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Jean PASSERAT (1534-1602) - Ode du premier jour de mai

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Jean PASSERAT (1534-1602) - Ode du premier jour de mai Laissons le lit et le sommeil, Cette journée : Pour nous l'aurore au front vermeil Est déjà née. Or que le ciel est le plus gai En ce gracieux mois de mai, Aimons, mignonne; Contentons notre ardent désir : En ce monde n'a du plaisir Qui ne s'en donne. Viens, belle, viens te promener Dans ce bocage; Entends les oiseaux jargonner De leur ramage. Mais écoute comme sur tous Le rossignol est le plus doux, Sans qu'il se lasse. Oublions tout deuil, tout ennui Pour nous réjouir comme lui : Le temps se passe. Ce vieillard, contraire aux amants, Des ailes porte, Et, en fuyant, nos meilleurs ans Bien loin emporte. Quand ridée un jour tu seras, Mélancolique, tu diras : J'étais peu sage, Qui n'usai point de la beauté Que sitôt le temps a ôté De mon visage. Laissons ce regret et ce pleur A la vieillesse ; Jeunes, il faut cueillir la fleur De la jeunesse. Or que le ciel est le plus gai, En ce gracieux mois de mai, Aimons, mignonne : Contentons notre ardent désir : En ce monde n'a du plaisir Qui ne s'en donne.

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