Le discours de la servitude volontaire Etienne de la boetie analyse linéaire (chapitre 4)
Publié le 10/01/2026
Extrait du document
«
Introduction
Se situe ds première partie du Discours de la servitude volontaire, texte politique
rédigé vers 1548 par Étienne de La Boétie, alors très jeune.
Il y dénonce
l’asservissement volontaire des peuples face au pouvoir tyrannique.
Dans cet extrait, La Boétie s’adresse directement aux peuples soumis à un tyran, dans
une tirade véhémente où il cherche à provoquer une prise de conscience.
Il démontre
que la puissance du tyran repose uniquement sur la complicité passive du peuple, et que
le refus de l’obéissance suffit à renverser la tyrannie.
pb: Comment La Boétie démontre-t-il la nature volontaire de la servitude?
Nous allons étudier ce texte de manière linéaire, en suivant sa progression
argumentative.
Nous verrons :
1.
Une violente apostrophe au peuple esclave (du début jusqu’à « vous vivez de
telle sorte que rien n’est plus à vous »)
2.
Un réquisitoire paradoxal contre le tyran impuissant (« Et tout ce dégât...
»
jusqu’à « complice du meurtrier qui vous tue, et traîtres de vous-mêmes »)
3.
Une dénonciation des conséquences absurdes de la soumission (« Vous semez
vos champs...
» jusqu’à « vous pourriez vous en délivrer sans même tenter de le
faire, mais seulement en essayant de le vouloir.
»)
4.
L’appel final à la liberté par le refus d’obéissance (« Soyez donc résolus...
»
jusqu’à la fin)
I.
Une violente apostrophe au peuple esclave
« Pauvres gens et misérables, peuples insensés...
»
● L’adresse directe au peuple est marquée par une accumulation de termes
péjoratifs : pauvres gens, misérables, insensés, aveugles.
→ La Boétie cherche à choquer, à faire honte à ses lecteurs pour provoquer une
prise de conscience.
→ L'emploi de l'apostrophe crée une rhétorique du blâme.
● L’antithèse entre mal et bien, aveugles et enlever...
sous vos propres yeux insiste
sur l’inversion du discernement : le peuple ne sait plus distinguer ce qui est
bénéfique ou néfaste pour lui.
« Le plus beau et le plus clair de votre revenu »
● L’expression souligne la spoliation économique, l’appauvrissement du peuple au
profit du tyran.
● Trois images fortes : piller vos champs, dévaster vos maisons, dépouiller des
vieux meubles : ce sont les racines, le travail et l’héritage du peuple qui sont
anéantis.« Rien n’est plus à vous »
● Formule brutale : la perte totale de liberté et de propriété.
● Elle installe un climat de dépossession absolue, préparant la suite.
II.
Un réquisitoire paradoxal contre le tyran impuissant
« Et tout ce dégât...
non pas des ennemis, mais bien certes de l’ennemi »
● La Boétie joue sur une distinction subtile : ce n’est pas un ennemi extérieur, mais
le tyran, “fait” par le peuple lui-même.
→ C’est un paradoxe central : le peuple a enfanté son propre oppresseur.
« Ce maître n’a pourtant que deux yeux...
»
● Description banale du tyran : un simple homme, sans qualités surnaturelles.
● L'énumération (deux yeux, deux mains, un corps...) ridiculise sa prétendue
puissance.
→ Il n’est pas différent des autres hommes.
« Ce qu’il a de plus...
ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire
»
● L’effet rhétorique est percutant : le tyran n’est fort que de la faiblesse de
ceux qui l’acceptent.
● Suit une série de questions rhétoriques : D’où tire-t-il...
? Comment a-t-il...
?
→ La Boétie renverse la logique de la soumission : le peuple....
»
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