Devoir de Philosophie

Tout homme reçoit deux sortes d'éducation; l'une qui lui est donnée par les autres, et l'autre, beacoup plus importante, qu'il se donne à lui-même. Qu'en pensez-vous ?

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« PLAN ADOPTÉ DANS LE DEVOIR I.

Deux sortes d'éducation dont l'une est plus importante A.

Les deux éducations B.

La seconde est plus importante II.

Les liens entre ces deux éducations A.

Elles se différencient difficilement B.

Elles doivent s'équilibrer L'éducation est un sujet intemporel : il se pose pour chaque génération et de nombreux penseurs tentèrent de le cerner. On oppose souvent l'éducation reçue des autres et celle que l'on se donne soi-même, la seconde étant jugée plus importante.

L'école s'oppose ainsi à la vie, à la vraie vie. On peut se demander ce que recouvre cette assertion et quel est le rôle exact des différentes éducations que nous recevons.

Les relations qu'elles entretiennent sont plus complexes qu'il n'y paraît. Nous recevons, dans notre enfance et notre jeunesse, plusieurs éducations, que certains réduisent à deux sortes : celle que nous donnent les autres, celle que nous nous donnons nous-mêmes. Cette distinction reste encore pertinente aujourd'hui, alors que les lieux d'éducation se diversifient.

En effet, comme autrefois, les enfants sont formés d'abord par leur famille, puis par l'école, c'est-à-dire par autrui.

Toutes deux inculquent des connaissances de base (lecture, écriture, calcul, histoire, etc.) et livrent des règles de conduite ainsi que des valeurs. L'enfant n'a guère le choix : il subit plus ou moins consciemment les orientations prises par ses parents, qui lui transmettent par exemple leurs convictions religieuses, ou au contraire l'écartent de toute religion.

La famille décide bien souvent des autres lieux d'éducation : elle envoie sa progéniture au catéchisme ou chez les scouts, en colonie, choisit une école privée ou publique. Le milieu social influence aussi fortement l'éducation reçue, et pèse sur le choix des sports pratiqués ou des distractions.

Dans La Sans-pareille de Françoise Chandernagor, l'héroïne connaît tour à tour l'éducation donnée par ses grands-parents, couple pauvre dans la banlieue parisienne, et celle que lui offre son père diplomate à l'ambassade de France en Italie.

La façon de se tenir à table n'est pas la même, et traduit non seulement un style de vie, mais aussi des valeurs différentes.

Dans son roman L'École du Sud, Dominique Fernandez montre les différences entre l'éducation donnée en France et celle de la Sicile. De même, à l'école, les programmes sont fixés au niveau national : on se souvient que Napoléon souhaitait que tous les petits Français apprennent la même chose au même moment, et la situation d'aujourd'hui n'a pas globalement varié.

Les professeurs ont davantage de latitude, mais comme hier ce sont eux qui imposent les ^textes étudiés en français par exemple. A notre époque, les médias s'ajoutent à ces deux piliers traditionnels de l'éducation.

Là encore l'enfant, surtout par la télévision, se voit imposer des choix faits par d'autres : les programmes destinés à la jeunesse correspondent à ce que l'on pense devoir plaire au plus grand nombre et véhiculent des valeurs. On oppose souvent ces éducations institutionnelles à la « vraie vie », que le jeune aborde en dehors de ces cadres, et qui semble plus importante. Ainsi l'école s'est vu reprocher un enseignement purement académique et trop éloigné des réalités.

Avec l'obligation de scolariser les élèves jusqu'à seize ans s'est accentuée cette coupure L'apprentissage d'un métier est retardé alors que certains enfanta préféreraient entrer plus tôt dans la vie adulte. Il arrive que des jeunes se révoltent contre le système éducatif.

De l'école buissonnière à la fugue, ils veulent connaître autre chose.

Arthur Rimbaud quitta sa mère pour aller sur les chemins, rejoignit à Paris les poètes comme Verlaine, fit sans doute l'expérience de la guerre étrangère et civile lors de la Commune.

Jean-Jacques Rousseau raconte dans les Confessions ce que lui ont apporté ses voyages à pied.

Dans L'Argent de poche ou Les Quatre cents coups de François Truffaut, dans le roman La Guerre des boutons de Louis Pergaud, on voit l'importance des expériences vécues en dehors de la famille et de l'école : amitié, rapports de force, entraide, injustice...

Dans les banlieues actuelles, c'est dans la rue que les enfants apprennent la vie sociale et ses violences, au gré de la vie des bandes ou des rencontres fortuites. Sans aller jusqu'à ces extrémités, on peut dire que l'enfant s'éduque lui-même par le choix de ses lectures, de ses amis, de son métier, de ses distractions.

L'un des plus beaux films des frères Taviani, Padre Padrone, raconte l'histoire d'un berger italien devenu, par sa propre initiative, universitaire.

D'autres se tournent vers l'art malgré l'absence de tout intérêt pour ce domaine dans leur milieu habituel. D'autre part il est certain que l'apprentissage de la vie sentimentale, par exemple, se déroule en dehors de la famille et des salles de classe, alors qu'elle est particulièrement importante pour l'équilibre affectif futur.

Certes l'éducation sexuelle n'est plus négligée comme elle l'était autrefois, où le sujet était soigneusement évité ou proscrit.

Mais elle demeure étrangère aux cadres habituels et reste l'occasion de connaître un domaine où l'adolescent affronte, parfois dans la solitude, des expériences déterminantes et différentes. C'est pourquoi l'analyse faite par Montesquieu dans De l'Esprit des lois reste encore valable : « Aujourd'hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celle de nos pères, celle de nos maîtres, celle du monde.

Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières ». L'exemple du Candide de Voltaire en constitue la démonstration : son voyage contredit l'enseignement de son maître Pangloss et il forge peu à peu, par lui-même, en se frottant aux réalités, un esprit critique qui lui permet de découvrir l'injustice du monde et les vraies valeurs. Il serait cependant inexact de séparer nettement les différentes éducations et de croire qu'elles n'entretiennent pas. »

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