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POURQUOI AIMONS-NOUS LA FONTAINE ? Après avoir étudié l'oeuvre de La Fontaine, un critique contemporain conclut : « Il n'y a pas de note humaine qui ne s'y fasse entendre, l'ironie, l'émotion, la pitié, le courage, le goût du plaisir et de la retraite, l'acceptation de la vie et le besoin du rêve. On voudrait faire sentir pourquoi on l'aime ; mais on n'ose forcer la voix quand on parle du plus discret des poètes. » Vous direz si vous retrouvez dans ces quelques lignes l'impression que

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Et il y a parfois des actes courageux dans l'oeuvre de La Fontaine. Le moucheron n'est-il pas téméraire en s'attaquant au lion ? Voilà pour les actes extérieurs, les sentiments, les émotions ; on peut dire que La Fontaine sentit comme nous sentons tous pour la plupart, aima non point passionnément mais spontanément, naturellement, sans déchaînements, sans idéalisation non plus, agir comme nous le faisons tous, tantôt égoïstement, tantôt avec Des élans fous de générosité. Il fut comme l'humanité moyenne, tantôt se livrant à nous, tantôt plein de pudeur, n'étalant jamais tes sentiments, ne livrant pas son « coeur en pâture», le plus personnel des classiques, tout en étant le plus discret des poètes. D reste sa conception de la vie, sa philosophie, en quelque e sa vie intérieure, non du point de vue du coeur mais du point de vue de l'âme. Et là encore, il est tout proche de nous dans ses contradictions même, acceptant la vie comme elle est en goûtant les plaisirs en épicurien, en naturaliste comme Montaigne ou Rabelais, ou même Molière, jouissant de toutes les joies terrestres, tantôt au contraire s'éloignant dans une retraite paisible loin des villes, des plaisirs, s'élevant, s'abandonnant au rêve, vivant ainsi une autre vie comme Rousseau ou Nerval ou d'autres encore. Par sa complexité, il représente bien ses tendances opposées de l'esprit humain que d'autres auteurs ont peut-être chacun dans sa voie portées à la perfection, mais qu'aucun comme lui n'a su réunir harmonieusement. La Fontaine est connu comme étant Polyphile, épicurien délicat, aimant la vie sous toutes ses formes, goûtant à tous ses plaisirs en dilettante, jamais esclave de ses instincts, les satisfaisant toujours, acceptant la mort La mort avait raison: je voudrais qu'à cet âge On sortit de la vie ainsi que d'un banquet comme il a accepté la vie : Papillon du Parnasse, et semblable aux abeilles Je suis chose légère et vole à tout sujet Je vais de fleur en fleur et d'objet en objet. Ne lui ressemblons-nous pas à cet être volage mais aimable, souriant, heureux, ne refusant rien de ce que la vie nous offre : J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique, Tous les plaisirs, les arts de toute espèce, La ville et la campagne, enfin tout : Il n'est rien qui ne me soit un souverain bien, Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique. Non, la Fontaine n'a rien d'un ascète, cet épicurisme est bien humain.

« POURQUOI AIMONS-NOUS LA FONTAINE? Après avoir étudié l'œuvre de La Fontaine, un critique contemporain conclut : « Il n'y a pas de note humaine qui ne s'y fasse entendre, l'ironie, l'émotion, la pitié, le courage, le goût du plaisir et de la retraite, l'acceptation de la vie et le besoin du rêve.

On voudrait faire sentir pourquoi on l'aime ; mais on n'ose forcer la voix quand on parle du plus discret des poètes.

» Vous direz si vous retrouvez dans ces quelques lignes l'impression que vous a laissée la lecture de la Fontaine. DISSERTATION RÉDIGÉE Il est toujours difficile de savoir pourquoi on aime un écrivain, et en voulant l'expliquer, on risque de laisser échapper un des aspects du problème ; d'autre part, c'est une question très délicate parce que la réponse ne pourra qu'être plus ou moins subjective.

