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La poésie française contemporaine

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La poésie, tout en étant dominée par la permanence poétique apportée par les auteurs qui ont commencé à publier avant la Seconde Guerre mondiale, comme René Char, Henri Michaux, Saint-John Perse ou encore Aragon, fait preuve dans les années 60 et 70 d'une belle vitalité. Dresser un panorama de la poésie française de ces trente dernières années ne saurait donner une vision autre que subjective et lacunaire. La multiplicité des revues et des maisons d'éditions ­ malgré une situation de crise éditoriale ­ et la diversité des voix poétiques qui s'y expriment, sont la preuve d'un prodigieux renouvellement de la poésie contemporaine. Une manifestation comme le " Marché de la Poésie " qui se tient tous les ans depuis 1972 place Saint-Sulpice à Paris, et son succès auprès d'un public toujours plus nombreux sont significatifs non seulement d'un intérêt mais d'un besoin. Dans les années 50, on pouvait assez facilement distinguer entre les tenants d'une tradition d'écriture soucieuse de la syntaxe et du vocabulaire à travers des expériences poétiques aussi diverses que celle de Saint-John Perse, visionnaire et lexicographe, à celle plus tendue de René Char, aphoristique et métaphysique ­ à l'instar de l'écriture de Michaux plus tournée vers la découverte intérieure de l'être. D'autre part, l'expérience de Francis Ponge est essentiellement poétique, dans le parti pris des choses qu'il développe dans son oeuvre. Figures inclassables aussi que celle d’André Frénaud et Eugène Guillevic, poète équilibriste entre la rudesse et la fragilité, à l'écoute du monde et de ses frémissements.

« La poésie française contemporaine La poésie, tout en étant dominée par la permanence poétique apportée par les auteurs qui ont commencé à publier avant la Seconde Guerre mondiale, comme René Char, Henri Michaux, Saint-John Perse ou encore Aragon, fait preuve dans les années 60 et 70 d'une belle vitalité.

Dresser un panorama de la poésie française de ces trente dernières années ne saurait donner une vision autre que subjective et lacunaire.

La multiplicité des revues et des maisons d'éditions malgré une situation de crise éditoriale et la diversité des voix poétiques qui s'y expriment, sont la preuve d'un prodigieux renouvellement de la poésie contemporaine.

Une manifestation comme le " Marché de la Poésie " qui se tient tous les ans depuis 1972 place Saint-Sulpice à Paris, et son succès auprès d'un public toujours plus nombreux sont significatifs non seulement d'un intérêt mais d'un besoin.

Dans les années 50, on pouvait assez facilement distinguer entre les tenants d'une tradition d'écriture soucieuse de la syntaxe et du vocabulaire à travers des expériences poétiques aussi diverses que celle de Saint-John Perse, visionnaire et lexicographe, à celle plus tendue de René Char, aphoristique et métaphysique à l'instar de l'écriture de Michaux plus tournée vers la découverte intérieure de l'être.

D'autre part, l'expérience de Francis Ponge est essentiellement poétique, dans le parti pris des choses qu'il développe dans son oeuvre.

Figures inclassables aussi que celle d'André Frénaud et Eugène Guillevic, poète équilibriste entre la rudesse et la fragilité, à l'écoute du monde et de ses frémissements. Autres figures solitaires que celles de Philippe Jacottet et Edmond Jabès.

Critique et traducteur entre autres d'Homère, Rilke et Musil, Philippe Jacottet est né en 1925 à Moudon dans le canton de Vaud (Suisse) ; établi à Paris à la fin de la guerre, il vit retiré dans la Drôme depuis 1953.

Poète exigeant et à la langue limpide, il traque l'insaisissable dans des poèmes allusifs proche des formes du haïku avec le souci constant d'une " parole capable d'établir un rapport juste avec ce qu'elle désigne ".

Né en 1916 au Caire, Edmond Jabès quitte l'Égypte après la révolution nassérienne de 1956 pour s'installer à Paris où il poursuit une oeuvre marquée par l'exil et hantée par le désert.

Cette métaphore du désert et du silence d'entre les mots s'élabore dans une suite d'ouvrages publiés depuis 1963, Le Livre des questions et Le Livre des ressemblances où il interroge le pouvoir des mots.

Les poètes Yves Bonnefoy né en 1924 et auteur d'une oeuvre importante et multiforme, professeur au Collège de France et André du Bouchet né en 1924 sont au nombre des poètes de cette permanence poétique si magnifiquement servie par l'éditeur et poète Pierre Seghers, fondateur de Poésie 40 où s'exprimeront les poètes de la Résistance tels Aragon, Éluard ou Pierre Emmanuel.

