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Philosopher, c'est secouer le joug de l'autorité. En quoi cette définition éclaire sur la philosophie des Lumières ?

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ROUSSEAU : l'État, expression de la volonté généraleSelon Rousseau, les hommes sont contraints de s'associer pour survivre. Le problème est de « trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant ». Sa solution, c'est le contrat social. Rousseau l'énonce ainsi : « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale, et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. » Par ce contrat chaque individu préserve donc intégralement sa liberté puisqu'il décide librement d'obéir à la volonté générale, et son égalité, puisque chacun participe également à cette volonté générale. L'État trouve sa légitimité dans cette volonté générale dont il ne doit être que l'expression. Dès que l'État ne représente plus cette volonté générale, le contrat est rompu, et l'État devient illégitime. « Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant» (Rousseau) Le Contrat Social propose une solution à ce difficile problème : Le souverain c'est l'ensemble des membres de la société. Chaque homme est donc à la fois législateur et sujet : il obéit à la loi qu'il a lui-même établie. Cela suppose l'existence d'une volonté générale distincte de la somme des volontés particulières.

« La philosophie est depuis 2500 ans un immense débat qui anime la pensée occidentale.

Chacun de ses représentants n'a de cesse, par delà les siècles, de préciser, de critiquer, de combattre l'ordre établi.

La philosophie est polymorphe, il est délicat d'en donner une définition fixe, elle n'a pas de canal privilégié d'expression, mais elle a besoin d'un objet extérieur pour exister ce qui tend à faire d'elle une discipline parasite qui se nourrit de l'analyse et de la critique de savoirs, de comportements et de réalités qui ne sont jamais en premier lieu philosophique. Selon la formule de Mme du Deffant « philosopher, c'est secouer le joug de l'autorité », aussi convient-il de supposer qu'agir en philosophe c'est tout d'abord s'élever contre le pouvoir en place pour émettre des objections et illuminer les esprits.

Dans ces conditions il est intéressant d'entrevoir la manière dont les hommes de lettres ont procédé pour allumer les lueurs de la raison là où elles ne brillaient pas encore.

En quoi la philosophie des Lumières a-t-elle bouleversée les mentalités jusqu'à conduire à la révolution française ? Comment a-t-elle libéré les esprits ? I/ La philosophie des Lumières : identité scientifique et culturelle du XVIIIe siècle français La lumière est une métaphore intrinsèquement liée au XVIII e siècle français, car toute la dimension culturelle et scientifique de cette période s'exprime à travers elle.

La philosophie des lumières se présente comme un mouvement pacifiste, un mouvement des idées qui tend à faire se révéler les esprits d'un peuple français encore sous le joug de l'Ancien Régime, à conseiller des monarques désireux de devenir « éclairés », à combattre l'obscurantisme, en ouvrant sur les ténèbres les fenêtres innombrables de la connaissance. Depuis le XVI e siècle l'image du monde a changé (Copernic, Galilée, Kepler).

Les transformations bouleversent les sociétés d'Europe occidentale.

En réaction contre les inégalités de l'Ancien Régime, les philosophes des Lumières affirment donc l'égalité des hommes ce qui implique une nouvelle conception de la souveraineté.

En effet de ce principe découle la conception d'une souveraineté qui ne serait plus exercée par un seul homme, fût-ce au nom de Dieu (monarchie de droit divin) mais par tous les hommes grâce à un contrat. Les philosophes vont s'attacher à penser la question de la souveraineté et de l'organisation du pouvoir dans un contexte d'effervescence intellectuelle dont témoigne l'Encyclopédie de Diderot et d'A lembert qui souhaite éclairer les esprits à la recherche d'un nouvel équilibre social et politique. Les philosophes des Lumières vont ainsi s'efforcer de penser et de concevoir des moyens afin de limiter et de contrer les excès du pouvoir II/ Philosopher : une lutte pour l'égalité et la fraternité En nourrissant les Lumières, les philosophes alimentent le foyer de l'égalité et de la fraternité, valeurs que l'Ancien Régime n'avait cessé d'étouffer pour survivre.

