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Le but d'une dernière page de roman est-il uniquement de donner un dénouement à l'histoire ?

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EAF 2009 Objet d’étude : le roman et ses personnages : visions de l’homme. Séries générales. Textes : Texte A Maupassant (1850-1883) Une Vie, chapitre XIV (1883) Texte B Zola (1840-1902) Germinal, septième partie, chapitre VI (1885) Texte C Giono (1895-1970) Regain, deuxième partie (1930) Texte D Malraux (1901- 1976) La Condition humaine,septième partie (1933) Texte E Albert Camus (1913-1960) La Peste, 5° partie, chapitre 5 (1947) Dissertation Le but d’une dernière page de roman est-il uniquement de donner un dénouement à l’histoire ? Vous répondrez dans un développement organisé, en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles. Le commentaire porte sur le texte de Giono et le corpus demande quelle conception de la vie chacune de ces fins de roman vous paraît-elle transmettre ? Quels rapprochements peut-on faire entre ces textes ? A noter dans le sujet d’invention les formules suivantes : « méditation finale d’un personnage sur ce qu’il a vécu, méditation du personnage principal qui revient sur l’ensemble de son itinéraire ». Introduction Genre protéiforme, le roman connaît encore aujourd’hui un succès considérable. Il est bien difficile, après avoir cité Candide, Don Quichotte, Le comte de Monte-Cristo, Madame Bovary, La Peste, d’en donner une définition satisfaisante. Mélange de réalité et de fiction, il est assez souvent l’histoire d’un protagoniste qui connaît de multiples épreuves avant de trouver l’échec ou le succès. Sous cet angle, on conçoit aisément que la dernière page d’un roman vise d’abord à conclure des aventures, un parcours ou un apprentissage. Mais il existe aussi des romans, où, à côté de l’histoire singulière du héros, se dénoue également une histoire collective. L’auteur nous transmet dans sa conclusion une vision réaliste de la vie sociale de son époque, et sa conception particulière de la vie et de l’homme. Enfin, des romans comme La Peste, Un roi sans divertissement, découvrent même, y compris dans l’épilogue, une explication philosophique de la condition humaine.

« EAF 2009 Objet d'étude : le roman et ses personnages : visions de l'homme. Séries générales. Textes : Texte A Maupassant (1850-1883) Une Vie, chapitre XIV (1883) Texte B Zola (1840-1902) Germinal, septième partie, chapitre VI (1885) Texte C Giono (1895-1970) Regain, deuxième partie (1930) Texte D Malraux (1901- 1976) La Condition humaine,septième partie (1933) Texte E Albert Camus (1913-1960) La Peste, 5° partie, chapitre 5 (1947) Dissertation Le but d'une dernière page de roman est-il uniquement de donner un dénouement à l'histoire ? Vous répondrez dans un développement organisé, en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles. Le commentaire porte sur le texte de Giono et le corpus demande quelle conception de la vie chacune de ces fins de roman vous paraît-elle transmettre ? Quels rapprochements peut-on faire entre ces textes ? A noter dans le sujet d'invention les formules suivantes : « méditation finale d'un personnage sur ce qu'il a vécu, méditation du personnage principal qui revient sur l'ensemble de son itinéraire ». Introduction Genre protéiforme, le roman connaît encore aujourd'hui un succès considérable. Il est bien difficile, après avoir cité Candide, Don Quichotte, Le comte de Monte-Cristo, Madame Bovary, La Peste, d'en donner une définition satisfaisante. Mélange de réalité et de fiction, il est assez souvent l'histoire d'un protagoniste qui connaît de multiples épreuves avant de trouver l'échec ou le succès. Sous cet angle, on conçoit aisément que la dernière page d'un roman vise d'abord à conclure des aventures, un parcours ou un apprentissage. Mais il existe aussi des romans, où, à côté de l'histoire singulière du héros, se dénoue également une histoire collective. L'auteur nous transmet dans sa conclusion une vision réaliste de la vie sociale de son époque, et sa conception particulière de la vie et de l'homme. Enfin, des romans comme La Peste, Un roi sans divertissement, découvrent même, y compris dans l'épilogue, une explication philosophique de la condition humaine. La dernière page d'un roman apporte d'abord, tout naturellement, un dénouement à l'histoire. L'extrait de La Peste de Camus le montre clairement. Le récit s'achève avec la fin de l'épidémie de peste et la libération des Oranais. Au milieu de la nuit et du feu d'artifice, nous suivons la méditation solitaire du docteur Rieux sur la fin de la tragédie. Nous découvrons que l'auteur de la chronique, anonyme jusque là, est précisément Rieux. Il se souvient des disparus, Tarrou, le fils de l'avocat général, le créateur des formations sanitaires, Cottard le trafiquant. Rieux ressent un mélange de joie et de tristesse à la pensée des disparus, et constate la permanence de la nature humaine, qui reprend le dessus après l'épreuve. Dans Germinal, Etienne Lantier, le personnage principal, repart du Voreux comme il est arrivé, solitaire et sans ressources.La grève des mineurs a «échoué et le travail a repris : »les batteries des fours à coke fumaient dans l'air transparent du matin ». En quittant le pays, Lantier semble les voir et les entendre, sous ses pas, sous les blés, comme La Maheude, marquée par la mort des siens, et toujours accablée par la misère. Le paysage minier a été en outre dévasté par l'inondation. Nous connaissons bien la fin du grand roman d'aventures d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo. Après de nombreuses années d'emprisonnement, le héros parvient à s'enfuir, obtient une triple vengeance sur ses adversaires, le jaloux, l'autre qui convoitait sa fiancée, et le troisième qui espérait en le perdant, obtenir de l'avancement. Il se marie enfin et connaît le bonheur. Le lecteur est satisfait de cette fin heureuse, et voit avec plaisir triompher la justice et l'amour. La fin du roman de Maupassant, Une Vie, donne même les signes d'une conclusion, la fin de la journée, et « le soleil baissait sur l'horizon ».Jeanne est au soir de sa vie, et elle a retrouvé sa servante de jadis, Rosalie. Grâce à celle-ci, elle revoit d'abord sa petite- fille, et reverra bientôt son fils Paul, aujourd'hui veuf. C'est Rosalie elle-même qui tire le bilan d'une vie si agitée avec ces derniers mots : »La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit. » Ces propos dévoilent aussi la vision du monde pessimiste et désabusée de Maupassant. L'épilogue d'un roman peut traduire une conception générale de la vie, réaliste ou naturaliste, héroïque , ou en harmonie avec la nature.Il ne se limite pas alors à conclure, mais au contraire ouvre sur l'avenir. Comme Emma Bovary, Jeanne s'est laissée guider par son imagination, sa rêverie, sa sensibilité extrême.Elle est demeurée totalement passive, et a accumulé tous les malheurs sans même réagir, contrairement à l'héroïne de Flaubert qui décide de se suicider ; Maupassant dénonce cette emprise de l'imagination, et la condition indigne faite à la femme, en cette fin du 19° siècle, objet passif entre les mains de ses parents puis d'un mari volage et tout puissant. En même temps, la leçon de vie se précise, grâce au symbole fort de la germination, que nous retrouvons »

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