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Marivaux : Les Fausses confidences (1737), acte II, scène 13.

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Marivaux : Les Fausses confidences (1737), acte II, scène 13. ARAMINTE. - [...] toute réflexion faite, je suis déterminée à épouser le Comte. DORANTE, d'un ton ému. - Déterminée, Madame ! ARAMINTE. - Oui, tout à fait résolue. Le Comte croira que vous y avez contribué je le lui dirai même, et je vous garantis que vous resterez ici; je vous le promets. (A part.) Il change de couleur. DORANTE. - Quelle différence pour moi, Madame ! ARAMINTE, d'un air délibéré. - Il n'y en aura aucune, ne vous embarrassez pas, et écrivez le billet que je vais vous dicter; il y a tout ce qu'il faut sur cette table. DORANTE. - Eh ! pour qui, Madame ? ARAMINTE. - Pour le Comte, qui est sorti d'ici extrêmement inquiet, et que je vais surprendre bien agréablement, par le petit mot que vous allez lui écrire en mon nom. (Dorante reste rêveur, et par distraction ne va point à la table.) Eh bien, vous n'allez pas à la table ? à quoi rêvez-vous ? DORANTE, toujours distrait. - Oui, Madame. ARAMINTE, à part, pendant qu'il se place. - Il ne sait ce qu'il fait. Voyons si cela continuera. DORANTE à part, cherchant du papier. - Ah ! Dubois m'a trompé ! ARAMINTE poursuit. - Êtes-vous prêt à écrire ? DORANTE. - Madame, je ne trouve point de papier. ARAMINTE allant elle-même. - Vous n'en trouvez point ! En voilà devant vous. DORANTE. - Il est vrai. ARAMINTE. - Écrivez. « Hâtez-vous de venir, Monsieur; votre mariage est sûr...» Avez-vous écrit ? ... DORANTE. - Comment, Madame ? ARAMINTE. - Vous ne m'écoutez donc pas ? « Votre mariage est sûr; Madame veut que je vous l'écrive, et vous attend pour vous le dire.» (A part.) Il souffre, mais il ne dit mot. Est-ce qu'il ne parlera pas ? « N'attribuez point cette résolution à la crainte que Madame pourrait avoir des suites d'un procès douteux.» DORANTE. - Je vous ai assuré que vous le gagneriez, Madame. Douteux ! il ne l'est point. ARAMINTE. - N'importe, achevez. « Non, Monsieur, je suis chargé de sa part de vous assurer que la seule justice qu'elle rend à votre mérite la détermine.» DORANTE, à part.- Ciel ! je suis perdu. (Haut.) Mais, Madame, vous n'aviez aucune inclination pour lui. ARAMINTE. - Achevez, vous dis-je... « Qu'elle rend à votre mérite la détermine...» Je crois que la main vous tremble ! Vous paraissez changé. Qu'est-ce que cela signifie ? Vous trouvez-vous mal ? DORANTE. - Je ne me trouve pas bien, Madame. ARAMINTE. - Quoi ! Si subitement ! Cela est singulier. Pliez la lettre, et mettez: « À Monsieur le comte de Dorimont.» Vous direz à Dubois qu'il la lui porte. (A part.) Le coeur me bat ! (A Dorante.) Voilà qui est écrit tout de travers ! Cette adresse-là n'est presque pas lisible. (A part.) Il n'y a pas encore là de quoi le convaincre. DORANTE, à part. - Ne serait-ce point aussi pour m'éprouver ? Dubois ne m'a averti de rien.

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