle l\'est aujourd'hui parce qu\'elle a été battue. Les grands hommes du siècle passé ont enseigné à penser et à parler : ils ont dit ce qu'on ne savait pas. Ceux qui leur succèdent ne peuvent guère dire que ce qu'on sait. Dans quelle mesure, à votre avis, l\'oeuvre même de VOLTAIRE justifie-t-elle cette constatation pessimiste ? A. Comprendre le sujet Il s'agit là d'un sujet sur VOLTAIRE seul, en dépit des réflexions de ce dernier sur le XVIIe siècle. VOLTAIRE était persuadé que le génie n'a qu'un siècle, après quoi il faut qu'il dégénère (Siècle de Louis XIV, ch. XXXII : « Des beaux-arts », d'où est tiré l'intitulé de votre sujet). Dès le 24 septembre 1735, il écrivait à Thiériot : Ah! mon ami, quelle barbarie et quelle misère! La nature est épuisée. Le siècle de Louis XIV a tout pris pour lui! Au fond, ces tristes constatations révèlent que l'écrivain craint de demeurer bien au-dessous de ses prédécesseurs. Dans quelle mesure cette crainte vous apparaît-elle aujourd'hui comme fondée? B. Le plan • Dès lors qu'il se manifeste immédiatement du pour et du contre, vous savez que le plan sera de type dialectique. VOLTAIRE a, en effet, plagié certains grands auteurs du siècle précédent, mais son originalité en de nombreux domaines est évidente. Vous choisirez pour premier point : VOLTAIRE successeur du XVIIe siècle, et pour second : VOLTAIRE novateur. Vous mettrez ainsi en lumière une double progression : a) dans le temps; b) dans la nouveauté. • Mais la longueur de la citation vous invite à la scruter et à y chercher des éléments pour enrichir votre étude. VOLTAIRE évoque deux aspects de la grandeur du siècle de Louis XIV : il a enseigné à penser et à parler; il fut créateur non seulement par ses idées, mais par les formes dont il les revêtit (genres littéraires avec leurs lois, leur ton); votre plan devient ainsi beaucoup plus élaboré : Voltaire successeur... 1. Par sa pensée; 2. Par l'imitation formelle. Voltaire novateur... 1. Par sa pensée; 2. Par les genres qu'il a renouvelés. • Vous rejetterez les répétitions fastidieuses : ne parlez pas de la tragédie dans les deux points. Certes, VOLTAIRE a plagié RACINE, renouvelé le décor, lancé le théâtre à thèse. Pourtant, choisissez : l'écrivain est pour l'essentiel un imitateur. Vous traiterez donc de la tragédie dans la première partie, tout en y signalant quelques réserves. C. Connaissances et illustration Vous avez pu, comme cela arrive parfois, dessiner les grands traits de votre plan avant même d'avoir inventorié vos connaissances. Il vous reste maintenant à revêtir de chair ce « squelette ». Comme il s'agit ici de toute l'oeuvre de VOLTAIRE, vous aurez besoin de toutes vos lectures. Un bon manuel vous fournira de précieux renseignements sur des oeuvres que nul ne vous demande d'avoir lues (les tragédies, par exemple). Pour préciser en quoi VOLTAIRE innove, vous devez évidemment connaître convenablement le XVIIe siècle dans ses grandes lignes : tenez-vous-en à vos souvenirs. Dans un manuel, vous vous égareriez. Juste avant le passage sur lequel vous avez à réfléchir, VOLTAIRE a cité : Jean DE LINGENDES (prédicateur), GUEZ DE BALZAC, VOITURE, PATRU (avocat), LA ROCHEFOUCAULD, PASCAL (Provinciales seulement!), BOURDALOUE, BOSSUET, FÉNELON, LA BRUYÈRE, CORNEILLE, RACINE, MOLIÈRE, BOILEAU, LA FONTAINE, QUINAULT ; il a marqué des réserves à propos de FONTENELLE et BAYLE. C'est après cette exposition de talents que l'écrivain se met à jeter sur le papier des réflexions désabusées sur ce qui reste possible à leurs successeurs. Mise en forme de la dissertation Introduction L'influence de VOLTAIRE sur son siècle a été si éclatante et si profonde qu'on serait tenté, comme on parle du siècle de Louis XIV, d'appeler celui qui l'a suivi le siècle de VOLTAIRE. Pourtant l'écrivain, fasciné par le prestige intellectuel de ses grands prédécesseurs, en même temps qu'il célébrait la gloire historique et artistique du Siècle de Louis XIV, accablait de son mépris son propre siècle : Le Génie n'a qu'un siècle, après quoi il faut qu'il dégénère. VOLTAIRE devait donc créer son oeuvre sur une route battue. Puisque les grands hommes du siècle passé avaient enseigné à penser et à parler, que lui restait-il à faire, sinon à répéter leurs idées dans les cadres littéraires qu'ils avaient eux-mêmes créés et illustrés? Pourtant, VOLTAIRE, successeur des écrivains du xvne siècle, n'a-t-il fait que dire ce qu'on sait, ce qu'eux-mêmes avaient déjà si admirablement dit? Esquisse d'un développement I. Voltaire successeur des grands écrivains du XVIIe siècle 1. Par sa pensée. a) L'amour de l'ordre. L'ordre est aux yeux de VOLTAIRE le ressort du progrès de la civilisation (cf. la conclusion de l'Essai sur les moeurs). L'écrivain n'est nullement pour l'égalité : il pense que le peuple doit être maintenu dans l'obéissance et fait appel à ce qu'il considère comme une autre police : la religion. »

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