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Que recherchez-vous dans un werstern ? Le cow-boy est-il mort ?

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-N. Granville souligne que la défense des Indiens a changé l'orientation du western, le privant de ses « méchants » traditionnels, tels qu'ils apparaissaient par exemple dans La chevauchée fantastique de John Ford. Les chefs indiens les plus célèbres - Cochise, Géronimo et Sitting Bull - ont eu leurs défenseurs qui les ont peints humains. Arthur Penn avec Little Big Man dénonce, par un portrait nuancé des Indiens, l'esprit de la Conquête, ce qui ruine la trame originelle des westerns. A cette prise de conscience des droits de l'homme, il convient d'adjoindre un goût du public pour les films psychologiques plus raffinés, le triomphe des bons sur les méchants apparaissant facile, voire primaire, ce qui aurait fait dire à C. Lelouch qu'il fallait «être complètement débile pour s'intéresser au western ». Or, quoi qu'il en soit, le mythe du cow-boy est tenace, même si la production de westerns à proprement parler est exsangue. Ce héros fait toujours l'objet d'identifications diverses, soit par le biais du vêtement, soit par les valeurs qu'il incarne. Le blue-jean, les bottes et les chapeaux de cow-boy sont indémo-dables ; l'on assiste même à un retour de la mode du Far West pour les femmes, ces dernières années. La publicité s'est emparée de ce héros pour vendre des cigarettes, censées illustrer le goût de l'aventure.

« Le western est né de la conquête de l'Ouest américain, de la ruée vers l'or qui a attiré des aventuriers tels Davy Crockett ou Buffalo Bill ; le cinéma a d'emblée fait d'eux des héros. Mais ce cinéma semble en perte de vitesse depuis une dizaine d'années et G.-N.

Granville affirme même que le mythe du cow-boy est mort et que le public n'attend plus que la victoire du « bon » et le châtiment du « méchant ». Cette déchéance paraît évidente, mais pourtant le cow-boy est un héros tenace dans les esprits.

Aussi peut-on se demander si le plaisir du western traditionnel n'est pas malgré tout intact auprès du public. La situation du western contemporain semblerait prouver que le mythe du cow-boy est mort, avec ses productions de second ordre, essentiellement européennes - et non plus américaines - regroupées sous le terme péjoratif de « western-spaghettis » ; ces films rabâchent des clichés psychologiques (héros viril et brutal) ou dramatiques (épisodes obligés de l'attaque des Indiens ou des brigands, du duel au soleil) sans finesse, et dont le dénouement est sans surprise.

Depuis une dizaine d'années, la production de westerns a cédé le pas à celle des films d'aventures, la ruée vers l'or a été relayée par la guerre du Vietnam, Buffalo Bill est devenu Rambo. Les raisons de cette perte de vitesse d'un genre naguère prolifique sont d'ordre historique et moral.

En effet, l'Amérique de la conquête s'est fédérée en États-Unis, et le Far West s'appelle maintenant Silicon Valley.

Plus d'aventures donc de ce côté, et les chercheurs d'or ne sont plus crédibles.

De même, la guerre de Sécession est loin et les héros traditionnels de cette époque, Jesse W.

James ou Custer, n'exaltent plus autant le public.

A ces raisons historiques s'ajoute une évolution des mentalités.

G.-N.

Granville souligne que la défense des Indiens a changé l'orientation du western, le privant de ses « méchants » traditionnels, tels qu'ils apparaissaient par exemple dans La chevauchée fantastique de John Ford.

Les chefs indiens les plus célèbres - Cochise, Géronimo et Sitting Bull - ont eu leurs défenseurs qui les ont peints humains.

Arthur Penn avec Little Big Man dénonce, par un portrait nuancé des Indiens, l'esprit de la Conquête, ce qui ruine la trame originelle des westerns.

A cette prise de conscience des droits de l'homme, il convient d'adjoindre un goût du public pour les films psychologiques plus raffinés, le triomphe des bons sur les méchants apparaissant facile, voire primaire, ce qui aurait fait dire à C.

