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L'oeuvre de Mérimée

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Prosper Mérimée, pur parisien, appartient à une famille bourgeoise et artiste de tendances voltairiennes. Aussitôt ses études achevées, il fréquente les salons, où il fait briller sa culture et son esprit; il se lie d'amitié avec Stendhal. Au début de sa vie littéraire, il cherche sa voie; mais déjà il s'impose à l'attention de ses contemporains, d'abord en les mystifiant, puis en flattant leur goût de l'histoire. Les mystifications. En 1825, Mérimée publie, sous le titre Théâtre de Clara Gazul, un ensemble de pièces qu'il attribue à une comédienne espagnole. Quelques-unes de ces pièces sont de simples pochades; d'autres, beaucoup plus élaborées, comme Les Espagnols en Danemark, drame historique, ont pu être portées à la scène avec succès. A ce théâtre pseudo-espagnol succèdent en 1827, sous le titre La Guzla (anagramme de Gazul), des ballades pseudo illyriennes, présentées à grand renfort de notes, qui égarèrent plus d'un érudit. Les tableaux d'histoire. Après ces débuts brillants et un peu scandaleux, Mérimée cultive plus sérieusement le pittoresque à la mode. Il fait revivre le Moyen Age dans les scènes dramatiques de La jacquerie et de La Famille de Carvajal; puis il compose un roman historique mouvementé et coloré, la Chronique du règne de Charles IX (1829).

« Mérimée révéla de bonne heure la virtuosité de son talent et s 'imposa définitivement lorsqu'il eut découvert les ressources d'un genre à sa mesure : la nouvelle. A La carrière de Mérimée LE DILETTANTE (1803-1829) P rosper M érimée, pur parisien, appartient à une famille bourgeoise et artiste de tendances voltairiennes.

A ussitôt ses études achevées, il fréquente les salons, où il fait briller s a culture et s on esprit; il se lie d'amitié avec Stendhal.

A u début de sa vie littéraire, il cherc he sa voie; mais déjà il s'impose à l'attention de ses contemporains, d'abord en les mystifiant, puis en flattant leur goût de l'histoire. Les mystifications.

E n 1 8 2 5 , M érimée publie, s ous le titre Théâtre de Clara Gazul, un e n s e m b l e d e p i è c e s qu'il attribue à une comédienne espagnole. Q uelques-unes de ces pièces sont de simples pochades; d'autres , beaucoup plus élaborées, c omme Les Espagnols en Danemark, drame historique, ont pu être portées à la sc ène avec succ ès.

A ce théâtre ps eudo-espagnol suc cèdent en 1827, sous le titre La Guzla (anagramme de Gazul), des ballades pseudo illyriennes, présentées à grand renfort de notes, qui égarèrent plus d'un érudit. Les tableaux d'histoire.

A près c e s débuts brillants et un peu scandaleux, M érimée cultive plus sérieusement le pittoresque à la mode.

Il fait revivre le M oyen A ge dans les scènes dramatiques de La jacquerie et de La Famille de Carvajal; puis il compose un roman historique mouvementé et c oloré, la Chronique du règne de Charles IX (1829). Chronique du règne de Charles IX. A u cours de tumultueuses réjouissanc es, le calvinis te Bernard de M ergy s'est fait dire la bonne aventure; il a appris qu'il se laisserait charmer par des « yeux bleus » et qu'il verserait « s on propre sang ».

A Paris, il est entraîné dans une vie de plaisirs par son frère Georges, passé au parti catholique, et il conquiert la faveur royale: il tombe amoureux de la comtesse Diane de T urgis , se bat pour elle, et va peut-être se convertir pour ses « yeux bleus ».

M ais la Saint-Barthélemy éclate : Bernard retrouve l'ardeur de ses convictions c alvinistes; sauvé du massac re par Diane, il gagne la Roc helle et, dans les hasards d'une escarmouche, tue Georges, « son propre s ang », LE NOUVELLISTE (1829-1870) E n 1 8 2 9 , M érimée publie dans la Revue de Paris plusieurs écrits en prose q u i s o n t a c cueillis avec beauc oup de faveur : il a trouvé sa vraie vocation d'écrivain.

Désormais, s'il se plaît à composer des ouvrages variés, qui touchent à l'archéologie, à l'histoire ou à la critique littéraire, il donne le meilleur de ses soins au genre de la é nouvelle », qu'il veut amener à son plus haut degré de perfection. La nouvelle brève.

Mérimée débute dans le genre par des oeuvres d'une brièveté extrême, où l'intrigue est réduite à une simple situation.

L'Enlèvement de la redoute est le récit intense et nu d'un as saut meurtrier; Mateo Falcone est une illustration dramatique de l'honneur corse; Vision de Charles XI décrit une halluc ination prophétique dont un roi de Suède aurait été la victime.

La matière est un peu plus ample dans Tamango, où M érimée raconte une révolte d'esclave, dans Federigo, où il rapporte une prétendue légende napolitaine, dans La Partie de trictrac et dans Le Vase étrusque, où il aborde, sobrement, l'analyse psychologique.

Elles ont été réunies en recueil, avec des ballades et des impressions d'Espagne, sous le titre Mosaïque (1833). L'élargissement du genre.

En 1834, Mérimée est nommé inspecteur des monuments historiques.

A u cours de ses voyages, son expérience s'enrichit.

