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Le développement des sciences doit-il justifier notre optimisme ?

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« PLAN ADOPTÉ DANS LE DEVOIR I.

Les dangers dus au progrès scientifique incitent au pessimisme - Des risques importants et variés... - Dans un contexte peu favorable à leur réduction II.

L'optimisme reste possible à des conditions précises - La réflexion doit précéder et accompagner les progrès - La coordination de ces efforts est nécessaire DEVOIR RÉDIGÉ Depuis le xviiie siècle la science et les techniques ne cessent de progresser.

Les effets bienfaisants de ces découvertes ne manquent pas : allongement de la vie, essor des communications...

Mais leurs retombées peuvent aussi se révéler nocives, avec la pollution, l'invention d'armes nouvelles, ou des pratiques médicales défiant l'éthique. Louis de Broglie, physicien français dont les recherches aboutirent à des avancées techniques, s'est inquiété en 1947, dans son ouvrage Physique et Microphysique, des risques encourus par les hommes lorsqu'ils jouent aux apprentis sorciers.

Cependant, conscient de l'irréversibilité du progrès, il espère que « nous serons assez raisonnables pour employer l'accroissement de notre puissance à des fins bienfaisantes », et que l'homme montrera « la sagesse de sa volonté » après avoir fait preuve de « la force de son intelligence ». Cet optimisme s'accorde-t-il avec la réalité ? Les conséquences du progrès, y compris depuis 1947, restent inquiétantes, et seule la coordination des efforts de tous permettra de justifier les espoirs du physicien. La science est destructrice autant que bienfaitrice.

En 1947, L.

de Broglie pouvait penser aux bombes de Hiroshima, aux expériences médicales nazies.

Si de tels désastres furent évités depuis, les menaces demeurent réelles dans plusieurs domaines. L'environnement souffre des méfaits dus aux techniques incontrôlées.

Chaque jour une pollution insidieuse détruit la nature : des pluies acides attaquent les arbres ; les gaz industriels asphyxient les villes, et réduisent la couche d'ozone.

Des déchets radioactifs sont enfouis dans le sol ou dans la mer, sans que l'on sache toujours quels sont leurs effets.

L'accident de Tchernobyl a montré quelles catastrophes provoque l'insécurité des centrales nucléaires. La prolifération des armes reste aussi inquiétante malgré l'absence de conflit mondial depuis 1945.

Cette prolifération est dite verticale, lorsqu'elle se traduit par des améliorations techniques.

Par exemple, les ogives nucléaires sont désormais beaucoup plus puissantes qu'à Hiroshima ; la bombe à neutrons est capable de détruire les êtres sans toucher aux matériels ni aux bâtiments.

Mais on parle aussi de prolifération horizontale, parce que des pays, de plus en plus nombreux, se dotent de l'arme nucléaire (URSS, France, Grande-Bretagne, Chine depuis 1945) ou d'autres moyens moins performants, mais plus menaçants encore parce qu'il est tentant de les employer.

Malgré une convention de Genève par laquelle de nombreux États ont proscrit les armes chimiques en 1925, celles-ci furent utilisées par l'Irak dans le conflit iranien (1980-1988). Les innovations médicales risquent de transformer la vie, la mort et l'identité des hommes.

Par exemple, l'insémination artificielle permet à des couples stériles d'avoir un enfant, mais laisse dans les congélateurs des hôpitaux des ovules fécondés dont la destruction ou l'emploi éventuel posent des problèmes éthiques.

Les greffes donnent lieu à des trafics d'organes.

La science permet aussi de conserver artificiellement vivants durant des années des êtres cérébralement morts. Or le détournement des techniques vers des pratiques dangereuses ou immorales est difficile à éviter, car il favorise des intérêts économiques ou politiques très puissants et variés. Ainsi les pesticides, les engrais chimiques, les hormones accroissent la productivité de l'agriculture et de l'élevage, au détriment de la santé des humains ou de la terre.

La société de consommation multiplie les objets jetables, faits dans des matières peu coûteuses, comme le plastique, mais difficiles à éliminer.

Des firmes pétrolières peu scrupuleuses déversent leurs déchets en mer malgré les interdictions légales, au lieu de financer leur retraitement. La course aux armements s'explique par les rivalités entre les deux blocs, occidental et communiste, mais aussi par le désir des Etats du Tiers Monde de peser grâce à ce moyen sur la scène politique.

On nomme les armes chimiques la «bombe des pauvres », car elles permettent d'inspirer le respect aux pays voisins même sans posséder l'arme nucléaire. Mais les intérêts et les comportements individuels ont aussi leur part dans ces méfaits : la multiplication des voitures au détriment des transports en commun augmente la pollution des villes; l'abus des médicaments, somnifères ou psychotropes, particulièrement en France, ruine en fait la santé de ceux qu'ils devraient soulager. Souvent ces phénomènes sont d'une complexité redoutable par les intérêts divers qui se mêlent pour les créer.

La médiatisation des compétitions sportives pousse ainsi les athlètes à se doper pour améliorer un record, au mépris de l'idéal olympique. C'est pourquoi L.

de Broglie semble bien optimiste lorsqu'il espère que l'homme saura maîtriser la science par la sagesse de sa volonté.

Les tentatives faites pour sauver la nature ou éviter les usages immoraux de la science se heurtent donc à d'importantes difficultés.

Chico Mendès, qui voulait protéger la forêt amazonienne de la déforestation, a été assassiné par ceux qui tirent profit de l'exploitation effrénée du bois.

Les lois, les règles de sécurité existantes sont souvent violées. L'optimisme de L.

de Broglie n'est possible que si une prise de conscience générale, et de tous les instants, s'oppose à ces tendances puissantes générées par la recherche du profit ou l'égoïsme. D'abord, la réflexion sur le progrès doit précéder l'action.

La recherche appliquée peut étudier, lors de la conception d'un produit, les moyens de rendre son élimination plus facile.

Le gaspillage des matières premières peut aussi être. »

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