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Charles Baudelaire : Je n'ai pas oublié, voisine de la ville... (Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, LXX, 1857).

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Charles Baudelaire : Je n'ai pas oublié, voisine de la ville... (Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, LXX, 1857). Je n'ai pas oublié, voisine de la ville, Notre blanche maison, petite mais tranquille; Sa Pomone1 de plâtre et sa vieille Vénus2 Dans un bosquet chétif cachant leurs membres nus, Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe, Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe, Semblait, grand oeil ouvert dans le ciel curieux, Contempler nos dîners longs et silencieux, Répandant largement ses beaux reflets de cierge Sur la nappe frugale et les rideaux de serge3. 1. Pomone : déesse latine des fruits et des jardins. 2. Vénus : déesse latine de l'amour. 3. serge : sorte de tissu.

« Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, LXX, « Je n'ai pas oublié, voisine de la ville...

». 1. 2. Je n'ai pas oublié, voisine de la ville, 3. 4. 5. 6. 7. Sa Pomone (1) de plâtre et sa vieille Vénus (2) Notre blanche maison, petite mais tranquille ; Dans un bosquet chétif cachant leurs membres nus, Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe, Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe, Semblait, grand oeil ouvert dans le ciel curieux, 8. Contempler nos dîners longs et silencieux, 9.

Répandant largement ses beaux reflets de cierge 10.

Sur la nappe frugale et les rideaux de serge (3). 1.

Pomone : déesse latine des fruits et des jardins. 2.

Vénus : déesse latine de l'amour. 3.

serge : sorte de tissu. Poème de Baudelaire qui figure dans le recueil Les Fleurs du Mal (divisé en six parties : Spleen et idéal, Tableaux parisiens, Le Vin, Fleurs du mal, Révolte et La Mort). Baudelaire, tout en étant traditionnel sur certains points, a ouvert la voie de la modernité en poésie.

Toutefois, Les Fleurs de Mal vont beaucoup choquer et le poète sera condamné pour délit d’outrage à la morale publique (pour les poèmes Les Bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Lesbos, Femmes damnées et Les Métamorphoses du vampire). Poème composé d’une seule strophe > un dizain. 10 alexandrins. Rimes suivies, du type AA, BB.

Ex : « superbe, gerbe ; curieux, silencieux ». NB : « Vénus / nus » > ne riment pas tout à fait. Alternance des rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et des rimes masculines. Césures à l’hémistiche.

Ex : vers 1, 2 > la marquer en lisant le poème. Je n’ai pas oublié > souvenir.

Le poète évoque son passé. I- Un souvenir A - Le souvenir de l’enfance • Poème sans titre composé d’une seule phrase. • « Notre blanche maison » > « notre » : possessif, le poète + une 2 e personne à laquelle il s’adresse => sa mère. NB : Dans une lettre à sa mère datée du 11 janvier 1858, Baudelaire écrit : « « Vous n'avez pas remarqué qu'il y avait dans Les Fleurs du Mal deux pièces vous concernant, ou du moins allusionnelles à des détails intimes de notre ancienne vie » => ce poème est l’un des deux textes en question. • « n’ai pas oublié » > passé composé.

Souvenir toujours présent, qui l’accompagne > décrit alors la maison. B- Une maison douce • Maison > endroit paisible, heureux. • Expliquez « voisine de la ville » > Neuilly, calme de la maison… • A ntéposition de l’adjectif > prend une valeur surtout morale.

« blanche » > pure… • « petite mais tranquille » > caractérisation positive, méliorative de la maison. • Description des ornements de la maison > « Sa Pomone de plâtre et sa vieille Vénus » > décorations qui évoquent les sentiments d’alors, l’harmonie, la paix qui régnait entre le poète et sa mère… • A ssonance en « I ».

C f.

« oublié ; voisine ; ville ; petite ; tranquille ; vieille ; chétif » > son doux. • A ssonances aussi en « ai » et « é ».

Cf.

« n'ai ; oublié ; maison ; mais ; bosquet chétif ; vieille V énus… » + assonance en « an » avec « blanche ; tranquille ; cachant ; membres ; ruisselant… ». => Sons doux qui accompagnent ce souvenir. II- Des fins de journées A - De belles soirées • « bosquet chétif » ; « sa gerbe »… > jardin. • « cachant leurs membres nus » > personnification des statues qui souligne leur « pudeur ». • Peinture du soir > cf.

« Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe » > allure du soleil dans cette fin de journée. « Semblait, grand oeil ouvert dans le ciel curieux » > expliquez cette métaphore. B- Tableau de la mère et du fils • « nos dîners longs et silencieux » > commentez ces adjectifs.

NB : diérèse à « silenci-eux » > insiste. NB « Contempler » > insiste comme « longs » sur la durée. • Curieux est à la rime avec « silencieux ».

Dans le vers diérèse à faire > sur « ciel » ou « curieux » > faire sur « curi-eux » comme cela ça rimera encore mieux avec « silencieux ». « Nos dîners » > possessif.

Le fils et sa mère, tous les deux (avant l’arrivée d’A upick). • « Sur la nappe frugale et les rideaux de serge » > description de l’intérieur de la maison. NB : normalement, c’est plus le repas qui est « frugal » et non la nappe.

Nappe > représente ce qu’il y a sur le table > des mets simples, une nourriture frugale (= simple, peu abondante). Conclusion : • Un des rares poèmes des Fleurs du Mal dans lequel Baudelaire évoque sa mère et son enfance. Souvenir doux des moments passés avec sa mère dans leur maison (> probablement avant l’arrivée de M.

A upick). • On peut sentir les griefs du poète contre sa mère qui a mis fin à ces jours quiets (en se remariant ensuite…).. »

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