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Jules Supervielle (1884-1960), Débarcadères

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Serai-je un jour celui qui lui-même mena Ses scrupules mûrir aux tropicales plages ? Je sais une tristesse à l’odeur d’ananas Qui vaut mieux qu’un bonheur ignorant les voyages. L’Amérique a donné son murmure à mon cœur Encore surveillé par l’enfance aux entraves Prudentes, je ne puis adorer une ardeur Sans y mêler l’amour de mangues et goyaves. N’était la France où sont les sources et les fleurs J’aurais vécu là-bas le plus clair de ma vie Où sous un ciel toujours vif et navigateur Je caressais les joncs de mes Patagonies. Je ne voudrais plus voir le soleil de profil Mais le chef couronné de plumes radieuses, La distance m’entraîne en son mouvant exil Et rien n’embrase tant que ses caresses creuses. Jules Supervielle (1884-1960), Débarcadères

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