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Résumé: Vendredi ou les limbes du Pacifique de MICHEL TOURNIER

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Michel Tournier (né en 1924) ne donne pas une version modernisée du Robinson Crusoé (1719) de Daniel Defoe : il recrée le mythe de l'intérieur. Seul le cinéaste Luis Bunuel avait dans son film las Aventuras de Robinson Crusoé (1952) tenté de dépasser l'anecdote du naufragé condamné à la solitude et de sonder le subconscient des insulaires : Bunuel et Tournier se posent davantage le « pourquoi» de la survie que le « comment». 1967, Vendredi ou les limbes du Pacifique. 1977, Le Vent paraclet. 1978, Le Coq de bruyère. 1970, Le Roi des Aulnes. 1980, Gaspard, Melchior & Balthazar. 1975, Les Météores. 1983, Gilles & Jeanne.

« Vendredi ou les limbes du Pacifique de MICHEL TOURNIER Michel Tournier (né en 1924) ne donne pas une version modernisée du Robinson Crusoé (1719) de Daniel Defoe : il recrée le mythe de l'intérieur.

Seul le cinéaste Luis Bunuel avait dans son film las Aventuras de Robinson Crusoé (1952) tenté de dépasser l'anecdote du naufragé condamné à la solitude et de sonder le subconscient des insulaires : Bunuel et Tournier se posent davantage le « pourquoi» de la survie que le « comment». 1967, 1977, 1978, 1970, 1980, 1975, 1983, Vendredi ou les limbes du Pacifique. Le Vent paraclet. Le Coq de bruyère. Le Roi des Aulnes. Gaspard, Melchior & Balthazar. Les Météores. Gilles & Jeanne. Avant l'arrivée de Vendredi, Robinson est en proie à une sorte de superstition angoissée.

Il lui manque la « pièce maîtresse de son univers » : autrui.

« La foule de ses frères, qui l'avait entretenu dans l'humain sans qu'il s'en rendît compte, s'était brusquement écartée de lui, et il éprouvait qu'il n'avait pas la force de tenir seul sur ses jambes » (p.

38).

Il écrit : « Je sais maintenant que chaque homme porte en lui — et comme au-dessus de lui — un fragile et complexe échafaudage d'habitudes, réponses, réflexes, mécanismes, préoccupations, rêves et implications, qui s'est formé et continue à se transformer par les attouchements perpétuels de ses semblables.

Privée de cette sève, cette délicate efflorescence s'étiole et se désagrège » (p.

53). Il découvre qu'il est seul et nu.

Et sa solitude est faite de l'absence des autres, de cette civilisation qui colle encore à sa peau et dont les nostalgies lui viennent par lambeaux de souvenirs.

Dépouillé des autres, il se sent dépouillé de lui-même. Il se demande s'il existe. Mais il y a l'île, Speranza: «Enfin il lui apparut tout à coup que l'île, ses rochers, ses forêts n'étaient que la paupière et le sourcil d'un oeil immense, bleu et humide, scrutant les profondeurs du ciel » (p.

23).

C'est en cette île qu'il cherchera un refuge, se lovant comme le foetus dans une anfractuosité souterraine : « Il était suspendu dans une éternité heureuse » (p.

106).

C'est en elle qu'il assumera sa sexualité, ensemençant des filles-mandragores2.

Mais Vendredi arrive.

Sera-t-il l'autrui ? Déconcertant Vendredi qui vit hors du temps ; il fait exploser la grotte de Robinson et abolit autrui en montrant que les êtres sont interchangeables dans leur existence cosmique.

C'est lui l'ange destructeur et révélateur qui 'enlève à Robinson le goût des autres.

Robinson ne repartira pas vers une civilisation qui lui est devenue étrangère. • Le témoignage d'autrui : dans ces limbes où il séjourne (p.

130), Robinson s'interroge : « Tous ceux qui m'ont connu, tous sans exception me croient mort.

Ma propre conviction que j'existe a contre elle l'unanimité » (p.

129). • Le chaos : il se produit alors un « travail d'érosion de la solitude » sur l'âme de l'homme civilisé (p.

82).

Le cataclysme permet d'entrer dans le chaos : et si ce chaos n'était que l'union merveilleuse de tout ce que nos sens perçoivent et qui continuerait d'exister sans même nos organes ? « Mon œil est le cadavre de la lumière, de la couleur.

Mon nez est tout ce qui reste des odeurs quand leur irréalité a été démontrée » (p.

99). • Le temps: il n'est plus mesuré que par le mât vertical du vieux cèdre maintenant déraciné.

Le cadran solaire a fait place à la constellation toute baignée de lumière : « Sous le soleil-dieu, Speranza vibrait dans un présent perpétuel, sans passé ni avenir » (p.

246). • Le mythe renouvelé : ce roman dans lequel la question de l'existence est posée encore une fois renouvelle le mythe de Robinson à la fois par l'énigme philosophique qu'il pose et par le lyrisme superbe avec lequel sont décrites les noces végétales, minérales et solaires de l'homme avec son île. Télévision : Gérard Vergez, Vendredi ou la vie sauvage. Vendredi ou le paradis retrouvé Le navire sur lequel Robinson est embarqué fait naufrage au large des côtes chiliennes.

Seul rescapé de la catastrophe, abandonné sur une île déserte et inconnue, Robinson mesure très vite les dangers de la solitude. Victime de sa propre déshumanisation, il prend peur et se met donc à travailler.

Il défriche, laboure et ensemence la terre dont il veut tirer profit.

Tout en préservant Robinson d'une existence instinctive et primitive, le travail contribue à la domestication de l'île.

Transformée, gérée suivant les principes de la civilisation, la nature devient moins hostile et plus accueillante.

Cependant, la rencontre avec Vendredi bouleverse l'ordre établi.

Le sauvage, tout d'abord soumis en apparence aux lois édictées, finit par détruire cette forme ennuyeuse de civilisation.

Une conception nouvelle de la vie s'élabore alors, plus joyeuse et plus saine, dans une sorte de communion avec la nature dont Robinson saura désormais tirer véritablement parti. Le génie de la simplicité Michel Tournier publie Vendredi ou la Vie sauvage en 1971.

Tout en reprenant la célèbre histoire déjà contée par Daniel De Foe au XVIIIe siècle - et par bien d'autres auteurs après lui -, Michel Tournier reprend également son premier roman intitulé Vendredi ou les Limbes du Pacifique qu'il juge trop abstrait et "surchargé de réflexions".

A nouveau racontée, l'histoire de Robinson est écrite cette fois dans un style épuré, simple et clarifié.

Cette qualité rend l'œuvre accessible aux enfants tout en restant ouverte à de multiples lectures, ethnologiques ou philosophiques. Même si les enfants n'apparaissent pas de manière évidente sur l'île de Robinson, Michel Tournier ne les a pourtant pas exclus du roman.

Le sauvage Vendredi, par son caractère primitif et peut-être aussi par son physique imberbe, incarne et symbolise la candeur du regard de l'enfant.

C'est par sa propre vision des choses qu'une approche infantile du monde nous est proposée par l'auteur.

C'est par sa simplicité que la vie se fait plus belle.. »

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