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L'oeuvre d'ANDRÉ MALRAUX

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La carrière aventureuse d'André Malraux inspire directement son oeuvre romanesque. Il conduit d'abord une mission archéologique dans le Haut-Laos, participe à la fondation du mouvement « Jeune Annam » et, plus tard, à la guerre civile chinoise : ses premiers livres, Tentation de l'Occident (1926), Les Conquérants (1928), La Voie royale (193o), La Condition humaine (1933), font écho à ce tumultueux séjour en Extrême-Orient. Revenu en Europe, il se consacre à la lutte contre le nazisme et le fascisme; après un voyage à Berlin, il publie Le Temps du mépris (1935), dont l'action se déroule dans les prisons hitlériennes. En 1936, il gagne les rangs des républicains espagnols : L'Espoir (1938) évoque leurs douloureux combats. En 1939, il est mobilisé dans les chars, blessé, fait prisonnier; il s'évade, milite dans la Résistance, puis commande une brigade dans l'armée de Libération. La guerre lui fournit, en même temps que de nouvelles occasions d'héroïsme, de nouveaux thèmes de réflexion; un dernier récit en témoigne, Les Noyers de l'Altenburg (1945).

« ANDRÉ MALRAUX (né en 1901) La carrière aventureuse d'André Malraux inspire directement son oeuvre romanesque.

Il conduit d'abord une mission archéologique dans le Haut-Laos, participe à la fondation du mouvement « Jeune Annam » et, plus tard, à la guerre civile chinoise : ses premiers livres, Tentation de l'Occident (1926), Les Conquérants (1928), La Voie royale (193o), La Condition humaine (1933), font écho à ce tumultueux séjour en Extrême-Orient.

Revenu en Europe, il se consacre à la lutte contre le nazisme et le fascisme; après un voyage à Berlin, il publie Le Temps du mépris (1935), dont l'action se déroule dans les prisons hitlériennes.

En 1936, il gagne les rangs des républicains espagnols : L'Espoir (1938) évoque leurs douloureux combats.

En 1939, il est mobilisé dans les chars, blessé, fait prisonnier; il s'évade, milite dans la Résistance, puis commande une brigade dans l'armée de Libération.

La guerre lui fournit, en même temps que de nouvelles occasions d'héroïsme, de nouveaux thèmes de réflexion; un dernier récit en témoigne, Les Noyers de l'Altenburg (1945). La Voie royale. Claude Vannec, un jeune archéologue, a été chargé par le gouvernement français d'une mission en Indochine et se propose de suivre dans la brousse l'ancienne voie royale khmère qui reliait Angkor et les lacs au bassin de la Ménam; il compte retrouver, parmi les ruines des anciens temples brahmaniques, de précieux objets d'art, dont il ne se ferait pas scrupule de garder le bénéfice en salaire de cette périlleuse expédition.

Sur le bateau qui l'amène en Asie, il se lie avec un aventurier danois, Perken, qui jouit au Siam d'un prestige personnel considérable.

Les deux hommes décident de s'associer.

A l'Institut français d'Hanoï, puis chez le Délégué de la Résidence à Pnom-Penh, Claude reçoit un accueil réticent, mais obtient les réquisitions de charrettes nécessaires à son entreprise. Claude et Perken avancent dans la forêt, au prix d'immenses difficultés, avec une escorte de chevaux et de conducteurs; ils parviennent à desceller un bas-relief de grande valeur.

Mais le Cambodgien que la Résidence avait adjoint à la caravane les trahit et disparaît avec tous les conducteurs; ils doivent, pour continuer la route, abandonner leur trésor.

Ils décident de passer au Siam, en zone dissidente; Perken voudrait rejoindre un autre aventurier, Grabot, déserteur de l'armée française, qui, selon ses conjectures, serait devenu le chef d'une tribu indigène.

Ils finissent par découvrir Grabot aveuglé, mutilé, réduit en servitude.

Non sans mal, ils négocient sa liberté.

Perkee, cependant, se blesse au genou en tombant sur une lancette de guerre fichée en terre et contracte une arthrite suppurée.

Se sachant perdu, il suit avec une anxiété impuissante les progrès d'une colonne de répression que le gouvernement siamois a dépêchée en territoire insoumis et meurt, assisté par Claude, en revoyant son tumultueux passé. La Condition humaine. A Shanghai, dans la nuit du 21 mars 1927, des agitateurs communistes, Tchen, Kyo, le Russe Katow, attendent pour déclencher l'insurrection l'arrivée imminente des troupes du Kuomintang, placées sous le commandement de Chang-KaïShek.