Lelouch qu'il fallait «être complètement débile pour s'intéresser au western ». Or, quoi qu'il en soit, le mythe du cow-boy est tenace, même si la production de westerns à proprement parler est exsangue.

Ce héros fait toujours l'objet d'identifications diverses, soit par le biais du vêtement, soit par les valeurs qu'il incarne.

Le blue-jean, les bottes et les chapeaux de cow-boy sont indémo-dables ; l'on assiste même à un retour de la mode du Far West pour les femmes, ces dernières années.

La publicité s'est emparée de ce héros pour vendre des cigarettes, censées illustrer le goût de l'aventure.

La bande dessinée aussi, avec Lucky Luke, met en avant les qualités de justice et la solitude du « poor lonesome cow-boy », hérité de L'homme aux coïts d'or qui, après avoir purgé une ville de brigands, part tout seul, se refusant aux attaches sentimentales. Par ailleurs, il est un public fidèle des westerns qui, sachant que le Bien triomphera, se satisfait néanmoins de ce combat contre les forces du Mal, ce qui fait le succès des westerns de Sergio Leone, par exemple : // était une fois dans l'Ouest, Le bon, la brute et le truand, Pour une poignée de dollars.

Ce mythe fondateur de l'Amérique s'accommode aussi bien de réalisations classiques comme The Big Trail que de parodies qui en soulignent la persistance; le public averti aime d'ailleurs à retrouver les clins d'œil des westerns aussi loufoques que Go West ! de Buster Keaton ou Le trouillard du Far West avec Jerry Lewis. Ce qui demeure du mythe malgré tout, c'est une interrogation sur la justice, sur le racisme (comme dans CharlesOne-Eye de Chaffey qui associe Blancs, Mexicains, Indiens et Noirs dans une lutte désespérée), sur les limites de l'homme solitaire, sur une époque qui ressemble à notre siècle, marqué lui aussi de génocides, de conquêtes inutiles. Qu'attendre donc d'un western? L'amateur de ce cinéma recherche à la fois une certaine qualité esthétique et une image morale de l'humanité.

En effet, le western offre le spectacle de paysages grandioses, d'espaces illimités filmés avec succès en particulier dans Rancho Bravo de Me Lagen.

Ces espaces sont dynamiques, parcourus de diligences en proie aux Indiens, comme dans La Chevauchée fantastique, de trains qui sifflent trois fois avant de livrer des brigands, de chevaux sauvages ou montés de cavaliers solitaires.

A l'exotisme de ces contrées qui font rêver le spectateur européen, s'ajoute un sentiment de liberté extrême : le cow-boy est loin de tout étouffement des villes, livré à lui-même et à la nature vierge. Ce combat entre l'homme et la nature correspond à l'attente des spectateurs.

La trop grande violence répugne du reste au véritable amateur de westerns, ainsi que l'a montrée la résistance du public à La horde sauvage de Sam Peckinpah où se multipliaient les massacres.

Ce sont même les valeurs contraires qui ont fait le succès de L'homme qui tua Liberty Valance, un film de John Ford dans lequel le meurtrier présumé du bandit est un avocat bourrelé de remords après le duel, mais dont la conscience est soulagée lorsqu'il apprend que la balle meurtrière a été tirée par un éleveur de bétail : l'intellectuel a les mains propres, et le meurtrier n'a agi que par fraternité humaine. Le western réussi est donc celui qui fait s'affronter des personnalités fortes, presque des archétypes*, dans des intrigues où l'Histoire n'a finalement que peu d'importance et qui laissent une grande part à l'imaginaire. Ainsi, ce que l'amateur de westerns recherche, c'est justement la poursuite d'un mythe.

Et la décadence de la production cinématographique de ce genre ne peut que renforcer cet attachement mythique à des héros plus bourrus que méchants, au fond, faisant preuve d'humour et d'indépendance, dans des mises en scène de l'humanité qui n'ont rien à envier aux films plus délibérément philosophiques, et qui ont le charme d'un art désormais désuet.. »

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