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Paul Eluard, Poésie ininterrompue, I, v. 182-220 (1945)

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Paul Eluard, Poésie ininterrompue, I, v. 182-220 (1945) De l'océan à la source De la montagne à la plaine Court le fantôme de la vie L'ombre sordide de la mort Mais entre nous Une aube naît de chair ardente Et bien précise Qui remet la terre en état Nous avançons d'un pas tranquille Et la nature nous salue Le jour incarne nos couleurs Le feu nos yeux et la mer notre union Et tous les vivants nous ressemblent Tous les vivants que nous aimons Les autres sont imaginaires Faux et cernés de leur néant Mais il nous faut lutter contre eux Ils vivent à coups de poignard Ils parlent comme un meuble craque Leurs lèvres tremblent de plaisir A l'écho de cloches de plomb A la mutité d'un or noir Un seul coeur pas de coeur Un seul coeur tous les coeurs Et les corps chaque étoile Dans un ciel plein d'étoiles Dans la carrière en mouvement De la lumière et des regards Notre poids brillant sur terre Patine de la volupté A chanter des plages humaines Pour toi la vivante que j'aime Et pour tous ceux que nous aimons Qui n'ont envie que de s'aimer Je finirai bien par barrer la route Au flot des rêves imposés Je finirai bien par me retrouver Nous prendrons possession du monde

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