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1914-1918: un embrasement mondial

Publié le 05/01/2023

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« DERNIER CHAPITRE : LA PREMIERE MONDIALE ET LA FIN DES EMPIRES EUROPEENS Commencée en 1914 dans l’illusion qu’elle serait courte, semblable aux conflits d’autrefois, la Première Guerre mondiale s’achève quatre ans plus tard, en ayant bouleversé de fond en comble la vie des nations européennes et de leurs sociétés. Par son intensité, son échelle mondiale, sa dimension industrielle et son impact sur les civils, elle marque l’apparition d’un conflit d’un type nouveau.

En effet, l’ensemble des sociétés et des économies est impliqué dans une guerre longue qui aboutit à la disparition des empires en Europe, diversifie les conditions des combats et dessine aussi « une expérience combattante » nouvelle. Une fois la guerre achevée le 11 novembre 1918, l’ampleur des dommages militaires et matériels du conflit complique la construction de la paix.

Les monuments aux morts qui se dressent alors dans toutes les communes d’Europe témoignent de l’ampleur des blessures de la guerre et du poids du deuil. I-L’Europe précipite le monde dans la guerre : l’illusion d’une guerre courte A) Les origines du conflit Plusieurs facteurs expliquent le déclenchement de la guerre : a) Les causes profondes : le réveil des nationalismes * Au début du XXe siècle, le contexte européen est caractérisé par le nationalisme agressif des puissances européennes, qui attise les tensions et favorise un climat de guerre, notamment dans le domaine colonial (nationalisme = idéologie qui prône, dans les relations internationales, la primauté des intérêts de son pays par rapport aux intérêts particuliers ou à ceux des autres nations).

Les incidents se multiplient et la guerre apparaît progressivement inéluctable pour les opinions publiques : ⁂ en France, en 1913, Raymond Poincaré est élu nouveau Président de la République : c’est un Lorrain qui rêve de reprendre l’Alsace et la Lorraine aux Allemands. ⁂ en 1905 et en 1911, les rivalités coloniales éclatent entre la France et l’Allemagne, notamment à propos du Maroc. * Dans ce contexte d’anticipation d’une guerre, le jeu des alliances et la course aux armements rendent la situation inquiétante.

De 1871 à 1914, en effet, l’Europe vit dans un climat de « paix armée », c’est-à-dire de paix caractérisée par une course aux armements : chaque camp augmente ses dépenses militaires ; en France et en Allemagne, la durée du service militaire est allongée.

Deux systèmes d’alliances ennemies se mettent en place : • La Triple Entente qui regroupe en 1907 la France, le Royaume-Uni et l’empire russe. • La Triple Alliance, appelée aussi Triplice, qui regroupe l’empire allemand, l’empire d’Autriche-Hongrie et l’Italie ; celle-ci est une alliée peu sûre car elle se rallie à la Triple Entente en 1915. b) Les causes immédiates : la crise de l’été 1914 * Le 28 juin 1914, l’héritier du trône austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand, est assassiné à Sarajevo en Serbie par un jeune nationaliste serbe.

Celle-ci est une province de l’empire d’Autriche-Hongrie qui souhaite unifier tous les Slaves du Sud.

Cet événement aggrave donc les tensions en Europe et déclenche une crise politique européenne, car les dirigeants de l’Autriche-Hongrie accusent la Serbie d’être responsable de l’attentat. * Avec l’accord de l’Allemagne, ils lancent un ultimatum à la Serbie mi-juillet (= les dernières conditions avant la guerre présentées par un État à un autre) : que les fonctionnaires autrichiens puissent enquêter sur son territoire sur les conditions de l’assassinat.

Face au refus de la Serbie, ils lui déclarent la guerre le 28 juillet 1914. c) Conséquences : le jeu des alliances se met en branle Personne en Europe ne veut la guerre, mais dès ce moment, elle est inévitable, car par le jeu des alliances, la plupart des pays européens entre en guerre en août 1914 : - La Russie mobilise ses troupes le 30 juillet. - Le 1er août, l’Allemagne lui déclare la guerre. - Le 2 août, en application des accords qui la lient à la Russie, la France décrète la mobilisation générale. - Le 3 août, l’Allemagne lui déclare la guerre et envahit la Belgique.