Il visite non s eulement les provinces françaises, mais la C orse, l'Italie, la Grèce, l'A s i e M ineure et aussi l'Espagne, qu'il c onnaît déjà.

Les nouvelles de sa maturité, L e s A mes du purgatoire (1834), La V énus d'Ille (1836), A rsène Guillot (1846) sont plus étoffées ; deux d'entre elles, C olomba (1840) et C armen (1845), peuvent même être considérées comme de brefs romans. La Vénus d'Ille.

Un archéologue catalan a découvert une V énus en bronze.

Son fils est sur le point de se marier; le matin de la c érémonie, il engage une partie de paume contre les Espagnols et, pour ne pas être gêné en jouant, pass e au doigt de la statue la bague qu'il destine à sa future femme, Le soir, boulevers é, il révèle qu'il n'a pu reprendre l'anneau et que la V énus a serré le doigt pour le garder comme un gage de fiançailles.

Le lendemain matin, on le trouve raide mort dans son lit; et s a jeune femme prétend que la V énus est venue l'étouffer.

Un A ragonais , arrêté, est bientôt relâc hé faute de preuves; et le juge d'instruction ne peut éclaircir le mystère. Colomba.

Un jeune lieutenant en demi-solde, Ors o, fait connaissanc e, en regagnant la C orse, sa patrie, du colonel N evil et de sa fille Lydia, dont il s'éprend. A son arrivée dans l'île, sa soeur C olomba trouble son beau rêve en l'appelant à une vendetta contre les Barric ini, meurtriers de leur père.

Orso, bles sé par les deux frères Barricini, riposte et les abat d'un coup double, puis gagne le maquis; C olomba et Lydia le rejoignent; mais la petite troupe es t capturée.

O rso est considéré c omme ayant agi en état de légitime défens e et célèbre ses fiançailles avec Lydia, tandis que C olomba, implac able, savoure son triomphe en présence du vieux Barric ini mourant. Les dernières oeuvres.

Vers 1848, Mérimée se passionne pour la littérature russe; il trouve dans les oeuvres de P ouchkine, de Gogol ou de T ourguenieff une justification de son goût pour un pittoresque vigoureux ou pour un pathétique intense.

Ses relations personnelles avec Eugénie de Montijo lui valent, sous le Second Empire, d'être reçu aux T uileries.

Nommé sénateur, il devient un familier de la Cour.

Il compos e ses dernières nouvelles, entre autres Lokis, dont le héros , un comte lithuanien, participe à la fois de l'homme et de l'ours, et Djoumane, où se trouvent retracés, dans un décor afric ain, les épisodes d'un rêve troublant. B Le talent de Mérimée LES CURIOSITÉS ROMANTIQUES Mérimée a subi l'influence des modes et des goûts romantiques.

Il cultive l'élégance du dandy.

Il possède la pas sion des voyages et il élargit sans cesse les limites de son horizon; il aime l'his toire, recherc he l'exotis me et la couleur locale : vers 183o, il se taille un domaine littéraire en Espagne, comme Stendhal en Italie; vingt ans plus tard, il révèle à ses compatriotes la littérature et la civilisation rus ses.

Toujours à l'exemple des romantiques, il détes te la réalité commune : d a n s s e s nouvelles, il tâche c onstamment de rompre avec la monotonie de la vie quotidienne; i l s c andalise le bourgeois en décrivant des sensations intenses , des passions primitives et fatales; il accorde une place importante à des épisodes fantastiques. LES TENDANCES RÉALISTES Au goût de l'étrange et du pittoresque, Mérimée joint le souci de l'information précise et du détail vrai.

Lecteur impénitent, enquêteur inlassable, partout où il passe, il se renseigne s ur les moeurs , sur les croyànces, sur les oeuvres; il interroge ses guides, hante les musées et les bibliothèques, parcourt les campagnes et se livre ainsi à une prospection méthodique, qui se c oncilie avec son amour des plaisirs et laisse intacte sa liberté d'esprit : en Espagne, il s'informe des s uperstitions valenciennes, s'entretient avec des cigarières et des toréadors, côtoie avec ravissement un bandit de grand chemin.

Il conte souvent à la première personne, tout en conservant un ton calme et détaché; de la sorte, il donne à son récit un air d'authenticité et d'objectivité. L'INTELLIGENCE CLASSIQUE Mérimée contrôle sévèrement s es diverses tendances et cherche avant tout à produire un effet d'art.

A vec rigueur, il fixe l'esthétique de la nouvelle, qui doit être, selon lui, une oeuvre logiquement organisée dans sa brièveté même pour éveiller chez le lecteur une émotion forte et intense.

Il pense que les qualités principales du conteur ou du nouvellis te sont la rapidité, la concis ion et le relief.

Quand il écrit, sa raison lucide choisit et retient les détails utiles à s on dessein d'ensemble : ses descriptions , sobres et suggestives, sont étroitement liées à l'action; ses personnages sont prés entés en quelques traits et se peignent essentiellement par leurs actes; son style vaut avant tout par la simplic ité et la c larté.

C ette technique impeccable a ses limites : l'oeuvre est un peu figée dans sa perfection, un peu s è c h e dans sa sobriété, un peu c ourte dans sa mesure; elle séduit l'intelligenc e, mais éveille peu de résonanc es vraiment profondes dans les âmes.. »

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