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Jean de SPONDE (1557-1595) - Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve

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Jean de SPONDE (1557-1595) - Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve Qui traîne lentement les ondes dans la mer, Sans que les Aquilons le fassent écumer Ni bondir, ravageur, sur les bords qu'il abreuve. Et contemplant le cours de ces maux que j'épreuve, Ce fleuve, dis-je alors, ne sait que c'est d'aimer ; Si quelque flamme eût pu ses glaces allumer, Il trouverait l'amour ainsi que je le treuve. S'il le sentait si bien, il aurait plus de flots, L'Amour est de la peine et non point du repos, Mais cette peine enfin est du repos suivie, Si son esprit constant la défend du trépas ; Mais qui meurt en la peine il ne mérite pas Que le repos jamais lui redonne la vie.

« Jean de SPONDE, « Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve ». Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve Qui traîne lentement les ondes dans la mer, Sans que les Aquilons le fassent écumer Ni bondir, ravageur, sur les bords qu'il abreuve. Et contemplant le cours de ces maux que j'épreuve, Ce fleuve, dis-je alors, ne sait que c'est d'aimer ; Si quelque flamme eût pu ses glaces allumer, Il trouverait l'amour ainsi que je le treuve. S'il le sentait si bien, il aurait plus de flots, L'Amour est de la peine et non point du repos, Mais cette peine enfin est du repos suivie, Si son esprit constant la défend du trépas ; Mais qui meurt en la peine il ne mérite pas Que le repos jamais lui redonne la vie. Jean de SPONDE (1557-1595) : poète baroque. « Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve ». Sonnet > forme fixe composée de quatorze alexandrins, organisés en deux quatrains à rimes identiques embrassées (ABBA ABBA) + de deux tercets. Rimes du type CCD, EED dans les tercets > sonnet italien ou marotique. Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et les rimes masculines. *** Baroque : Vient du portugais barroco (= « perle de forme irrégulière ») et a pour origine le terme latin verruca (= « verrue ; défaut ; tâche »). Dans son Dictionnaire universel (1690), Furetière définit ainsi « Baroque » : « terme de joaillier, qui ne se dit que des perles qui ne sont pas parfaitement rondes ». Le baroque a ensuite pris un sens littéraire, culturel, esthétique… fin XVIe, début XVIIe siècle. Principaux thèmes de la littérature baroque : - Les masques et l'apparence ; - La mort > fragilité de l'instant et de la vie ; - Instabilité, inconstance et mobilité… Écriture qui privilégie les hyperboles, les oppositions, les paradoxes et qui insiste sur les illusions (le théâtre dans le théâtre, etc.), les songes… Images de l'inconstance => aspects baroques du poème. *** I- Réflexions tristes du poète A- Un calme paysage • « Je contemplais » > expérience personnelle du poète. • « contemplais » > imparfait + sens du verbe > durée.

Calme. • Calme qui se retrouve aussi dans le paysage.

Cf.

« le dormant » ; « traîne » ; « lentement » ; « les ondes ». • Calme évoqué par la négation d’actions qui évoquent l’agitation, le bruit.

Cf.

« sans que… écumer » ; « ni bondir ». NB : Aquilon est le dieu des vents septentrionaux, froids et violents dans la mythologie romaine.. »

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