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« Presque tous les arguments contre Voltaire s'adressent, en somme, au trop d'esprit qu'il eut. Puisqu'il avait tant d'esprit, il était donc superficiel. Puisqu'il avait trop d'esprit, c'est donc qu'il manquait de coeur. Tels sont les jugements du monde. » (Paul Valéry.) Vous discuterez ce « jugement du monde », en vous fondant sur la connaissance que vous avez de la vie et de l'oeuvre de Voltaire.

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En ce qui concerne l'objectivité, des réserves sont à faire, notamment à propos du domaine religieux que Voltaire aborde en anticlérical absolu, incapable de comprendre que la foi puisse exister. Dans ses Contes, Voltaire touche à la philosophie et cela sur un ton plein d'esprit, d'humour et de gaieté. On peut voir dans les contes de Voltaire qu'esprit et sujets graves ne sont pas incompatibles En effet, de quoi traite Candide, si ce n'est d'un sujet à priori fort abstrait et prêtant peu à sourire : la critique de l'optimisme ? Mais, et c'est là le talent de Voltaire, on en arrive à confondre l'histoire contée et le sujet philosophique abordé. Candide est un jeune homme simple et naïf qui a pour précepteur un certain Pangloss, philosophe de, son état et pour qui « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Candide va faire l'amère expérience de cette philosophie optimiste. Candide, c'est-à-dire Voltaire, trouvera une conclusion demeurée célèbre : « Il faut cultiver son jardin ». C'est une conclusion relativement optimiste par rapport au ton du conte. Voltaire n'est pas, en effet, un pessimiste total, c'est un pessimiste modéré pour qui la vie a du bon, malgré toutes ses imperfections que lui, philosophe, doit songer à améliorer et à corriger. On a accusé Voltaire, parce qu'il avait trop d'esprit, de manquer de coeur.

« « Presque tous les arguments contre Voltaire s'adressent, en somme, au trop d'esprit qu'il eut.

Puisqu'il avait tant d'esprit, il était donc superficiel.

Puisqu'il avait trop d'esprit, c'est donc qu'il manquait de cœur. Tels sont les jugements du monde.

» (Paul Valéry.) Vous discuterez ce « jugement du monde », en vous fondant sur la connaissance que vous avez de la vie et de l'œuvre de Voltaire. Voltaire est par excellence le philosophe du XVIIIe siècle.

Dans une époque où les « grands » et le clergé essayaient de se raccrocher à leurs privilèges, Voltaire, qui n'est pas noble, s'est attaché à saper ce lourd édifice des traditions.

Il est évident que ceux contre qui il voulait lutter ne pouvaient admettre que cet homme puisse les déloger de cette citadelle où ils étaient retranchés.

Aussi s'employèrent-ils à essayer de le détruire.

Mais Voltaire avait une arme que ses adversaires n'avaient pas : l'esprit, la verve.

Il savait plaire.

Impertinent, il l'était, mais nous devons juger cette impertinence bien placée puisqu'elle s'attachait à faire valoir les droits de l'homme.

Evidemment, cette verve, cet esprit pouvaient être une arme à double tranchant : plaire, certes, mais aussi, en traitant tout avec humour, ne pas faire prendre au sérieux ce qu'il avait à dire.

Voltaire n'est pas tombé dans ce piège et, tout en étant un homme d'esprit, il a su aborder les problèmes sérieux, graves, avec ou sans esprit d'ailleurs.

Quelques exceptions mises a part, il faut aussi reconnaître que Voltaire a été, dans sa vie et dans ses œuvres, un homme bon et juste. Dans quelques-uns de ses écrits, Voltaire a pu paraître superficiel et même choquant.

Ainsi, dans Le Mondain, poèmes qui raconte la vie libertine, faite de plaisirs et de jeux, d'un noble, il faut admettre que Voltaire n'est pas très sérieux et n'a cherché qu'à amuser ou plutôt qu'à s'amuser, car fie doute fort que les nobles qui lurent ce poème s'amusèrent.

Un autre exemple de cette littérature galante est donné par un récit licencieux, le mot n'est pas trop fort : La Pucelle Jeanne d'Arc).

Dans la vie même de Voltaire, on s'aperçoit Que cet homme a toujours aimé vivre dans le luxe, qu'il considère comme étant indispensable : ce côté orgueilleux, vaniteux le Voltaire peut paraître superficiel.

Mais vraiment la proportion d'écrits superficiels est infime par rapport à toute l'œuvre de Voltaire, qui traite de problèmes beaucoup plus sérieux. Dans quelques œuvres, l'esprit est tout à fait secondaire et même inexistant.

C'est le cas notamment des Lettres philosophiques ou Lettres anglaises.

Voltaire a été obligé pour échapper aux rigueurs de la justice, de se réfugier en Angleterre.