Tchen, au prix d'un meurtre, s'est emparé d'un document qui va permettre aux communistes de se procurer de nouvelles armes; Kyo recourt aux offices d'un dévoyé, le baron de Clappique, pour faciliter l'entreprise. Le lendemain, l'armée parvient dans les faubourgs de la ville; mais le général est près de rompre avec ses alliés communistes et d'entrer en contact avec des capitalistes chinois et français dont l'appui doit lui assurer une autorité absolue.

La grève, puis l'insurrection éclatent; mais l'armée reprend l'initiative et Chang-Kaï-Shek exige des insurgés la livraison de leurs armes. Kyo s e rend à Han-Kéou pour demander aux responsables communistes l'autorisation de résister aux volontés du général; mais l'Internationale ne juge pas venu le moment d'entrer en conflit ouvert avec lui.

Tchen organise alors contre Chang-Kaï-Shek un attentat qui échoue; blessé, il s'achève d'un coup de revolver. Cependant, la répression s'organise.

Clappique apprend que Kyo va être arrêté, mais, par aboulie, s'attarde dans une maison de jeu au moment de le prévenir, puis demande en vain sa grâce au chef de la police.

Condamné à mort, Kyo échappe au supplice en absorbant du cyanure; Katow, tombé lui aussi entre les mains de l'autorité militaire, abandonne, par un acte de dévouement sublime, sa propre réserve de cyanure à deux autres condamnés et se livre aux bourreaux qui vont le brûler vif.

Ainsi triomphent les intérêts capita- listes; mais la Révolution aura sans doute un jour sa revanche et sa vengeance. La pensée de Malraux.

Pour Malraux, l'oeuvre doit porter témoignage, illustrer une réflexion et impliquer une leçon : « Il se peut que l'un des plus hauts pouvoirs de l'art soit de donner conscience à des hommes de la grandeur qu'ils ignorent en eux »; « Le roman moderne est, à mes yeux, un moyen d'expression privilégié du tragique de l'homme.

» Dans tous ses romans, Malraux décrit l'homme d'aujourd'hui aux prises avec les nécessités de l'histoire et la rigueur du destin.

Sa pensée a gagné, cependant, d'un livre à l'autre, en humanité et en profondeur.

Les personnages principaux d e s Conquérants et de La Voie royale ne considèrent l'aventure que comme un recours gratuit contre le désespoir; mais Kyo, dans La Condition humaine, lutte pour arracher ses compagnons à leur humiliante servitude : « Sa vie avait un sens, et il le connaissait : donner à chacun de ces hommes que la famine, à ce moment même, faisait mourir comme une peste lente, la possession d e sa propre dignité »; Kassner, dans Le Temps du mépris, découvre la grandeur de cette « fraternité virile » qui conduira un camarade inconnu à se laisser exécuter à sa place, dans l'intérêt de leur cause commune.

Malraux entend construire un humanisme moderne qui, en exaltant le génie de l'homme, assure le triomphe des forces de l' « espoir » sur celles du « mépris ». L'art de Malraux.

André Malraux peint de vastes tableaux où l'événement historique s'inscrit dans sa complexité : les premières pages de L'Espoir, par exemple, nous font assister aux multiples efforts de l'état-major des républicains espagnols pour déterminer la ligne d'un front toujours mouvant.

Devant cette toile de fond puissamment animée et colorée s'affrontent les protagonistes du drame; dialogues abrupts et scènes de violence se succèdent sur un rythme haletant.

Cette technique, rehaussée par le prestige d'une langue dense, s'apparente à celle de l'art cinématographique ou du roman américain. L'évolution de Malraux.

Malraux s'est éloigné de la création romanesque, comme de l'idéologie révolutionnaire.

Il s'attacha à la personne du général d e Gaulle, entra dès 1945 dans son gouvernement, s'associa à son action politique et devint un ministre de la Cinquième République.

Ses derniers ouvrages le montrent particulièrement attiré vers la réflexion esthétique.

Sous le titre collectif Psychologie de l'art (19481950), il a dressé un immense bilan des richesses accumulées par la création artistique depuis les origines de l'humanité.

Selon Malraux, l'homme d'aujourd'hui dispose, grâce aux albums, aux recueils, aux répertoires, d'un « musée imaginaire », où sont rassemblées, métamorphosées d'ailleurs par le temps, les reliques des civilisations mortes.

Toutes ces manifestations du génie humain, dont notre culture embrasse les formes multiples, attestent une lutte engagée par l'artiste pour échapper à sa condition mortelle.

Chaque oeuvre d'art est donc la victoire d'un individu sur sa servitude et l'art, considéré dans la succession de ses chefs-d'oeuvre, est la victoire du génie sur le destin.

Ainsi se retrouve, à travers les ruines accumulées par les siècles, une raison permanente de croire à la force et à l'honneur d'être un homme.. »

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