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Dans son essai Pour un nouveau roman, le romancier Alain Robbe-Grillet affirme qu'un roman: C'est avant tout une histoire mais il précise que Le vrai roman, c'est celui dont la signification dépasse l'anecdote, la transcende vers une vérité humaine profonde, une morale où une métaphysique. Vous expliciterez et illustrerez ces propos, et éventuellement les discuterez, à partir des extraits qui constituent le corpus et des romans que vous avez lus/étudiés.

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Et la déchéance physique de Des Esseintes à la fin du roman, atteint d'une maladie nerveuse nous est ainsi discrètement expliquée par avance. La description n'est plus alors seulement symbole de significations immédiates, elle préfigure ce qui va advenir du personnage ou de l'action dans la suite du récit.   3)      Le récit : un voyage intellectuel   Le récit, plus qu'un enchaînement d'aventures, qu'un agencement bien maîtrisé de relations et d'actions peut se présenter aussi comme un véritable périple intellectuel, une odyssée spirituelle et littéraire. La valeur d'un roman peut donc aussi provenir de la densité de son récit : lire une histoire romanesque devient donc parfois un défi pour chaque lecteur. Ex : Le roman proustien, véritable odyssée spirituelle et défi intellectuel ( cf. longues phrases, réflexion esthétique venant constamment se superposer au récit et naissant parfois du récit même)   Transition : l'histoire, le récit, l'anecdote sont donc les supports incontestables du roman. Il créent la trame romanesque tout en ne se réduisant pas pour autant à l'anecdotique et visant souvent une portée universelle. Mais l'étude de l'agencement et de la construction du seul récit romanesque ne permet pas toujours d'accéder à la signification profonde du roman qui réside dans un hors-récit. II)            L'intérêt du roman se trouve « hors-récit »   Mais il semble bien que la valeur et l'intérêt d'un roman se mesurent aujourd'hui dans sa capacité à se détacher du récit, à réfléchir ce récit afin de le dépasser.   1)      Le roman : une invitation à tirer des leçons de l'« histoire »   Le « vrai roman » invite à dépasser le récit à proprement parler pour en tirer des règles de conduite.

« Dans son essai Pour un nouveau roman, le romancier Alain Robbe-Grillet affirme qu'un roman: « C'est avant tout une histoire » mais il précise que « Le vrai roman, c'est celui dont la signification dépasse l'anecdote, la transcende vers une vérité humaine profonde, une morale où une métaphysique. » Vous expliciterez et illustrerez ces propos. Analyse du sujet et problématisation : Ce sujet met en jeu une définition du roman. Alain Robbe-Grillet affirme ici que l'on ne peut réduire le roman à une simple histoire ( dans Pour un nouveau Roman, il explique que cette réduction est celle des « amateurs » et des « critiques) mais que celui-ci doit avoir une portée métaphysique, qu'il doit dépasser la simple histoire. Le terme d' « histoire » désigne ici la diégèse et le récit qui ont cours dans le roman. Considérer la valeur d'un roman dans sa capacité à mettre en œuvre une bonne histoire c'est faire du bon romancier un conteur. Robbe-Grillet conçoit en revanche le « vrai roman » comme « celui dont la signification dépasse l'anecdote » ( c'est-à-dire dont le sens n'est pas à trouver dans le récit), « la transcende vers une vérité humaine profonde une morale ou une métaphysique ». Le roman doit donc opérer une transcendance de l'anecdotique vers le métaphysique. Sa dimension anecdotique doit être réfléchie et vaut pour autre chose qu'elle-même. Les termes « vérité humaine profonde et métaphysique » font du roman le lieu de la révélation du mystère de l'humanité. Le terme « morale » désigne une fonction plus didactique du roman qui doit énoncer des règles de vie. Problématique : Le « vrai roman » réside-t-il nécessairement dans l'abandon du récit anecdotique pour accéder à une vérité métaphysique? Mesure-t-on la valeur d'un roman à la complexité et à la qualité du récit ou aux vérités qu'il dévoile hors-récit ? I) S'il n'y a pas de roman sans « histoire »… Le récit apparaît comme le support incontestable du roman c'est pourquoi on peut dire que le roman est « avant-tout » une histoire. Le « vrai » romancier est donc d'abord celui qui sait agencer un récit de manière convaincante et passionnante. L'histoire, l'anecdotique peut d'ailleurs souvent véhiculer des vérités sur l'homme. 1) La construction du personnage romanesque : du particulier à l'universel Le personnage romanesque, nécessaire à l'histoire, romanesque demande une construction très habile dans laquelle on a pu faire résider une part du génie du romancier : il est à la fois un des actants particulier du récit et une figure visant une certaine universalité pouvant marquer les lecteurs. Le personnage de roman constitue, pour l'imaginaire et la pensée modernes, l'un des outils les plus opératoires pour décrire et explorer l'existence humaine. Un bon romancier est celui qui, au travers de l'anecdotique, arrive à donner une portée universelle à ses personnages. Ex : Le personnage de roman au XIXe siècle : il cristallise des postulations typiques de l'individu dans la société marchande et devient un mythe c'est-à-dire un personnage capable de signifier une attitude, une aspiration représentatives d'un groupe tout entier à un moment de son histoire. àCf. Homais dans Madame Bovary qui incarne le mythe d'un républicanisme étroit et sectaire, d'une culture mal assimilée et pourtant étalée, d'une « langue de bois » avide de pouvoir. à Cf. le génie balzacien réside dans la volonté de « faire concurrence à l'état civil » à travers ses personnages.( du particulier on passe à des figures générales voire universelles 2) Maîtrise des techniques du récit Le roman est fondé essentiellement sur une bonne maîtrise des techniques du récit par le romancier. Il doit, en effet agencer les péripéties d'une manière convaincante afin de mener le lecteur au dénouement sans l'ennuyer. La maîtrise des techniques du récit permet d'ailleurs au romancier habile de transcender les contraintes habituelles de la narration et de la description et ainsi de dynamiser son histoire, affirmant par là même son talent de romancier et la valeur de son roman. Ex : La description symbolique à valeur proleptique chez Huysmans dans A Rebours : cf. le passage où Des Esseintes, le personnage principal se fait livrer des fleurs rares qui sont longuement décrites comme ayant l'allure fantastique et répugnante d'ulcères syphilitiques. Peu après, Des Esseintes fait un cauchemar au cours duquel il voit apparaître le spectre de la Grande vérole. Et la déchéance physique de Des Esseintes à la fin du roman, atteint d'une maladie nerveuse nous est ainsi discrètement expliquée par avance. La description n'est plus alors seulement symbole de significations immédiates, elle préfigure ce qui va advenir du personnage ou de l'action dans la suite du récit. 3) Le récit : un voyage intellectuel »

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