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Voltaire a déclaré : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. » Sans vous limiter à l'activité de l'auteur de cette réflexion, vous l'expliquerez et en montrerez la portée.

Extrait du document

étude de la citation — Cette citation très connue de Voltaire peut plonger le candidat dans l'embarras. En effet, elle est tellement riche de prolongements possibles qu'il ne verra pas d'emblée un plan de discussion. De plus, cette phrase s'inscrit dans la lutte philosophique de Voltaire. Elle y trouve nécessairement ses sources. Il faut toutefois se méfier de cet angle d'approche : le libellé du devoir met le candidat en garde contre cet écueil ; le devoir ne doit pas être une rétrospective de l'Affaire Calas. (« Sans vous limiter à l'activité de l'auteur de cette réflexion. ») Il faut donc commencer par expliquer les grandes idées qui sous-tendent la citation, pour ensuite bâtir un plan de dissertation en intégrant, entre autres, les activités de Voltaire en ce domaine. recherche d'un plan — La citation, décomposée en trois propositions, permet un large débat. Ainsi, « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites » signifie qu'il y a pluralisme des voix, contradiction dans l'opinion. En rassemblant ses souvenirs de lecture, le candidat peut dégager diverses situations où se manifeste le mieux ce pluralisme des voix. Ainsi, un individu peut être affronté à une administration pour des raisons religieuses ou sociales : la vie de Voltaire offre des exemples intéressants de ce combat individuel. Celui-ci peut être élargi au combat d'une minorité opprimée, puis à celui d'un peuple que l'on a réduit au silence. — Le pluralisme des voix (phénomène qui relève de la seule constatation) conduit lorsqu'il n'est pas autorisé, à la lutte sur tous les plans. « Je me battrai jusqu'au bout », dit Voltaire. Cela implique soit une lutte de l'humanité pour faire respecter ses droits élémentaires, soit une lutte d'une minorité pour sa survie, soit enfin, la lutte de tout individu, sur le plan politique. — La dernière partie de la citation n'est pas à négliger (« pour que vous puissiez le dire »), car elle soulève le problème intéressant des moyens d'expression. Pour que l'on entende toutes ces voix plurielles, il faut assurer une vaste information. On sera conduit .à considérer le rôle de la presse. Il faut aussi des institutions politiques qui autorisent tous les points de vue. Enfin, la liberté d'expression concerne aussi l'écrivain, dont le combat est d' importance . — Le candidat ne doit pas craindre de prendre position en utilisant l'actualité et la réalité du monde contemporain, car il ne peut se cantonner au seul plan philosophique où les outils de raisonnement lui feraient défaut.

« étude de la citation — Cette citation très connue de Voltaire peut plonger le candidat dans l'embarras.

En effet, elle est tellement riche de prolongements possibles qu'il ne verra pas d'emblée un plan de discussion.

De plus, cette phrase s'inscrit dans la lutte philosophique de Voltaire.

Elle y trouve nécessairement ses sources.

Il faut toutefois se méfier de cet angle d'approche : le libellé du devoir met le candidat en garde contre cet écueil ; le devoir ne doit pas être une rétrospective de l'Affaire Calas.

(« Sans vous limiter à l'activité de l'auteur de cette réflexion.

») Il faut donc commencer par expliquer les grandes idées qui sous-tendent la citation, pour ensuite bâtir un plan de dissertation en intégrant, entre autres, les activités de Voltaire en ce domaine. recherche d'un plan — La citation, décomposée en trois propositions, permet un large débat.

Ainsi, « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites » signifie qu'il y a pluralisme des voix, contradiction dans l'opinion.

En rassemblant ses souvenirs de lecture, le candidat peut dégager diverses situations où se manifeste le mieux ce pluralisme des voix.

Ainsi, un individu peut être affronté à une administration pour des raisons religieuses ou sociales : la vie de Voltaire offre des exemples intéressants de ce combat individuel.

Celui-ci peut être élargi au combat d'une minorité opprimée, puis à celui d'un peuple que l'on a réduit au silence. — Le pluralisme des voix (phénomène qui relève de la seule constatation) conduit lorsqu'il n'est pas autorisé, à la lutte sur tous les plans.

« Je me battrai jusqu'au bout », dit Voltaire.

Cela implique soit une lutte de l'humanité pour faire respecter ses droits élémentaires, soit une lutte d'une minorité pour sa survie, soit enfin, la lutte de tout individu, sur le plan politique. — La dernière partie de la citation n'est pas à négliger (« pour que vous puissiez le dire »), car elle soulève le problème intéressant des moyens d'expression.

