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Jean Cocteau

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Dès le 4 avril 1908, une première lecture des poèmes de Jean Cocteau est organisée dans un théâtre parisien. Immédiatement le poète, qui n'a pas vingt ans, est admiré. Il est reçu dans les salons parisiens. Il fréquente aussi bien Anna de Noailles qu'Edmond Rostand, Léon Daudet que Marcel Proust. En 1912 il compose pour Diaghilev un argument de ballet, Le Dieu bleu. Un soir, sur la place de la Concorde, le créateur des Ballets russes, qui redoute que le jeune poète ne perde son talent à devenir un amuseur des salons, lui lance : " Étonne-moi ". De ce jour, il semble que Cocteau n'ait eu d'autre souci que de relever ce défi. Pendant la guerre de 1914-1918, réformé, il s'engage comme ambulancier. Expulsé par les autorités militaires, il apprend qu'au lendemain même de son expulsion tous les fusiliers marins par lesquels il s'était fait adopter ont été tués. Cette expérience nourrit les poèmes de Discours du grand sommeil, l'un des textes des Poésies qui paraissent en 1924, autant que le roman qu'est Thomas l'Imposteur, publié en 1923. La rencontre avec Pablo Picasso en 1916 amène à la création, le 18 mai 1917, du spectacle des Ballets russes Parade, livret de Cocteau, musique de Satie, décors de Picasso. Scandale qui n'est pas le dernier de sa carrière. Cocteau devient le théoricien d'un groupe de musiciens qu'il nomme le " groupe des Six ". En 1919 il fait la connaissance de Radiguet, dont la lucidité le bouleverse. La période qui s'ouvre alors est féconde. Il écrit pour le théâtre Les Mariés de la tour Eiffel, Antigone, OEdipe roi. Il écrit des poèmes, des romans. La mort de Radiguet l'amène à avoir recours à l'opium et ébauche chez lui une conversion au catholicisme. En 1925 il fait une première cure de désintoxication. La Lettre à Jacques Maritain, qu'il publie en 1926, rompt avec la religion. Il ne parvient à se libérer de l'opium qu'au cours d'une douloureuse désintoxication au cours de l'hiver 1928-1929. En 1930 il tourne un premier film, Le Sang d'un poète. Pendant des années il ne va plus cesser d'écrire pour le théâtre et de tourner des films, d'écrire des textes pour ses amis peintres, des poèmes, de peindre et de dessiner. Il est élu à l'Académie française en 1955. La diversité des moyens d'expression utilisés par Cocteau illustre sa quête de la poésie.

« Jean Cocteau Dès le 4 avril 1908, une première lecture des poèmes de Jean Cocteau est organisée dans un théâtre parisien. Immédiatement le poète, qui n'a pas vingt ans, est admiré.

Il est reçu dans les salons parisiens.

Il fréquente aussi bien Anna de Noailles qu'Edmond Rostand, Léon Daudet que Marcel Proust.

En 1912 il compose pour Diaghilev un argument de ballet, Le Dieu bleu.

Un soir, sur la place de la Concorde, le créateur des Ballets russes, qui redoute que le jeune poète ne perde son talent à devenir un amuseur des salons, lui lance : " Étonne-moi ".

De ce jour, il semble que Cocteau n'ait eu d'autre souci que de relever ce défi.

Pendant la guerre de 1914-1918, réformé, il s'engage comme ambulancier.

Expulsé par les autorités militaires, il apprend qu'au lendemain même de son expulsion tous les fusiliers marins par lesquels il s'était fait adopter ont été tués.

Cette expérience nourrit les poèmes de Discours du grand sommeil, l'un des textes des Poésies qui paraissent en 1924, autant que le roman qu'est Thomas l'Imposteur, publié en 1923.

La rencontre avec Pablo Picasso en 1916 amène à la création, le 18 mai 1917, du spectacle des Ballets russes Parade, livret de Cocteau, musique de Satie, décors de Picasso.

Scandale qui n'est pas le dernier de sa carrière.

Cocteau devient le théoricien d'un groupe de musiciens qu'il nomme le " groupe des Six ". En 1919 il fait la connaissance de Radiguet, dont la lucidité le bouleverse.

La période qui s'ouvre alors est féconde.

Il écrit pour le théâtre Les Mariés de la tour Eiffel, Antigone, OEdipe roi.

Il écrit des poèmes, des romans.

La mort de Radiguet l'amène à avoir recours à l'opium et ébauche chez lui une conversion au catholicisme.

En 1925 il fait une première cure de désintoxication.

La Lettre à Jacques Maritain, qu'il publie en 1926, rompt avec la religion.

Il ne parvient à se libérer de l'opium qu'au cours d'une douloureuse désintoxication au cours de l'hiver 1928-1929.

En 1930 il tourne un premier film, Le Sang d'un poète.

