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Madame Dacier

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Lorsque Anne Le Fèvre épousa, en 1683, à l'âge d'environ vingt-neuf ans, André Dacier, un contemporain put écrire que c'était "le mariage du grec et du latin", tant les deux époux possédaient ces langues à la perfection. Ce mariage du grec et du latin était aussi le couronnement d'un tendre sentiment de jeunesse : Anne Le Fèvre, que la tradition fait naître à Saumur en mars 1654, rue du Paradis n°1 était la fille du célèbre humaniste Tanneguy Le Fèvre, régent à l'Académie de Saumur, et de Marie Olivier. André Dacier, fils d'un avocat protestant de Castres, avait connu Anne lorsqu'il suivait à ses côtés les leçons de son père. Tanneguy Le Fèvre n'avait point songé, tout d'abord, à faire profiter sa fille de son savoir. Tandis qu'il réservait ses leçons à son fils, Anne ne perdait pourtant pas un mot de l'enseignement paternel ; aussi, un jour que son frère ne répondait pas à une question, l'enfant de onze ans, qui travaillait à sa tapisserie, souffla la réponse. Tanneguy Le Fèvre, ravi, appliqua dès lors tous ses soins à l'éducation de sa fille. Toutefois l'heure n'était pas arrivée qui devait unir sa destinée à celle de son compagnon d'études, André Dacier. Anne fut mariée, très jeune, à un libraire de Saumur, nommé Jean Lesnier ; mais cette union fut de si courte durée que, nous dit un de ses biographes, "elle ne perdit pas son nom de fille".

« Madame Dacier Lorsque Anne Le Fèvre épousa, en 1683, à l'âge d'environ vingt-neuf ans, André Dacier, un contemporain put écrire que c'était "le mariage du grec et du latin", tant les deux époux possédaient ces langues à la perfection.

Ce mariage du grec et du latin était aussi le couronnement d'un tendre sentiment de jeunesse : Anne Le Fèvre, que la tradition fait naître à Saumur en mars 1654, rue du Paradis n°1 était la fille du célèbre humaniste Tanneguy Le Fèvre, régent à l'Académie de Saumur, et de Marie Olivier.

André Dacier, fils d'un avocat protestant de Castres, avait connu Anne lorsqu'il suivait à ses côtés les leçons de son père. Tanneguy Le Fèvre n'avait point songé, tout d'abord, à faire profiter sa fille de son savoir.

Tandis qu'il réservait ses leçons à son fils, Anne ne perdait pourtant pas un mot de l'enseignement paternel ; aussi, un jour que son frère ne répondait pas à une question, l'enfant de onze ans, qui travaillait à sa tapisserie, souffla la réponse.

Tanneguy Le Fèvre, ravi, appliqua dès lors tous ses soins à l'éducation de sa fille. Toutefois l'heure n'était pas arrivée qui devait unir sa destinée à celle de son compagnon d'études, André Dacier. Anne fut mariée, très jeune, à un libraire de Saumur, nommé Jean Lesnier ; mais cette union fut de si courte durée que, nous dit un de ses biographes, "elle ne perdit pas son nom de fille". Quand son père mourut, en 1672, Anne Le Fèvre se rendit à Paris, où le duc de Montausier, gouverneur du Dauphin, lui confia quelques éditions des classiques anciens ad usum Delphini.

En 1674, Anne Le Fèvre se faisait connaître par l'édition de Callimaque, et par celle de Florus.

En 1681, elle donnait une édition d'Aurelius Victor, en même temps que paraissait sa première traduction française, celle d'Anacréon ; en 1683, outre une édition d'Eutrope, elle traduisait trois comédies de Plaute.

Cette même année, le 4 novembre 1683, elle épousait André Dacier.

Déjà, auparavant, ils prenaient plaisir à se témoigner leur estime mutuelle dans leurs écrits, ce qui a fait dire joliment à Sainte-Beuve qu'ils "s'envoyaient un sourire à travers leurs commentaires".

Peu après leur union, les deux époux, qui étaient nés dans la religion protestante, se retirèrent à Castres où, deux ans plus tard, en 1685, ils se convertissaient solennellement au catholicisme. Cependant Madame Dacier, tout en prenant part aux travaux de son mari, continuait les siens propres en donnant, en 1684, une édition de Dictys de Crète, une traduction française de Plutus et des Nuées d'Aristophane, et, en 1688, de Térence.

Mais son grand titre de gloire fut sa traduction en français de l'Iliade, paru en 1711, accompagnée de notes fort savantes.

La Préface nous touche encore où Madame Dacier exprimait la douleur d'avoir perdu peu auparavant une fille de dix-huit ans, alors que la mort lui avait déjà ravi un fils de onze ans Ce grand amour de Madame Dacier pour les Anciens était tel qu'il la fit descendre en lice lorsque, à propos d'Homère, se rouvrit, pour la seconde fois, la querelle des Anciens et des Modernes En 1714, La Motte publiait en vers une Iliade réduite et précédée d'un Discours sur Homère, où il essayait de prouver les imperfections du poème, ce qui lui attira une violente réponse de Madame Dacier, Des causes de la corruption du goût.

Poursuivant son oeuvre, Madame Dacier donnait, en 1716, la traduction française de l'Odyssée. Cette femme étonnante, dont le talent de traducteur surpassa celui de son époux, mourut d'une attaque d'apoplexie le 17 août 1720.

Saint-Simon l'a peinte ainsi : "Elle n'était savante que dans son cabinet ou avec les savants ; partout ailleurs simple, unie, avec de l'esprit, agréable dans la conversation, où on ne se serait pas douté qu'elle sût rien de plus que les femmes les plus ordinaires".

Au siècle de Philaminthe, n'est-ce pas le plus bel éloge pour cette Femme savante ?. »

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