Ils vont majoritairement s'opposer au pouvoir autocratique de la monarchie absolue et développer des thèses aux prémices communes pour parvenir à des conclusions différentes sur la définition de la souveraineté au cœur de la question de l'exercice du pouvoir. Par ailleurs, tous les écrivains des Lumières parce qu'ils s'attachent à définir les droits de la liberté, parce qu'ils ont conscience d'avoir un rôle à jouer dans la cité, peuvent être considérés comme des écrivains politiques.

Du reste, la surveillance étroite exercée à leurs égards par le pouvoir en est la preuve.

En 1748, c'est la portée politique de son conte Zadig qui oblige Voltaire à fuir la cour.

En outre la véritable écriture politique du siècle est celle de Montesquieu qui ne fait pas de la littérature une arme politique, mais de la politique un objet d'étude qu'il place au centre de son activité littéraire. Dans De l'esprit des lois, Montesquieu envisage une séparation des pouvoirs qu'il qualifie également de puissances afin de lutter contre un pouvoir excessif.

Rousseau dans Du contrat social (1762) définit comment la volonté générale, expression de tous, permet l'inaliénabilité de la souveraineté du peuple, dans le respect de la loi.

C'est de Locke et de Montesquieu que se sont réclamés les partisans de la souveraineté nationale (Constitution de 1791). C'est à partir de Rousseau qu'a été élaboré le principe de souveraineté populaire. ROUSSEAU : l'État, expression de la volonté générale Selon Rousseau, les hommes sont contraints de s'associer pour survivre.

Le problème est de « trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant ».

Sa solution, c'est le contrat social.

Rousseau l'énonce ainsi : « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale, et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout.

» Par ce contrat chaque individu préserve donc intégralement sa liberté puisqu'il décide librement d'obéir à la volonté générale, et son égalité, puisque chacun participe également à cette volonté générale.

L'État trouve sa légitimité dans cette volonté générale dont il ne doit être que l'expression.

Dès que l'État ne représente plus cette volonté générale, le contrat est rompu, et l'État devient illégitime. « Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant» (Rousseau) Le Contrat Social propose une solution à ce difficile problème : Le souverain c'est l'ensemble des membres de la société.

Chaque homme est donc à la fois législateur et sujet : il obéit à la loi qu'il a lui-même établie.

Cela suppose l'existence d'une volonté générale distincte de la somme des volontés particulières.

Chaque homme a comme individu une volonté particulière qui le conduit à vouloir son intérêt particulier et qui en ce sens le conduit à s'opposer aux autres ; mais il a aussi comme citoyen une volonté générale qui lui fait vouloir le bien de l'ensemble dont il est membre.

Il appartient à l'éducation de former cette volonté générale et Rousseau développera ce thème dans son projet de gouvernement pour la Pologne.

« C'est l'éducation qui doit donner aux âmes la force nationale et diriger tellement leurs opinions et leurs goûts qu'elles soient patriotes par inclination, par passion, par nécessité.

Un enfant en ouvrant les yeux doit voir la patrie et jusqu'à la mort ne doit plus voir qu'elle ».

Les personnages historiques de Moïse ou de Lycurgue sont des exemples de législateurs qui sont parvenus à former leur peuple.

Il est vrai que de nos jours, on ne peut guère espérer rencontrer de tels hommes ; c'est pourquoi, à défaut d'unanimité, les lois pourront ne traduire que la volonté de la majorité. III/ Libérer les Esprits En éclairant les esprits, les hommes de Lumières embrasent également les cœurs, faisant découvrir à leurs semblables les trésors d'une individualité et d'une sensibilité jusqu'alors inconnues, attisant les sentiments d'une injustice et les désirs de révolte qui conduisirent à l'événement fondateur des valeurs de la République : la Révolution française. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789 est un acte symbolique, non seulement du moment historique précis de la Révolution mais aussi de l'ensemble du XVIII e siècle culturel et littéraire puisqu'il résume la volonté qu'ont eue les écrivains des Lumières de libérer les esprits des préjugés de l'A ncien Régime.

Une autre métaphore exprime donc le grand mouvement des Lumières : la libération physique des prisonniers de la Bastille marque les efforts d'un siècle de libération intellectuelle et morale.. »

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