Pendant des années il ne va plus cesser d'écrire pour le théâtre et de tourner des films, d'écrire des textes pour ses amis peintres, des poèmes, de peindre et de dessiner.

Il est élu à l'Académie française en 1955.

La diversité des moyens d'expression utilisés par Cocteau illustre sa quête de la poésie. Jean Cocteau est né à Maisons-Laffitte, d'une famille d'agents de change et d'amiraux.

Il a dix ans quand meurt son père.

Sa mère vient alors s'installer chez ses parents, 45, rue La Bruyère, avec ses trois enfants.

En 1900, Jean entre à Condorcet, il y reste quatre ans, puis fréquente une institution privée et le lycée Fénelon.

Déjà, il écrit. Promu adolescent prodige, fêté par tous, Jean Cocteau triomphe dans les salons.

En 1908, de Max organise une audition de ses poésies au théâtre Fémina.

Mais, sur le point de disperser des dons trop impétueux, le jeune homme se ressaisit au contact de la troupe des Ballets russes.

Stravinsky avec le Sacre du printemps révolte le public qu'il avait auparavant conquis ; c'est pour Cocteau une rude leçon. Il quitte Paris et de trop faciles succès.

Auprès d'Igor Stravinsky, à Leysin, il compose le Potomak (1913-1914, publié en 1919), récit en couches superposées, par le dessin, le poème et la prose, d'une première rupture avec soimême, d'où le poète sort nu, purifié, mais en possession de ses armes véritables : la phrase brève, étincelante, pénétrante comme un poignard, le trait hardi, à la fois incisif et fluide, du dessin.

Bientôt brandi par la jeunesse, le Potomak lui sert de signe de ralliement.

La guerre de 1914-1918 refuse le poète, il est réformé.

Cocteau passe outre.

Devenu ambulancier civil, il se fait adopter par les fusiliers marins à Nieuport (1915), mais est expulsé par les autorités.

Le lendemain, tous ses camarades périssent lors d'un assaut.

De cette expérience naîtront le Discours du grand sommeil (écrit en 1916-1918, publié en 1924), poème de l'amitié et de la mort et Thomas l'imposteur. Au cours des années suivantes ont lieu ces rencontres qui devaient donner naissance à un art nouveau et provoquer chez le poète de nouvelles mues.

A Roland Garros qui, en 1915, l'initie à l'aviation, Cocteau dédie un long poème le Cap de Bonne-Espérance (1916-1919, publié en 1919) Avec Erik Satie et Picasso, il crée le ballet Parade qui, présenté en 1917 au Châtelet, provoque presque une émeute.

Dans le Coq et l'Arlequin (1918), il définit l'esthétique du futur groupe des Six.

La publication en 1920 de Poésies et de Carte blanche, les représentations, en 1921, des Mariés de la tour Eiffel satire bouffonne qui liquide la faillite bourgeoise et annonce la " poésie de théâtre " antidote de la poésie au théâtre l'avenir, un prophète. C'est pourtant à l'influence d'un adolescent, Raymond Radiguet, que Cocteau se soumet.

A la féconde effervescence des années 1915-1920, succède une période de retraite précédant une nouvelle métamorphose. Tandis qu'au Piquey (1921), Radiguet compose le Diable au corps, Cocteau élabore le Secret professionnel (publié en 1922), art poétique, traité du style en aphorismes ; en 1922, à Pramousquier, Radiguet termine le Bal du comte d'Orgel et Cocteau entreprend simultanément Plain-chant (poème, 1923), le Grand Ecart (1923) où se projette comme dans les éclats brisés d'un miroir le dramatique reflet du premier amour d'un collégien et Thomas l'Imposteur (1923), modèle d'élégante rigueur, de concise perfection, Cocteau y montre " la guerre vue des coulisses ". Radiguet meurt à vingt ans, en 1923.

Une inguérissable dépression conduit Cocteau à utiliser l'opium.

Au poète alors se révèle, à la fois consolant et terrible, son double surhumain, l'ange Heurtebise (poème, 1925), première de ces grandes aventures intérieures, à partir desquelles s'élèvent les sommets de l'oeuvre poétique.

A nouveau dépouillé de lui-même, Cocteau s'avance sur les nouvelles routes qui s'ouvrent devant lui : une tragédie, Orphée (première représentation 1906), où le poète pénètre vivant dans le monde des morts, un recueil de poèmes, Opéra (1927), dont les calembours sont des oracles sibyllins.

Pendant l'hiver 1928-1929, Cocteau se libère de la drogue au cours d'une pénible cure de désintoxication qui engendre les notes et les stupéfiants dessins d'opium (publié en 1930).

En trois semaines, le convalescent écrit d'un trait les Enfants terribles (1922), histoire magique aux images saisissantes, coupées net à la racine, où se reconnut, magnifiée, l'adolescence.. »

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