Là, il a vu les institutions, les mœurs anglaises, et il en a conclu que le peuple anglais était un peuple heureux : tout d'abord par son gouvernement, gouvernement qui est celui d'une monarchie parlementaire où le roi n'a pas tous les pouvoirs, où le roi n'est pas libre de ses actes ; il est en effet contrôlé par deux assemblées, qui dirigent vraiment le pays.

Il faut cependant remarquer que Voltaire, bien que n'étant pas noble, mais aspirant à le devenir, n'était pas partisan de l'égalité de tous les hommes.

Il lui semblait nécessaire qu'il y eût des classes et le principe de la République ne lui avait jamais effleuré l'esprit.

Il était partisan d'un gouvernement à la manière anglaise, c'est-à-dire d'une monarchie parlementaire fondée sur l'aristocratie.

En Angleterre, Voltaire a aussi admiré les mœurs du peuple anglais, peuple calme, affable et surtout épris de liberté, de cette liberté que Voltaire demandera pour la France, pour l'Europe et pour le monde, car, comme le disait Montesquieu, « avant d'être Français, on est homme universel ».

Le ton de ces Lettres Philosophiques n'est ni badin ni superficiel : c'est une œuvre grave où Voltaire donne sincèrement son opinion sur ce qu'il considère comme étant le gouvernement idéal. Comment peut-on traiter Voltaire d'homme superficiel quand on songe à cette œuvre considérable qu'est Le Siècle de Louis XIV ? Dans cette œuvre, Voltaire pose les bases de l'histoire moderne : vérité, objectivité.

Pour qui est de la vérité, je pense que l'on peut faire confiance à Voltaire : ce n'est pas pour rien qu'il a mis vingt-cinq ans à écrire ce livre, toutes ces années étant consacrées à la recherche, à la documentation : des récits comme « Le Passage du Rhin » sont tout à fait précis, tout à fait vivants.

En ce qui concerne l'objectivité, des réserves sont à faire, notamment à propos du domaine religieux que Voltaire aborde en anticlérical absolu, incapable de comprendre que la foi puisse exister. Dans ses Contes, Voltaire touche à la philosophie et cela sur un ton plein d'esprit, d'humour et de gaieté.

On peut voir dans les contes de Voltaire qu'esprit et sujets graves ne sont pas incompatibles En effet, de quoi traite Candide, si ce n'est d'un sujet à priori fort abstrait et prêtant peu à sourire : la critique de l'optimisme ? Mais, et c'est là le talent de Voltaire, on en arrive à confondre l'histoire contée et le sujet philosophique abordé.

Candide est un jeune homme simple et naïf qui a pour précepteur un certain Pangloss, philosophe de, son état et pour qui « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

Candide va faire l'amère expérience de cette philosophie optimiste. Candide, c'est-à-dire Voltaire, trouvera une conclusion demeurée célèbre : « Il faut cultiver son jardin ».

C'est une conclusion relativement optimiste par rapport au ton du conte.

Voltaire n'est pas, en effet, un pessimiste total, c'est un pessimiste modéré pour qui la vie a du bon, malgré toutes ses imperfections que lui, philosophe, doit songer à améliorer et à corriger. On a accusé Voltaire, parce qu'il avait trop d'esprit, de manquer de cœur.

Je crois qu'il faut se garder d'accepter cette accusation : il faut la réfuter.

On peut évidemment observer dans les écrits de Voltaire quelques passages qui ne l'honorent guère, par le ton hautain, dédaigneux et même belliqueux.

Certes, dans ces cas-là, Voltaire a abusé de son esprit pour poursuivre de ses sarcasmes des hommes qu'il n'aimait pas ; le cas de Fréron est typique. Quelques vers, restés célèbres, peuvent témoigner du manque de cœur de Voltaire : une vipère a piqué Fréron.

Qui en est mort ? C'est la vipère.

Ce n'est vraiment pas très gentil, c'est le moins que l'on puisse dire.

Mais je crois que le seul cas où apparaît d'une façon vraiment méchante le manque de cœur de Voltaire est sa lutte contre JeanJacques Rousseau.

En effet, Rousseau a, au début de sa carrière, admiré Voltaire, mais pour une querelle idéologique, il lui a envoyé une lettre dénonçant ses idées.

Voltaire, abusant manifestement de sa verve contre Rousseau, embarrassé et qui a peu d'esprit frondeur, lui répond dans une lettre restée célèbre, la Lettre à Rousseau, où il le raille de façon vraiment méchante.

Pendant toute sa vie, Voltaire combattra impitoyablement Rousseau : il demandera contre lui la peine capitale ; il le poursuivra dans ses écrits jusqu'en Angleterre, où Rousseau avait voulu chercher refuge.. »

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