C’est une violation du droit international car la Belgique est neutre. - Choqué par cette violation, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne le 4 août. - L’Italie doit se rallier à l’Allemagne.

Le jeu des alliances a donc parfaitement bien fonctionné. Tous les états-majors, ainsi que les opinions publiques, pensent que la guerre sera violente mais courte. 1 B) L’échec de la guerre de mouvement et des grandes offensives en Europe Conformément à l’idée que se font les militaires européens d’une guerre courte, le plan allemand prévoit d’écraser la France en six semaines, puis d’anéantir l’armée russe.

Le plan français, lui, envisage une offensive en Alsace et en Lorraine pour couper en deux l’armée allemande.

Chaque camp compte sur un déplacement rapide de ses troupes.

C’est ce que l’on appelle la guerre de mouvement. La guerre de mouvement Mise au point lexicale : Une stratégie = le plan des opérations militaires Une tactique = les moyens pour réaliser ce plan (chars, navires de guerre, avions) Une offensive : une attaque. En août 1914, les Allemands attaquent à l’Ouest par la Belgique et le nord de la France : - Le 2 septembre, ils sont aux portes de Paris. - Du 6 au 13 septembre, ils sont arrêtés au cours de la bataille de la Marne et contraints de reculer de plusieurs kilomètres, grâce aux manœuvres commandées par le général Joffre. - Cette bataille a une spécificité : ce sont les troupes de Paris qui ont combattu.

Elles ont été transportées jusque sur le terrain de la bataille en taxis, d’où le nom de « taxis de la Marne ». A l’Est, les Russes envahissent la Prusse orientale, avant d’être battus à la bataille de Tannenberg. Les deux ennemis cherchent alors à combattre plus à l’Ouest, près des côtes.

Mais dès la mi-novembre, les deux armées sont épuisées : elles se font face sur un front de 700 km, allant de la mer du Nord à la frontière suisse.

Il bougera à peine jusqu’en 1918.

À partir de ce moment, la guerre promet d’être longue : - Les premiers combats se sont révélés plus meurtriers que prévu, en raison de la forte puissance de feu (obus, 220 divisions pour l’Entente, 190 divisions pour l’Allemagne et ses alliés).

Les progrès de l’artillerie ont doté chaque belligérant de capacités offensives renforcées et équivalentes. - Les stocks de munitions s’épuisent donc rapidement.

Chaque armée privilégie alors la défense. - Pour chercher à renverser l’équilibre des forces, les belligérants cherchent de nouveaux alliés.

Lorsque les empires centraux sont rejoints par l’Empire ottoman en octobre 1914, l’Entente lance l’offensive des Dardanelles pour ouvrir un nouveau front. 2 C) La guerre des tranchées et l’extension mondiale du conflit La guerre prend un visage inédit à la fin de l’année 1914 : les troupes s’enterrent dans des tranchées jusqu’en 1918 afin de conserver leur avantage sur le terrain.

C’est une longue guerre de siège, appelée guerre de position ou d’usure, où se succèdent phases offensives et phases de répit. Les conditions de vie dans les tranchées sont très dures, car elles sont mises en place au moment de l’arrivée de l’hiver.

Les soldats commencent donc à vivre dans le froid et la boue, dans un espace exigu et insalubre.

Côté français, on appelle les soldats les « poilus » : à cause des conditions d’hygiène déplorables (poux, rationnement en savons), ils ne peuvent pas se raser régulièrement.

Lors des pluies, les tranchées deviennent des trous d’eau ou de boue glaciale à l’odeur nauséabonde.

Les cadavres de soldats attirent les rats.

La mort peut arriver à tout moment.

Ce danger est renforcé au printemps 1915 avec les premières utilisations des obus à gaz asphyxiants.

Le danger majeur est toutefois l’assaut, c’est-à-dire le moment où il faut sortir de l’abri pour tenter d’attaquer l’ennemi posté en face.

Ces attaques sont alors de véritables boucheries qui produisent de profonds dégâts physiques (responsables de 70% des décès et blessures) et psychiques sur les combattants. Parallèlement, la guerre se mondialise : - La France et la GB mobilisent colonies et dominions (= Etat indépendant, membre de l’Empire colonial britannique, qui ne dispose pas d’une pleine souveraineté diplomatique et militaire : Canada, Australie par ex).

