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Les mains d'Elsa par Louis ARAGON

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Les mains d'Elsa par Louis ARAGON Donne-moi tes mains pour l'inquiétude Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude Donne-moi te mains que je sois sauvé Lorsque je les prends à mon pauvre piège De paume et de peur de hâte et d'émoi Lorsque je les prends comme une eau de neige Qui fond de partout dans mes main à moi Sauras-tu jamais ce qui me traverse Ce qui me bouleverse et qui m'envahit Sauras-tu jamais ce qui me transperce Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli Ce que dit ainsi le profond langage Ce parler muet de sens animaux Sans bouche et sans yeux miroir sans image Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent D'une proie entre eux un instant tenue Sauras-tu jamais ce que leur silence Un éclair aura connu d'inconnu Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme S'y taise le monde au moins un moment Donne-moi tes mains que mon âme y dorme Que mon âme y dorme éternellement.

« Introduction. 1.

a) Aragon, poète surréaliste, a écrit de nombreux poèmes adressés à sa femme Eisa. b) Les mains d'Eisa, poème tiré du recueil Le Fou d'Eisa (1964).

Thème de la femme qui apaise et sauve le poète par son amour. 2.

Annonce de plan. I.

L'angoisse du poète. II.

Le rôle de la femme. III.

La transfiguration par la prière. I.

L'angoisse du poète. A.

Les degrés de l'angoisse. Une montée dans l'angoisse, qui vient progressivement. 1.

« L'inquiétude ». 1er stade : absence de tranquillité, malaise au niveau psychologique. 2.

La « solitude ». 2e stade : il a besoin de quelqu'un, et plus particulièrement de la femme qu'il aime.

Cette solitude est probablement l'une des causes, sinon la cause de son inquiétude. 3.

La peur d'être perdu. Il a besoin d'« être sauvé », son angoisse prend donc une forme plus profonde ; au moins vitale, au plus métaphysique ou religieuse.

Sa peur devient donc de plus en plus grande. B.

La peinture de l'angoisse. 1.

Son trouble. Il ne sait pas ce qu'il retient ou non : « mon pauvre piège » s'oppose à « comme une eau de neige ».

Accumulation de sentiments : « de peur, de hâte et d'émoi.

» 2.

Les symptômes. a) La montée de l'angoisse, qui prend possession du poète de façon douloureuse; «me traverse», «me bouleverse», « m'envahit », me transperce », « j'ai tressailli » : tous ces verbes expriment une sensation pénible subie par le poète. b) L'incapacité d'exprimer ce malaise, c'est un « parler muet » qui vient des sens, « qui n'a pas de mots » : c'est donc un trouble d'autant plus effrayant qu'il ne peut pas s'exprimer.

C'est en effet une caractéristique de l'angoisse, déjà si bien décrite par Baudelaire dans ses poèmes sur le Spleen : un trouble psychique traduit par des manifestations physiques, mais dont on ne connaît pas bien soi-même la cause. c) Le rôle du silence. « Sauras-tu jamais » ; il souffre, et la femme ne le sait pas, ou au moins elle ne sait pas pourquoi.

Lui ne sait pas non plus ce que ses doigts à elle pensent.

Donc incompréhension mutuelle, et douleur. C.

L'expression poétique de cette angoisse. 1.

Le rôle du rythme. d) Pas de ponctuation : un certain flou, une certaine confusion de la pensée, en même temps qu'une caractéristique du Surréalisme. e) Une série d'interrogations : rythme haletant, incertitude totale, et pas de réponses, donc d'autant plus douloureuses. 2.

Une absence de logique. a) Renforcé par la ponctuation. b) Pas de mots de liaison logique, tels que or, donc, mais. c) Des formules obscures : « Un éclair aura connu d'inconnu.

» d) Des images surprenantes qui heurtent : « Sans bouche et sans yeux miroir sans image.

» II.

Le rôle de la femme. La femme, Eisa, agit à travers les mains. A.

Remède à l'inquiétude et à la solitude ? 1.

Les mains secourables.Une main tendue aide le poète à être moins seul, et l'apaise : « Donne-moi tes mains pour l'inquiétude...

» 2.

Les mains ambiguës.. »

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