Devoir de Philosophie

A propos de l'utopie, le philosophe contemporain Cioran déclare : « Les nouvelles terres qu'elles (= les utopies) proposent affectent de plus en plus la figure d'un nouvel enfer ». Discutez cette affirmation en vous aidant des textes du corpus et d'autres utopies ou contre-utopies que vous connaissez.

Extrait du document

A propos des utopies, le philosophe contemporain Cioran affirme : « La nouvelle terre qu'on nous annonce affecte de plus en plus la figure d'un nouvel enfer. » Expliquez et discutez cette affirmation en vous appuyant sur le corpus et vos lectures personnelles ?   A partir du début du XIXe siècle, les utopies qui apparaissent prennent une fonction déviée par rapport au genre inauguré par Thomas More en 1516 : le socialisme utopique du XIXe est orienté vers l'idée d'une réalisation concrète, tandis que l'ouvrage de More, Utopia, avait plus une fonction d'outil critique de la société contemporaine. Parallèlement, le discours change : le communisme, théorisé par Marx, devient une fin possible à atteindre et dont il faut accélérer l'avènement. Les accents messianiques de ce discours sont soulignés par l'expression de Cioran : "la nouvelle terre qu'on nous annonce"; ce changement de statut de l'utopie est problématique : doit-elle rester "utopique"? ne risque-t-elle pas, en imprimant une action au réel, de devenir "diabolique"?   I. Annoncer l'avènement d'un monde meilleur   Marx, dans le Capital, démonte les ressorts de l'histoire et de la société d'un point de vue économique : l'homme, pour vivre, doit reproduire les biens nécessaires à sa vie; dans ce but il s'unit à d'autres hommes, ils mettent en commun leurs forces productives; la nature de ces forces (bras, puis outils, puis machines) en changeant elle-même change les "rapports de production" dans la société : ces rapports délimitent l'accès aux forces productives. Ainsi dans la société capitaliste, la bourgeoisie a seule accès aux forces de production (elle possède les entreprises et les machines) et a donc prédominance sur la classe ouvrière. Le texte affirme que le moteur de l'histoire est, avant la lutte des classes, le développement des forces productives (ici, le machinisme).

Liens utiles