Ces territoires fournissent des soldats, des travailleurs et des matières premières aux métropoles. - L’enlisement du conflit et la guerre sous-marine conduisent d’autres pays à entrer en guerre, notamment du côté de l’Entente : le Japon dès 1914, l’Italie en 1915, la Roumanie en 1916, la Chine et les Etats-Unis en 1917, année où la Russie quitte le conflit.

Cette extension, favorable à l’Entente, est une des raisons de leur victoire à l’automne 1918. - Les colonies sont aussi un enjeu stratégique : France et GB prennent le contrôle du Togo et du Cameroun ; le Japon s’empare du comptoir allemand de Qingdao en Chine ; l’Australie prend position dans les îles Caroline et Marshall.

Cette extension est l’une des raisons de la victoire de l’Entente à l’automne 1918. D) ETUDE DE CAS : L’EXEMPLE D’UNE OFFENSIVE MEUTRIERE, LA BATAILLE DE LA SOMME (juillet-novembre 1916) Dans le cadre de la guerre d’usure et de l’industrialisation de la production d’armement, plusieurs offensives se déroulent : • En 1915, le général Joffre espère faire avancer les lignes françaises de 4 km en lançant une série d’attaques en Champagne et en Artois : elle se solde par la mort de 350 000 soldats. • En 1916, la bataille de Verdun est voulue par le haut commandement allemand pour « saigner à blanc » l’armée française.

Pour rien, car les Français y perdent 275 000 hommes, les Allemands : 240 000. L’année suivante, sur le site de Verdun, des mutineries de soldats éclatent, traduisant le désespoir des soldats devant l’inutilité de ces offensives meurtrières. • De juillet à novembre 1916, a lieu l’offensive que le général français Joffre lance avec les Anglais sur la Somme, pour rien là aussi.

En 5 mois de combats, elle a mobilisé 400 000 Britanniques et 200 000 Français.

Les défenses allemandes ont peu souffert des bombardements et bien résisté.

Le 1er jour de l’offensive, 60 000 morts, dont 20 000 Britanniques, sont dénombrés ; à la fin de l’offensive, on dénombre 1 million de morts.

Cette bataille a été filmée et plus de 20 millions de spectateurs sont allés voir ces images.

De nombreux témoignages existent aussi : les tableaux d’Otto Dix et de Max Pechstein (peintres allemands) et les écrits d’Ernst Jünger.

Aujourd’hui, de nombreux cimetières et mémoriaux dédiés aux différentes nationalités de soldats sont visités par 200 000 personnes chaque année. II-Une guerre d’usure, longue et industrielle, dite « guerre totale » A) Une véritable économie de guerre L’installation dans une guerre longue entraîne une autre nouveauté par rapport aux guerres du passé : une véritable économie dirigée par l’État est mise en place.

Il faut augmenter la production d’armements, assurer le ravitaillement du front et de l’arrière (= civils).

En France, c’est d’autant plus difficile que la mobilisation a appelé de très nombreux travailleurs et que les Allemands occupent les départements du Nord et de l’Est, où se trouvent les mines de charbon et les industries chimiques et métallurgiques. Les gouvernements font rappeler du front les ingénieurs, les ouvriers et les techniciens de ces industries, car ils sont jugés indispensables.

Les femmes sont recrutées en nombre important dans les industries de guerre, ainsi que les travailleurs des colonies (220 000 côté français, principalement des nord-africains et des Indochinois). 3 Pour augmenter la production, l’État doit également faire appel aux grandes entreprises privées afin qu’elles se reconvertissent dans la fabrication d’obus, de tanks (Renault en France) ou de camions militaires (Berliet en France).

Elles réalisent ainsi d’énormes profits, au point que leurs dirigeants seront taxés de « profiteurs de guerre » une fois la guerre finie.

En 1913, on fabriquait en France 13 000 obus par jour, en 1916 : 151 000. La guerre a aussi posé de nouveaux problèmes financiers : son financement.

L’État français, par exemple, lance des emprunts auprès du public appelés « Bons de la défense nationale ».

Il obtient des crédits auprès de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis entrés en guerre en 1917 auprès des Alliés.

Il laisse aussi se développer l’inflation car elle permet d’augmenter la masse des billets (= les prix augmentent, donc il faut davantage de billets). B) L'expérience tragique du feu 70 millions d'Européens ont été mobilisés pendant la guerre.

