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Pensez vous que ce sont les mêmes raisons qui attirent le public au théâtre et au cinéma ? Vous vous appuierez sur une expérience personnelle ?

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  Le théâtre demeure, même si l'on tient compte de grandes mises en scène dans des stades requérant de très gros moyens, un spectacle mis en oeuvre avec de faibles budgets, et ne pouvant se reproduire à l'infini. Le film est définitif, et il peut  être vu partout dans le monde à l'identique, la pièce est toujours unique puisqu'elle dépend de l'interaction entre un public et des comédiens. En outre, le metteur en scène de théâtre reprend souvent des textes canoniques qui ont déjà été maintes fois joués : son apport consiste dans la relecture attentive des prédécesseurs, et sa capacité à rendre moderne un propos qui ne l'est pas. Il y a donc une vraie recherche en amont, qui suppose une interrogation motivée des textes et des auteurs.   Troisième partie : Les spectateurs « Le monde entier est un théâtre. » Shakespeare, Comme il vous plaira. Ce rapport du monde au théâtre, dans un effet de miroir et dans une véritable mise en abyme, permet de comprendre qu'on ne regarde jamais les comédiens sans se regarder soi-même. « Ne pas se rendre au théâtre, c'est comme faire sa toilette sans miroir. » Observations psychologiques, Schopenhauer, Arthur. En effet, on dit communément que l'on joue un jeu social, que l'on se met en scène soi-même dans les circonstances multiples de la vie, alors, que penser du fait d'aller au théâtre, ne serait-ce pas manière de se reconnaître dans la démultiplication du comédien ?

« Discussion : L'histoire du théâtre et celle du cinéma ne se superposent pas.

Le théâtre remonte à l'Antiquité et ses formes ont été à la fois variées et nombreuses au cours des siècles et selon les sociétés.

Le cinéma apparaît au début du XXème siècle et si sa production a connu un rythme exponentiel, il n'empêche qu'elle n'est pas marquée par une traversée aussi continue de l'expérience des hommes. Suggestion de plan : Première partie : Pour une anthropologie du théâtre Le théâtre trouve ses manifestations dans les sociétés les plus éloignées dans le temps et prouve ainsi que s'exprime à travers lui quelque chose de profondément humain.

« Le théâtre est le premier sérum que l'homme ait inventé pour se protéger de la maladie de l'angoisse.

» Jean-Louis Barrault, Nouvelles Réflexions sur le théâtre.

Le jeu est ce qui met à distance la souffrance, et quand une histoire tragique est transposée sur scène, c'est un peu comme si elle trouvait le moyen d'être surmontée.

C'est cette notion qui s'appelle la catharsis.

Le public du théâtre est donc un public qui dès l'origine, et surtout à travers le culte de Dionysos, vient célébrer des fêtes à la fois religieuses et païennes, un public qui entretient donc une relation avec l'univers et fonde ainsi sa place dans la totalité. « Derrière le monde dans lequel nous vivons, loin à l'arrière-plan, se trouve un autre monde; leur rapport réciproque ressemble à celui qui existe entre les deux scènes qu'on voit parfois au théâtre, l'une derrière l'autre.

» Le Journal du séducteur (1843) Kierkegaard. Deuxième Partie : Les conditions du cinéma et du théâtre Le cinéma est un medium de masse.

Très rapidement, au cours du vingtième siècle, il s'est développé sous une forme industrielle, nécessitant des capitaux toujours plus importants ; les films sont produits par des maisons spécialisées, cotées en bourse, et chaque sortie est un pari économique.

La première différence qui s'inscrit donc entre théâtre et cinéma est la même qui sépare artisanat et industrie.

Le théâtre demeure, même si l'on tient compte de grandes mises en scène dans des stades requérant de très gros moyens, un spectacle mis en œuvre avec de faibles budgets, et ne pouvant se reproduire à l'infini.

Le film est définitif, et il peut être vu partout dans le monde à l'identique, la pièce est toujours unique puisqu'elle dépend de l'interaction entre un public et des comédiens.

En outre, le metteur en scène de théâtre reprend souvent des textes canoniques qui ont déjà été maintes fois joués : son apport consiste dans la relecture attentive des prédécesseurs, et sa capacité à rendre moderne un propos qui ne l'est pas.

Il y a donc une vraie recherche en amont, qui suppose une interrogation motivée des textes et des auteurs. Troisième partie : Les spectateurs « Le monde entier est un théâtre.

» Shakespeare, Comme il vous plaira.

Ce rapport du monde au théâtre, dans un effet de miroir et dans une véritable mise en abyme, permet de comprendre qu'on ne regarde jamais les comédiens sans se regarder soi-même.

« Ne pas se rendre au théâtre, c'est comme faire sa toilette sans miroir.

» Observations psychologiques, Schopenhauer, Arthur.

En effet, on dit communément que l'on joue un jeu social, que l'on se met en scène soi-même dans les circonstances multiples de la vie, alors, que penser du fait d'aller au théâtre, ne serait-ce pas manière de se reconnaître dans la démultiplication du comédien ? « La vie, c'est une pièce de théâtre : ce qui compte ce n'est pas qu'elle soit longue mais qu'elle soit bien jouée.

» [ Lettres à Lucilius ] Sénèque. Le point commun entre le cinéma et le théâtre tient aux conditions matérielles : il faut sortir de chez soi, se déplacer jusque vers une salle spécifique, rester une soirée enfermé dans un espace obscur à côtoyer un public.

Ce qui est fondamentalement différent en revanche, est que le public n'est pas partie prenante du film : que chacun dorme n'empêchera pas que se déroule jusqu'au bout la pellicule.

Tandis que l'acteur sera profondément affecté par la réprobation de son public, ou au contraire il pourra se sentir porté par lui.

Le spectateur de théâtre est en ce sens quelqu'un de plus exigeant que celui du cinéma, qui s'appuie plus volontiers sur l'aspect narratif et divertissant de l'image. On parle d'ailleurs à ce sujet d'un effet de légère hypnose, qui fait que le spectateur de cinéma est comme bercé par le défilé et le mouvement sur l'écran.

« Cinéma, radio, télévision, magazines sont une école d'inattention : on regarde sans voir, on écoute sans entendre.

» dit Robert Bresson, qui fut pourtant un des grands représentants d'un cinéma dit d'art et d'essai ou d'un cinéma d'auteur, cherchant à se démarquer de la grosse production hollywoodienne. On remarque donc que le cinéma est –qu'il l'ait voulu ou non- victime d'une certaine standardisation.

Bien sûr, il brasse des foules immenses, incomparables avec celles qui vont au théâtre.

En ce sens, le cinéma est apparu comme un art populaire tandis que le théâtre a été considéré comme plus élitiste.

Mais le théâtre conserve une proximité vivante, qui maintient le spectateur dans une attente un peu frémissante –il y a toujours le risque du trou du mémoire, du raté- et fait de lui quelqu'un de plus décidément actif. Conclusion : C'est une évidence de dire qu'aujourd'hui chacun est aussi bien spectateur de cinéma que de théâtre, et qu'une seule et même personne se trouve simultanément dans ces différentes conditions, cependant, le cinéma ne joue pas sur les mêmes registres, il est plus affectif, s'adresse plus directement à l'émotionnel, tandis que le théâtre, dans sa complexité, sa tension, est plus clairement intellectuel.. »

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