Avec la décennie 60-70, on assistera à une remise en question du genre poétique déjà passablement mis à l'épreuve de Dada et du Surréalisme.

Une poésie textuelle et formaliste plus concernée par des problèmes de structure que d'émotion purement poétique voit le jour et dans le même temps une poésie de contestation née des bouleversements de mai 68. C'est une époque féconde pour la poésie qui voit une floraison d'auteurs et de revues rassemblant des sensibilités très diverses.

Les considérations politiques ont alors tendance à prendre le pas sur le poétique comme dans la revue Action poétique dirigée par Henri Deluy, Charles Dobzinski et Jean Malrieu dans les années 60 ou Tel Quel fondé à la même époque et qui adoptera des positions d'extrême-gauche.

A la suite de la Revue de Poésie fondée en 1964 et disparue en 1968, Michel Deguy fonde en 1976 la revue Poésie, la revue Minuit naît en 1972, Exit en 1974 et Action poétique fondée en 1955 poursuivent avec des revues plus jeunes comme Doc(k)s, fondée en 1976, Vagabondages, Signes, Détours d'écriture ou Aléa, un travail de réflexion poétique et de déchiffrement d'une littérature en cours.

Dans les années 70 un certain nombre de lieux sont consacrés aux lectures poétiques parmi lesquels L'Arc, au musée d'Art moderne de la ville de Paris, La Revue parlée au Centre Georges Pompidou, La Maison de la Poésie aux Halles et en province, La poésie dans un jardin à Villeneuve-les-Avignon ou encore Les Rencontres pour lire à Caen.

Une nouvelle génération de poètes investit revues et lieux de rencontres avec le public, et l'on assiste à la création de nouvelles maisons d'éditions de poésie parmi lesquels Fata Morgana, Actes Sud, Orange Export Ltd, Clivages, Les éditions Brandes, les éditions Unes ou les Cahiers du brisants pour n'en citer qu'une infime partie.

Marc Cholodenko publiait en 1972 un recueil de poèmes, Parcs, qui allait avoir un retentissement considérable et la critique n'hésitait pas à saluer en lui un nouveau Rimbaud.

Parcs était publié par les éditions P.O.L.

dont le fondateur, Pol Otchakovsky-Laurens, eut une importance remarquable dans la découverte et la mise en lumière de jeunes poètes.

Orange Export Ldt dont l'activité commencée en 1969 s'achevait en 1986 fut animée par Emmanuel Hocquard et le peintre et poète Raquel qui publièrent plus de soixante-dix poètes et plasticiens.

Les revues furent alors de hauts lieux de rencontres entre poètes et peintres, tel Argile, dirigée par Claude Esteban jusqu'en 1981, la revue Clivages animée par Jean-Pascal Léger, les secteurs poésie des grands éditeurs diffusant alors des auteurs maisons et les poètes à leur catalogue.

Successivement directeur de collection aux éditions Flammarion et Hachette, Paul Otchakosky-Laurent permettra en fondant sa propre maison d'édition de faire découvrir des auteurs tels que Emmanuel Hocquard, né en 1940, poète nourri de grec et de latin, auteur de nombreux ouvrages dont Album d'images de la villa Harris, paru en 1978, Olivier Cadiot, auteur par ailleurs de livrets d'opéra mis en musique par Pascal Dusapin ou encore Dominique Fourcade après une interruption d'écriture de dix années et qui avait publié dès 1961 Épreuves du pouvoir et en 1969, Une vie d'homme.

Claude Royet Journoud né en 1941 figure parmi les poètes qui sont apparus dans les années 70, à l'écriture fluide et fragmentaire travaillant sur l'imperceptible et qui poursuit une réflexion sur le geste d'écrire. Mathématicien de formation et proche de l'OuLiPo, Jacques Roubaud se livre à des recherches formelles non dénuées d'une poétique qui oscille entre les grandes traditions des troubadours ou des romans de chevalerie et une jubilation ludique. Si l'influence des poètes de la " beat generation " et des recherches poétiques américaines les plus avant-gardistes se font successivement sentir, la poésie française contemporaine dans sa grande diversité reste assez proche du langage.

Il semblerait que les expériences poétiques trop extrêmes s'essoufflent et qu'on soit à une période charnière où l'usage poétique cherche des voies.

Demeurent des auteurs aussi importants et la liste est loin d'être exhaustive, comme Franck Venaille, Denis Roche, André Velter, Bernard Delvaille, Mathieu Bénézet, Bernard Noël ou Alain Veinstein, qui proposent, également impérieuses, leurs paroles poétiques.. »

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