Aucun conflit n'a auparavant tué autant en si peu de temps.

En moyenne, chaque jour, 900 Français, plus de 1 300 Allemands et 1 450 Russes ont été tués.

20 000 Britanniques sont morts le premier jour de la bataille de la Somme (1916).

Parmi les morts, on compte des « disparus » et des soldats impossibles à identifier.

Le nombre des blessés est immense ; on recense 8 millions d'invalides et d'infirmes, dont les gazés, les mutilés et les blessés de la face ou « gueules cassées ». La raison est que 1ère GM est un conflit industriel marqué par l’apparition de nouvelles armes.

Dans les tranchées, le recours aux gaz de combat mortels (« gaz moutarde ») apparaît dès 1915.

En 1916, les premiers chars blindés sont utilisés.

Les bombardements d'artillerie occasionnent environ 75 % des pertes directes.

Les éclats d'obus tuent, mutilent et défigurent.

De plus, soumise au blocus de l’Entente et dotée d’une flotte inférieure à celle de la GB, l’Allemagne décide d’engager une guerre sous-marine, en ciblant les navires de commerce, qu’elle attaque par surprise grâce à ses submersibles (sous-marins / U-boats).

Enfin, l’aviation connaît des progrès majeurs.

Utilisés d’abord pour des missions d’observation, les avions et zeppelins allemands deviennent ensuite des armes offensives, dotés de mitrailleuses ou de bombes.

Ces innovations participent à la modification du rapport entre capacités d’attaque et de défense et expliquent le retour des grandes offensives en mars 1918. La brutalité des combats et la place grandissante de la propagande développent rapidement une image très négative de l'adversaire, sur de nombreux supports : la presse, les cartes postales, les jeux pour enfants, les devoirs en classe.

On parle de « culture de guerre ».

Confrontés à une violence intense et dans un contexte de levée de l'interdit de tuer, certains soldats ont pris parfois plaisir à combattre.

Quelques moments de fraternisation entre troupes ennemies se produisent au début de la guerre (cf.

le Noël 1914).

Les lettres envoyées par la famille, les amis ou des volontaires permettent de tenir.

Mais selon certains historiens, les soldats auraient subi une « brutalisation » ou un « ensauvagement ». Obligés de faire leur « devoir patriotique » sous peine de lourdes sanctions en cas de refus du combat, les soldats accomplissent aussi un devoir moral de solidarité vis-à-vis de leurs camarades.

Les défections au combat se produisent rarement, sauf lors des mutineries de 1917. C.

Les civils à l'épreuve des violences La séparation entre combattants et civils s'estompe pendant la guerre.

Des violences ont été infligées aux civils à une échelle inconnue jusqu’alors, même si elles sont circonscrites géographiquement et inférieures à la masse des victimes combattantes.

Des massacres, des viols, des pillages, des déportations de populations civiles accompagnent néanmoins la progression des armées allemandes ou autrichiennes en Belgique, au Luxembourg, dans le nord de la France (où 6 500 civils sont massacrés par les Allemands en août 1914), en Serbie en 1914. Les territoires occupés sont placés sous un régime de loi martiale, qui limite les libertés de mouvement et qui interdit toute forme de résistance.

Des milliers de civils meurent aussi dans les premiers bombardements urbains qui touchent des villes à proximité du front, victimes des canons à longue portée et des premières escadrilles aériennes : les villes du Rhin sont ciblées par l’Entente ; les Allemands bombardent stratégiquement Paris ou Londres.

La guerre sous-marine « à outrance » a causé la mort de milliers de marins et de passagers.

Leur objectif est d’affaiblir l’ennemi engagé dans la guerre totale. Enfin, la Grande Guerre comporte aussi des violences ciblées contre des peuples entiers désignés comme des ennemis intérieurs : des persécutions frappent les Juifs en Russie ; le génocide arménien en 1915, couvert par le pouvoir ottoman, allié de l’Allemagne, fait plus d’1 million de victimes malgré de nombreuses protestations internationales. Les tirs et autres violences choquent les pop°, même si les dégâts et le nombre de victimes restent limités.

Une aide internationale, organisée notamment par l’Américain Herbert Hoover (ingénieur et philanthrope, il.... »

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