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Résumé:Mémoires d'Hadrien de MARGUERITE YOURCENAR

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Née en 1903 à Bruxelles, Marguerite de Crayencour s'installe en France après 14-18 avec son père, latiniste éminent. A dix-huit ans, auteur d'un livre sur Pindare, elle lit couramment le grec et le latin. Elle voyage, puis s'établit aux États-Unis en 1939. Son tempérament solitaire et sauvage lui fait choisir l'île des Monts-Déserts où elle mène, entre ses chiens et ses livres, une vie proche de la nature, occupée à pétrir son pain et à couper du bois, mais aussi à traduire les poètes grecs de l'Antiquité. En 1981, première femme reçue à l'Académie française', elle tourne ses regards vers l'Orient et publie une étude sur le grand romancier japonais Mishima (Mishima ou la vision du rêve, Gallimard ,1981).

« Mémoires d'Hadrien de MARGUERITE YOURCENAR Née en 1903 à Bruxelles, Marguerite de Crayencour s'installe en France après 14-18 avec son père, latiniste éminent.

A dix-huit ans, auteur d'un livre sur Pindare, elle lit couramment le grec et le latin.

Elle voyage, puis s'établit aux États-Unis en 1939.

Son tempérament solitaire et sauvage lui fait choisir l'île des Monts-Déserts où elle mène, entre ses chiens et ses livres, une vie proche de la nature, occupée à pétrir son pain et à couper du bois, mais aussi à traduire les poètes grecs de l'Antiquité.

En 1981, première femme reçue à l'Académie française', elle tourne ses regards vers l'Orient et publie une étude sur le grand romancier japonais Mishima (Mishima ou la vision du rêve, Gallimard ,1981). L'Empereur Hadrien, âgé de soixante-deux ans, écrit une longue lettre au jeune Marc Aurèle pour lui raconter sa vie dont il pressent la fin : « Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions d'une montagne, de matériaux pêle-mêle...

Je m'efforce de reparcourir ma vie pour y trouver un plan, y suivre une veine de plomb ou d'or, ou l'écoulement d'une rivière souterraine, mais ce plan tout factice n'est qu'un trompe-l'oeil du souvenir » (p. 33).

Successeur de Trajan, Hadrien relate sa jeunesse, ses voyages, ses conquêtes.

Mais, au faîte de la gloire, il demeure lucide : « Je suis comme nos sculpteurs : l'humain me satisfait ; j'y trouve tout, jusqu'à l'éternel » (p.

145). La rencontre d'un jeune Grec, Antinoüs, éclaire cette vie d'une singulière passion : « Je n'ai été maître absolu qu'une seule fois, et que d'un seul être » (p.

171).

Mais Antinoüs se suicide.

Désormais, l'Empereur n'est plus « qu'un homme à cheveux gris » (p.

216), un « survivant » (p.

227).

Le conflit entre l'homme et l'homme d'État hante ses dernières années.

Il envisage lui-même le suicide comme la plus libre des décisions.

Mais sa lettre à Marc Aurèle s'achève : « Je ne tiens plus ces tablettes que pour occuper mes mains » (p.

315).

Il ramène toute grandeur aux dimensions de l'homme : « Hadrien jusqu'au bout aura été humainement aimé » (p.

316).

Abandonnant le je pour la troisième personne, il entre en même temps dans la mort et dans l'Histoire. • Le présent, repère du passé : « Ceux qui mettent le roman historique dans une catégorie à part oublient que le romancier ne fait jamais qu'interpréter, à l'aide des procédés de son temps, un certain nombre de faits passés, de souvenirs conscients ou non, personnels ou non, tissus de la même matière que l'Histoire » (p.

330).

Ces Mémoires qu'aurait pu écrire Hadrien, c'est une jeune femme de vingt ans5 qui les invente : l'intuition sonde des faits établis par l'érudition.

Son livre n'est pas seulement le monologue intérieur d'un homme à la recherche de lui-même, remontant le cours du temps passé ou du temps perdu, c'est Marguerite Yourcenar qui s'efforce de franchir ce grand laps de temps mort pour établir le contact. Il fallait un point où Marguerite Yourcenar allait s'effacer et Hadrien apparaître.

Ce moment privilégié, c'est quand il commence à apercevoir le profil de sa mort : Hadrien est pareil à un peintre installé à son chevalet qui serait dans le tableau que peint Marguerite Yourcenar. • Archéologue de l'âme : cet homme, cet empereur, est saisi dans le moment unique où il a été seul : ni dieux, ni Dieu.

Il s'agit alors d'équilibrer les détails dans une perspective unique : atteindre l'homme dans l'harmonie de sa vie, de sa foi, de ses passions, de ses missions.

Psychologue et érudite, Marguerite Yourcenar remonte aux sources de la pensée.

Intermédiaire inspirée, elle refait du dedans « ce que les archéologues du XIXe siècle ont fait du dehors ».

Un esprit supérieur singulièrement pénétrant domine la mosaïque des faits, et procède à l'introspection d'un autrui qui n'est plus.. »

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