Pour que l'on entende toutes ces voix plurielles, il faut assurer une vaste information.

On sera conduit .à considérer le rôle de la presse.

Il faut aussi des institutions politiques qui autorisent tous les points de vue.

Enfin, la liberté d'expression concerne aussi l'écrivain, dont le combat est d' importance . — Le candidat ne doit pas craindre de prendre position en utilisant l'actualité et la réalité du monde contemporain, car il ne peut se cantonner au seul plan philosophique où les outils de raisonnement lui feraient défaut. plan détaillé • Première partie Le pluralisme des voix est une évidence : autant d'individus autant de points de vue, ou presque ! Cette partie du développement peut être nourrie par de nombreux exemples littéraires.

Ainsi, lorsque l'individu se trouve seul devant une administration qui nie son droit à la différence, il ne peut qu'être réduit au silence comme Calas dont il faut rappeler l'histoire.

Celle-ci dépasse le simple cadre de l'erreur judiciaire ; elle est au départ, un exemple de fanatisme religieux puisque Jean Calas, protestant, est accusé d'avoir tué son fils (meurtre déguisé en suicide) qui voulait se convertir au catholicisme.

Dans la France catholique d'alors, qui a révoqué l'édit de Nantes, soixante-dix-sept ans auparavant, les.

protestants sont persécutés.

Jean Calas, bien qu'il ait protesté de son innocence, est condamné à mort.

Le roturier, Voltaire, lui-même est seul devant la justice, lorsqu'en 1726, il s'en prend au chevalier de Rohan.

Il est emprisonné, puis doit s'exiler en Angleterre. — Parfois c'est une minorité qu'on veut écraser à travers un individu.

Le cas du capitaine Dreyfus accusé d'espionnage, dégradé, puis condamné au bagne parce qu'il était juif, est particulièrement illustratif.

Il a fallu attendre douze ans bien qu'on eût depuis longtemps réuni les preuves de son innocence et trouvé le vrai coupable, pour que son procès soit révisé et lui-même réhabilité. La France d'alors est particulièrement antisémite, le climat politique est à la revanche avec l'Allemagne.

Dreyfus, un Juif alsacien, se proclame innocent, on ne l'écoute pas.

Il a fallu que Zola joigne sa voix à la sienne pour qu'on l'écoute. — Enfin, à travers un individu, cela peut être tout un peuple qu'on bâillonne.

Alexandre Soljenitsyne le montre dans Une journée d'Ivan Demissovitch.

Le héros, un simple paysan russe, devient le matricule M 854 dans un camp sibérien, parce qu'il a dit la vérité sur sa libération.

Il est considéré comme espion, il est devenu quelqu'un dont il faut se méfier.

C'est ainsi que l'on procède avec tous ceux qui s'expriment individuellement, en dehors des institutions légales.

Le cas de l'écrivain Soljenitsyne jugé comme dissident, puis exilé, est lui aussi exemplaire. • Deuxième partie : lutte pour la libre expression Cette lutte, individuelle et collective revêt prioritairement l'aspect d'un combat pour le respect des droits de l'homme dont la déclaration, votée le 26 août 1789 par l'Assemblée Constituante, possède une résonance toujours actuelle. Des peuples combattent toujours pour la conquête du droit à la libre expression et des autres droits naturels.

On peut citer le nom de certaines organisations, dont Amnesty International, qui oeuvrent pour que ces droits soient respectés dans le monde. — Lutter pour la libre expression, c'est aussi lutter contre le racisme.

Tout homme, quelle que soit sa race, a le droit d'affirmer son existence, sa différence.

Ce droit à la parole se manifeste souvent par l'expression d'une langue, d'une musique propres (les Negro-spirituals, le yiddish...) ou d'une religion (avoir des lieux de culte et pouvoir s'y rendre). La lutte contre le racisme se pratique à différents niveaux : individuellement car c'est en soi-même que le racisme est le plus difficile à vaincre, et collectivement comme s'y emploient des associations telles que la L.I.C.R.A.

ou le M.R.A.P. — Enfin, s'exprimer librement est aussi une lutte politique.

Tel est l'enjeu des régimes démocratiques.

La citation de Voltaire est souvent utilisée comme une bonne définition de la démocratie.

Dans une démocratie, toutes les libertés, dont la liberté de parole, sont assurées par la Constitution.

Mais il appartient à chacun d'y veiller.. »

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