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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le Léthé

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le Léthé Viens sur mon coeur, âme cruelle et sourde, Tigre adoré, monstre aux airs indolents ; Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants Dans l'épaisseur de ta crinière lourde ; Dans tes jupons remplis de ton parfum Ensevelir ma tête endolorie, Et respirer, comme une fleur flétrie, Le doux relent de mon amour défunt. Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre ! Dans un sommeil aussi doux que la mort, J'étalerai mes baisers sans remord Sur ton beau corps poli comme le cuivre. Pour engloutir mes sanglots apaisés Rien ne me vaut l'abîme de ta couche ; L'oubli puissant habite sur ta bouche, Et le Léthé coule dans tes baisers. A mon destin, désormais mon délice, J'obéirai comme un prédestiné ; Martyr docile, innocent condamné, Dont la ferveur attise le supplice, Je sucerai, pour noyer ma rancoeur, Le népenthès et la bonne ciguë Aux bouts charmants de cette gorge aiguë Qui n'a jamais emprisonné de coeur.

« Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Le Léthé ». 1.

Viens sur mon coeur, âme cruelle et sourde, 2.

Tigre adoré, monstre aux airs indolents ; 3.

Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants 4.

Dans l'épaisseur de ta crinière lourde ; 5.

Dans tes jupons remplis de ton parfum 6.

Ensevelir ma tête endolorie, 7.

Et respirer, comme une fleur flétrie, 8.

Le doux relent de mon amour défunt. 9.

Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre ! 10.

Dans un sommeil aussi doux que la mort, 11.

J'étalerai mes baisers sans remord 12.

Sur ton beau corps poli comme le cuivre. 13.

Pour engloutir mes sanglots apaisés 14.

Rien ne me vaut l'abîme de ta couche ; 15.

L'oubli puissant habite sur ta bouche, 16.

Et le Léthé coule dans tes baisers. 17.

A mon destin, désormais mon délice, 18.

J'obéirai comme un prédestiné ; 19.

Martyr docile, innocent condamné, 20.

Dont la ferveur attise le supplice, 21.

Je sucerai, pour noyer ma rancœur, 22.

Le népenthès et la bonne ciguë 23.

Aux bouts charmants de cette gorge aiguë 24.

Qui n'a jamais emprisonné de cœur. Charles Baudelaire : poète né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867.

Il est l’auteur des Fleurs du mal, des Petits poèmes en prose mais aussi d’autres œuvres comme ses Salons. Baudelaire : poète très important dans la poésie française => est au carrefour de la « tradition » et de la modernité poétique.

Héritage classique, romantique (temps qui passe, angoisse, importance du moi… + très nombreux alexandrins, le vers hugolien par excellence, etc.) + tendance des Parnassiens : la beauté, la perfection du texte.

Poèmes réguliers et souvent à forme fixe.

Cf.

ses très nombreux sonnets et ses pantoums. Poète controversé et violemment attaqué de son vivant, Charles Baudelaire devient le modèle de très nombreux poètes qui s’engageront dans la voie qu’il avait ouverte.

Il est considéré comme « le vrai Dieu » par Rimbaud, « le plus important des poètes » par Valéry… Les Fleurs du mal : recueil de Baudelaire, peu apprécié lors de sa parution mais dorénavant célèbre et très reconnu, divisé en six parties : « Spleen et idéal », « Tableaux parisiens », « Le Vin », « Fleurs du mal », « Révolte » et « La Mort ». Ces « fleurs maladives » sont dédiées au poète Théophile Gautier, sacré « parfait magicien ès lettres françaises » et « poète impeccable », selon les propres dires de Baudelaire. En 1857, Auguste Poulet-Malassis publie le recueil mais il est poursuivi pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ».

À la différence de Flaubert poursuivi la même année pour Madame Bovary qui obtient un non lieu, Baudelaire et son éditeur sont condamnés respectivement à 300 et 100 francs. »

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