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Quel rôle et quelles fonctions ont été ceux des philosophes des lumières ? La réponse doit comporter des références aux lettres philosophiques de Voltaire, Candide, ainsi qu'aux Lettres persanes ?

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Quel role et quelles fonctions ont ete ceux des philosophes des lumieres ? La reponse doit comporter des references aux lettres philosophiques de Voltaire Candide ainsi qu'aux Lettres persanes ?

« Quel rôle et quelles fonctions ont été ceux des philosophes des lumières ? La réponse doit comporter des références aux lettres philosophiques de Voltaire, Candide, ainsi qu'aux Lettres persanes ? Par rôle, nous entendons la place occupée par un individu dans un groupe. Ainsi, un rôle dans une pièce de théâtre est la place d'un personnage par rapport aux autres, la définition de l'activité du personnage dans les interactions dramatiques. Le terme de fonction est à peu prés synonymique de celui de « rôle » à cette différence prés que le concept de fonction insiste davantage sur l'idée d'activité et d'utilité de son détenteur dans le groupe dont il fait partie. Par conséquent, nous dirons que l'idée de rôle insiste en premier lieu sur la place dans la société de l'individu alors que l'idée de fonction se focalise davantage sur l'activité de l'individu et le service qu'il est capable de rendre a la communauté. Par philosophes des Lumières, nous entendons un groupe de penseurs et d'écrivains en vérité très varié, dont les caractéristiques et les domaines de recherche étaient fort différents, regroupes rétrospectivement sous la dénomination des Lumières. En effet, une caractéristique a la fois majeure et commune de leurs pensées respectives était précisément de propager les « lumières » de la raison, la qualité de la réflexion personnelle, afin de lutter contre l'obscurantisme, les préjugés, le fanatisme religieux encore prégnant a cette époque. C'est ainsi que Voltaire et Montesquieu peuvent à juste titre être considérés comme des représentants de l'esprit des lumières dans la mesure où ils ont fait en sorte de mener différents combats intellectuels contre les préjugés de leur temps, notamment dans les Lettres Philosophiques et les Lettres Persanes. La question au centre de notre réflexion sera donc de montrer dans quelle mesure le rôle et la fonction des philosophes des Lumières ont été fondamentaux à leur époque et dans l'histoire de la pensée occidentale en tant que force de progrès. I. Un rôle fondamental mais des fonctions modestes a leur époque : une guérilla philosophique a. Des philosophes en fuite ou en prison Etudiant le rôle des philosophes des Lumières a leur époque, il faut bien voir que celui-ci n'était nullement accompagne d'estime sociale, de respectabilité et surtout, de sureté. Car les philosophes des Lumières ont souvent été les victimes de l'arbitraire de leur temps, arbitraire monarchique que la plupart ont précisément critique dans leurs écrits. Diderot a été embastille pour la Lettre sur les aveugles (a l'usage de ceux qui voient) et Voltaire a du fuir en Angleterre (ou il a écrit les Lettres Philosophiques ) a la suite d'une querelle avec un grand aristocrate. Nous dirons donc que l'importance intellectuelle des philosophes des Lumières ne doit pas occulter la réalité de leur rôle a leur époque : un rôle de guérilleros de la pensée, souvent obliges de fuir a l'étranger en raison de l'audace de leurs écrits en proie a la censure. b. Une irrigation souterraine de la pensée contemporaine Allant plus loin, nous pouvons dire que les philosophes des Lumières ont eu tendance à occuper une fonction sociale clandestine. Certes, Montesquieu était un juriste de renom et Voltaire un riche bourgeois. Mais leurs œuvres étaient souvent signes d'autres noms, désavouées, attribuées a d'autres, ce qui prouve qu'elles représentaient un danger pour leur auteur. Par exemple, Candide est attribue par Voltaire a un docteur allemand de fantaisie alors que les Lettres Persanes sont prétendument écrites par Uzbek et Rica, le compilateur n'ayant pour rôle que d'ordonner les lettres. Nous dirons donc que la fonction sociale des philosophes des Lumières de leur temps consistait principalement à irriguer la pensée par des moyens souterrains, notamment en faisan éditer leurs œuvres dans des pays étrangers comme les Pays Bas, qui n'étaient pas soumis a la censure. II. Un rôle considérable dans l'histoire de la pensée européenne a. « Aude sapere » « : l'adage majeur des lumières Mais si nous considérons les Lumières par rapport a leur importance rétrospective, au rôle que l'histoire de la pensée a pu leur attribuer, nous dirons que cette importance a bel et bien été fondamentale. En effet, c'est Emmanuel Kant dans un opuscule fameux intitule « Qu'est-ce que les Lumières ? » qui a mis le mieux en évidence l'importance fondamentale de ce mouvement de pensée. Voila comment son texte débute : « Qu'est-ce que les Lumières ? La sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la direction d'autrui, minorité dont il est lui-même responsable (faute) puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere aude ! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières ». En effet, Kant montre que la devise des Lumières (« Ose penser ») résume parfaitement leur fonction. Par exemple, nous pouvons voir que Voltaire dans les Lettres Philosophiques est un exemple de cette volonté d'éclaircissement de la raison humaine, lorsqu'il montre les avantages du modelé anglais par rapport à la France et prétend susciter un changement dans son pays d'origine (notamment en ce qui concernait la place du commerce et le rôle des hommes de lettres dans la société). b. La propagation de valeurs universalistes et humanistes par les philosophes des Lumières Dans le même ordre d'idée, nous pouvons dire que la fonction majeure des Lumières dans l'histoire de la pensée occidentale a été de propager des idées d'universalisme et d'humanité. En effet, contrairement aux Anti lumières dont nous parlerons bientôt, les Lumières croyaient en l'unité profonde de l'humanité en dépit des différences locales et culturelles, et concluaient en la nécessité de l'adoption par les nations et les hommes de valeurs humanistes. Par exemple, Voltaire dans Candide condamne l'esclavage dans le chapitre fameux du « Negre de Surinam » et montre que tous les hommes ont droit à un égal respect. Dans une certaine mesure, nous pouvons dire que les Lumières ont préparé les conditions intellectuelles de la Révolution Française et de la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen, dans la mesure ou les révolutionnaires majeurs étaient tous nourris des œuvres de Voltaire, Montesquieu et Rousseau. III. Un héritage aujourd'hui remis en cause par les descendants des « anti lumières » a. La permanence au cours de l'histoire d'un courant philosophique « anti Lumières » Cependant, en dépit de l'importance majeure dans l'histoire de la pensée occidentale des Lumières, il faut bien voir que leur pensée et leur héritage n'ont pas cesse d'être critique et conteste au cours des siècles. Déjà à l'époque contemporaine des Lumières, une autre pensée, contradictoire et critique, s'est édifiée sur des bases radicalement opposées à celles des Lumières. C'est l'historien des idées israélien, Zeev Sternhell, qui exprime cette thèse et reconstruit ce courant de pensée dans un livre nomme : Les antis Lumières. « Mais si les Lumières françaises, ou plutôt les Lumières franco-kantiennes, ainsi que les lumières anglaises et écossaises produisent la grande révolution intellectuelle de la modernité rationaliste, le mouvement intellectuel, culturel et politique associé à la révolte contre les lumières ne constitue pas une contre révolution, mais une autre révolution : ainsi naît, non pas une contre-modernité, mais une autre modernité, fondée sur le culte de tout ce qui distingue et sépare les hommes – l'histoire, la culture, la langue- une culture politique qui refuse à la raison aussi bien la capacité que le droit de façonner la vie des hommes. Selon ses théoriciens, l'éclatement, la fragmentation et l'atomisation de l'existence humaine, engendrée par la destruction de l'unité du monde médiéval, sont à l'origine de la décadence moderne »[1] . Nous dirons donc qu'en dépit de leur importance, les Lumières n'ont cessées de voir leur rôle et leur fonction critiquées par un courant de pensée réactionnaire et nationaliste que l'on peut qualifier d'« anti lumières ». b. L'héritage controversé des Lumières ou l'art de la lenteur contre la culture de la vitesse Mais l'héritage des lumières n'est pas uniquement menacé par les « Anti Lumières » mais aussi par une culture de la vitesse qui vient contredire cet art de la « lenteur » qui était d'après Milan Kundera la caractéristique des Lumières. En effet, dans son roman intitulé précisément La lenteur, Kundera montre comment l'héritage des Lumières, cet esprit d'élégance et de raffinement, peut être menacé aujourd'hui par notre valorisation de la vitesse et des interactions superficielles entre individus au moyen des nouvelles technologies. Allant plus loin, nous pouvons dire que l'esprit de Montesquieu dans les Lettres Persanes, avec sa remise en question implicite des mœurs françaises par le regard critique des Perses, qui procède a ce que Roger Caillois nommait une « révolution sociologique » (la mise en évidence des travers de l'autre civilisation au moyen d'un regard étranger) est aujourd'hui grandement menacé par l'uniformisation des mœurs et des comportements, provoqué, notamment, par les nouvelles technologies et les moyens de communication a la fois accrus et omniprésents. Conclusion Dans un premier temps, nous avons vu que le rôle et la fonction des Philosophes des Lumières de leur temps était périlleux en raison des menaces que faisait peser sur eux l'arbitraire »

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