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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Remords posthume

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Remords posthume Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse, Au fond d'un monument construit en marbre noir, Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ; Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir, Empêchera ton coeur de battre et de vouloir, Et tes pieds de courir leur course aventureuse, Le tombeau, confident de mon rêve infini (Car le tombeau toujours comprendra le poète), Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni, Te dira : " Que vous sert, courtisane imparfaite, De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? " - Et le ver rongera ta peau comme un remords.

« Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, (1857) ; « Remords posthume » Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse, A u fond d'un monument construit en marbre noir, Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir Q u'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse; Q uand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir, Empêchera ton cœur de battre et de vouloir, Et tes pieds de courir leur course aventureuse, Le tombeau, confident de mon rêve infini (C ar le tombeau toujours comprendra le poète), Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni, T e dira : « Q ue vous sert, courtisane imparfaite, De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? » ─ E t le ver rongera ta peau comme un remords. Sonnet : 2 quatrains et 2 tercets.

Rimes embrassées du type abba dans les quatrains et rimes croisées du type abab puis suivies du type aa dans les tercets. V ers : alexandrins. I- Les deux quatrains => la mort annoncée A - P oème à une femme • Énonciation > Dans les 2 quatrains, le poète s’adresse à une femme « ma belle » qu’il tutoie (« tu dormiras »). T utoiement => connivence, proximité. « alcôve et manoir » > domaines souvent de la femme. « Ma belle » : possessif + insiste sur sa beauté / nom que l’amant peut donner à la femme aimée. => Le poète parle à sa maîtresse probablement. • Description intime de la femme : « ta poitrine » ; « tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir ». B- La mort • Futur « tu dormiras » => Le poète parle de la mort de son amante. Relevez tout le champ lexical de la mort : « A u fond d'un monument construit en marbre noir » > périphrase pour désigner le cercueil. - « Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse » > description crue. - « Empêchera ton cœur de battre et de vouloir » ; « Et tes pieds de courir » > impossibilité d’agir. C - Un poème inquiétant • V ie et mort ; sensualité et mort sont mêlés. • « Lorsque tu dormiras » > le lecteur est vite détrompé, il ne s’agit pas d’un simple somme > mort.

Euphémisme : dormir = mourir. C ela fait écho au titre « posthume » > après la mort. • NB : « ma belle ténébreuse » > ténébreuse pourrait avoir le sens d’une femme mystérieuse mais ici, à prendre dans le sens de « des ténèbres » > mort.

De plus, « ténébreuse » est à la rime avec « fosse creuse ». • Utilisation du futur > mort certaine. II- Les tercets : la mort et le poète A - La mort partout • Dans les tercets, la mort est encore omniprésente. • C f.

le champ lexical de la fosse : « Le tombeau ; C ar le tombeau ; les morts » + « le ver rongera » > description hyperréaliste, morbide. • « Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni » > insomnies, inquiétudes, angoisses. B- Étonnante proximité NB : dans les sonnets, différence de ton… dans les sonnets (avec souvent une chute dans le dernier vers ou une révélation…). • Surprise pour le lecteur : « Le tombeau, confident de mon rêve infini ». 1 e marque de 1 e personne > « mon » : le poète.

A mitié, confiance entre le poète et le tombeau. • C ela est complété par le 2 e vers du 1 e tercet > explication entre parenthèses avec la conjonction de coordination (qui explique) « car ».

« Le poète » > généralisation. « le tombeau toujours comprendra le poète » => personnification du tombeau « comprendra » + généralisation « toujours ; le tombeau ; le poète » > semble énoncer une maxime, une vérité générale qui est renforcée par le futur + l’adverbe « toujours ». C - La mort, la femme et le remords • « courtisane imparfaite » > l’amante. • «De n'avoir pas connu » => définition du remords + référence aux morts => « remords posthume ». • « ─ E t le ver rongera ta peau comme un remords » => vers finale, pique, chute du poème.

V ers ! is en relief par le tiret + le « E t » conjonction de coordination > ajout + retour à l’énonciation 1e > parle à la femme « ta peau ». Description très crue. C omparaison, image très crue => Baudelaire parvient à rendre poétique des images qui ne le sont pas a priori. Conclusion : • Sonnet de Baudelaire => on y retrouve les thèmes de la mort, du rêve, de la femme… Remords, descriptions nettes de la mort.. »

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