Pourtant, un critique contemporain a tenté, non sans prudence, de nous faire sentir les côtes aimables de l'œuvre de la Fontaine : « il n'y a pas de note humaine qui ne s'y fasse entendre, l'ironie, l'émotion, la pitié, le courage, le goût du plaisir et de la retraite, l'acceptation de la vie et le besoin du rêve.

On voudrait faire sentir pourquoi on l'aime ; mais on n'ose forcer la voix quand on parle du plus discret des poètes », Ces quelques lignes permettent-elles de retrouver l'impression que nous laisse la lecture de La Fontaine ? D'abord une remarque ; ce jugement laisse entendre que La Fontaine a exprimé tous les sentiments humains, mais l'héroïsme, l'abnégation, l'angoisse métaphysique, la violence des passions comme l'amour, la jalousie, la haine sont presque totalement absents de son œuvre et, du moins, ce critique n'en parle pas.

Corneille, Pascal, Racine ne représentent-ils pas tout un côté de l'âme humaine ? A vrai dire leurs écrits présentent tous un caractère exceptionnel.

Corneille qui peint le plus souvent des surhommes ou des monstres, Racine qui met en scène des déchaînements effroyables de passion, Pascal, effrayant génie mettant toute son intelligence prodigieuse à se tourmenter, sont loin de représenter l'humanité moyenne ; voilà pourquoi ils pourront susciter des passions pour leurs œuvres, mais ils ne seront jamais comme seul La Fontaine (et peut-être Molière ou Hugo) a pu l'être, populaires.

Pourquoi? parce qu'il est humain.

A le lire on le sent tout près de nous.

La Fontaine est un des poètes les plus proches de l'homme ordinaire et même du « Français moyen » tout en restant poète d'ailleurs, c'est-à-dire audessus de la masse vulgaire par la valeur de son art.

N'est-il pas Français par son ironie, son humour gaulois ? Je ne suis pas de ceux qui disent : ce n'est rien, C'est une femme qui se noie... Ne sait-il pas bien nous amuser, nous faire sourire par une fine satire des mœurs d'alors et de toujours : Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte. Un curé s'en allait gaiement Enterrer ce mort au plus vite. La Fontaine a su admirablement se mêler à la Fable pour nous faire un clin d'œil malicieux : A ces mots l'animal pervers, C'est le serpent que je veux dire Et non l'homme (on pourrait aisément s'y tromper). Mais La Fontaine, tout en se moquant gentiment des travers humains, en attaquant parfois sévèrement les vices pour nous en corriger: Je tâche d'y tourner la vie en ridicule Ne pouvant l'attaquer avec des bras d'Hercule laisse passer dans ses vers, surtout dans le deuxième recueil, une émotion mal contenue, quoique très discrète, il nous touche par des confidences personnelles.

« Ai-je passé le temps d'aimer ? » à demi voilées, ou par des exhortations qui, indirectement, nous révèlent l'homme et son expérience de l'amour : Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? Que ce soit aux rives prochaines... Qui mieux que lui (sinon peut-être Montaigne) a su évoquer l'amitié avec autant dé délicatesse, autant de pudeur, d'émotion devant des souvenirs de bonheur : Qu'un ami véritable est une douce chose ! Il cherche vos désirs au fond de votre cœur Et vous épargne la pudeur De les lui découvrir vous-même. C'est avec un art exquis Montaigne, lui aussi ami au n'est-elle pas égoïste avec est capable, tout comme qu'il sait rendre de tels sentiments, peut-être un peu égoïstes (on peut songer à vrai sens du terme, et comme lui père oublieux de ses devoirs).

Mais l'humanité moyenne des phases de générosité, des élans spontanés de dévouement ? D'ailleurs La Fontaine un autre, de sentiments altruistes, de pitié à l'égard des humbles, des faibles, des. »

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