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Écrivez un apologue en prose ayant pour morale la phrase de Cioran : La misère n'est pas un état transitoire : elle coïncide avec la certitude que, quoi qu'il arrive, vous n'aurez jamais rien, que vous êtes né en deçà du circuit des biens, que vous devez combattre pour respirer, qu'il faut conquérir jusqu'à l'air, jusqu'à l'espoir, jusqu'au sommeil. ?

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Écrivez un apologue en prose ayant pour morale la phrase de Cioran : La misère n'est pas un état transitoire : elle coïncide avec la certitude que, quoi qu'il arrive, vous n'aurez jamais rien, que vous êtes né en deçà du circuit des biens, que vous devez combattre pour respirer, qu'il faut conquérir jusqu'à l'air, jusqu'à l'espoir, jusqu'au sommeil.         Examen du sujet   Le sujet est un sujet d'invention, combinant une contrainte formelle avec une contrainte thématique.   La contrainte formelle est la suivante : il s'agit d'écrire un apologue. Au sens étroit, l'apologue est un court récit à visée morale. En un sens plus large, le mot s'applique à toute fiction à visée argumentative. Il ne s'agit donc pas d'un genre littéraire aux frontières fixes, mais d'une forme en mouvement, qui inclut, la fable, le conte, la parabole, l'utopie, voire le roman à thèse. Pour le travail demandé, il faudra s'en tenir au sens étroit, c'est-à-dire produire un texte répondant aux exigences suivantes : être un récit - donc un texte de fiction, bref, complet et cohérent - et avoir pour morale la phrase de Cioran donnée dans le sujet. Cela signifie qu'il va falloir mettre en scène une histoire permettant d'aboutir à la phrase de Cioran qui servira de « morale » : cette phrase figurera donc en toute fin du texte et constituera à la fois sa conclusion, son essence et sa chute.   Pour utiliser à bon escient cette phrase de Cioran comme morale de l'apologue, il faut l'examiner de près. Sa thèse est que « la misère n'est pas un état transitoire ».

« Écrivez un apologue en prose ayant pour morale la phrase de Cioran : La misère n'est pas un état transitoire : elle coïncide avec la certitude que, quoi qu'il arrive, vous n'aurez jamais rien, que vous êtes né en deçà du circuit des biens, que vous devez combattre pour respirer, qu'il faut conquérir jusqu'à l'air, jusqu'à l'espoir, jusqu'au sommeil. Examen du sujet Le sujet est un sujet d'invention, combinant une contrainte formelle avec une contrainte thématique. La contrainte formelle est la suivante : il s'agit d'écrire un apologue.

Au sens étroit, l'apologue est un court récit à visée morale.

En un sens plus large, le mot s'applique à toute fiction à visée argumentative.

Il ne s'agit donc pas d'un genre littéraire aux frontières fixes, mais d'une forme en mouvement, qui inclut, la fable, le conte, la parabole, l'utopie, voire le roman à thèse.

Pour le travail demandé, il faudra s'en tenir au sens étroit, c'est-à-dire produire un texte répondant aux exigences suivantes : être un récit – donc un texte de fiction, bref, complet et cohérent – et avoir pour morale la phrase de Cioran donnée dans le sujet.

Cela signifie qu'il va falloir mettre en scène une histoire permettant d'aboutir à la phrase de Cioran qui servira de « morale » : cette phrase figurera donc en toute fin du texte et constituera à la fois sa conclusion, son essence et sa chute. Pour utiliser à bon escient cette phrase de Cioran comme morale de l'apologue, il faut l'examiner de près.

Sa thèse est que « la misère n'est pas un état transitoire ».

C'est une thèse extrêmement pessimiste ; la misère peut se comprendre, au sens étroit, comme un état de dénuement, financier par exemple, ou un sens plus large, comme un état général de malheur et de malchance ; ces deux compréhensions peuvent se combiner, on pourra jouer, dans l'organisation de l'apologue, sur un passage du sens étroit au sens large par exemple.

Que la misère « ne soit pas transitoire » signifie qu'elle est un état durable, quasiment normal, le contenu de cet état étant défini dans la seconde partie de la citation : « elle coïncide avec la certitude que, quoi qu'il arrive, vous n'aurez jamais rien, que vous êtes né en deçà du circuit des biens, que vous devez combattre pour respirer, qu'il faut conquérir jusqu'à l'air, jusqu'à l'espoir, jusqu'au sommeil.

» Deux thèmes dominent ici : le thème d'une exclusion originelle et inéluctable d'un monde qui ne connaît pas la misère, et le thème d'un combat nécessaire et permanent de celui qui connaît la misère. L'apologue devra traduire ces deux éléments, c'est-à-dire faire le récit d'un combat perdu d'avance mais néanmoins mené en permanence, dans et contre la misère.

La péripétie qui structurera le récit pourra s'ancrer là-dessus, faire le récit d'un combat échoué.

Ces deux thèmes sont présentés par Cioran en terme de « certitude » : cela introduit le troisième élément important qui devra être traité par l'apologue : il n'est pas ici question tant d'un fait de misère que d'une conviction de misère, et alors c'est une dimension psychologique qui émerge ; cela signifie que l'apologue devra être traité vraisemblablement dans une alternance de focalisation interne et de focalisation zéro, afin de montrer que la misère est une « certitude » qui reste quoi que le monde nous offre ; le pessimisme de la citation de Cioran s'allie en effet au pessimisme de l'homme qu'elle concerne. Récapitulatif des exigences à remplir et proposition de pistes Exigences formelles : respecter le genre de l'apologue, c'est-à-dire produire un récit fictionnel dont la morale sera, reprise telle quelle, la phrase de Cioran.

(on pourra penser, pour cela, à la structure des Fables de La Fontaine). Exigences de contenu : mettre en avant, par le biais de l'artifice de la fiction, les trois thèmes entremêlés dans la citation de Cioran : la misère est exclusion d'un monde de réussite, la misère appelle le combat, la misère est vécue comme une certitude et une conviction. Pistes possibles : choisir un personnage qui connaît un état de misère, le traiter en focalisation interne pour montrer son désarroi, faire advenir une péripétie (par exemple un combat qu'il mènera contre la misère et qui échouera – que l'on traitera tantôt en focalisation interne, tantôt en focalisation externe, afin de mettre en scène le rapport de l'homme intérieur au monde extérieur), revenir à la focalisation interne du début pour montrer que rien n'a changé dans le désarroi du personnage, conclure par la phrase de Cioran dont le récit n'aura finalement été qu'une illustration fictionnelle.. »

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